HistoireEngagée.ca

Là où le présent rencontre le passé

Auteur : Histoire Engagée

Histoire des Franco-Américains : nouvelle utilité, nouvelle efflorescence?

Par Patrick Lacroix, Ph. D.[1]

Version PDF

Le 20 mars dernier se réunissait à l’Université du Vermont, grâce aux organisateurs David Massell et Richard Watts, la conférence Franconnexions, dédiée aux liens historiques et actuels entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre. L’événement aux airs de colloque scientifique a également attiré des figures politiques et des fonctionnaires prêts à valoriser cette relation transnationale et à discuter d’enjeux contemporains. En trois sessions, les participants ont pu saisir l’ampleur démographique, culturelle et économique d’une relation quelques fois centenaire. Si cet échange s’est voulu une célébration d’un même héritage, d’une expérience commune et d’un destin partagé, il a aussi exposé les défis qui attendent les historiens.nes du fait français aux États-Unis.

La première session a introduit le paradoxe historique de la vie franco-américaine. À partir des années 1820, près d’un million de Canadiens.nes français.es se sont établis.es aux États-Unis, constituant un vaste mouvement migratoire que seuls quelques autres groupes ethnoculturels ont surpassé par leurs nombres. Or, malgré le rôle économique important qu’ils et elles ont joué en Nouvelle-Angleterre, ces Canadiens.nes expatriés.es ont été trop facilement oubliés.es des chercheurs.ses ainsi que de la population de cette région. Très rapidement, comme l’a indiqué Susan Pinette (Université du Maine à Orono), l’image de ces Franco-Américains.es devint celle d’une quiet presence, d’une hidden minority, tel que l’attestent deux études des années 1980[2].

Lire la suite

Lettre de la Société historique du Canada adressée au ministre Fortin au sujet des coupures à la BANQ

Par Adele Perry, présidente de la Société historique du Canada

Version PDF

Cher ministre Fortin,

Je vous écris au nom de la Société historique du Canada pour faire écho aux préoccupations de l’Institut d’histoire de l’Amérique française [IHAF] concernant les changements au budget de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec [BAnQ]. Vous aurez reçu une lettre de Martin Pâquet et Karine Hébert, président et vice-présidente de l’IHAF, détaillant leurs préoccupations majeures suite au rapport sur les nouvelles contraintes budgétaires à BAnQ, publié dans Le Devoir le 9 juin 2017.

La SHC est un organisme bilingue à but non lucratif qui se consacre à la promotion de l’étude et de la communication de l’histoire au Canada. Avec près d’un millier de membres, nous sommes la plus grande organisation de ce genre et l’une des plus grandes organisations savantes au pays. Le travail de nos membres dépend d’un financement et d’une dotation en personnel adéquats ainsi que du maintien des services d’archives et de bibliothèques, et nous apprenons avec une certaine inquiétude les nouvelles contraintes budgétaires de BAnQ. Le Devoir et la Gazette de Montréal rapportent qu’une lettre ayant fait l’objet d’une fuite indique que BAnQ éliminera 40 postes au cours des six prochains mois. Ce serait la quatrième vague de licenciements à BAnQ au cours de la dernière décennie.

Lire la suite

Le discours «néo-réactionnaire» : recension

Par Félix L. Deslauriers, candidat à la maîtrise en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM)[1]

Version PDF

Il y a plus de treize ans, Daniel Lindenberg publiait Le Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires. Ce pamphlet brossait le tableau d’une constellation émergente du paysage intellectuel français : issus pour la plupart de la gauche, ces écrivains semblaient désormais convertis à la critique de l’égalitarisme associé à l’«esprit» de Mai 68. Cette intervention allait déclencher une vive polémique et cristalliser les termes d’un débat qui n’a pas faibli depuis.

Les auteurs réunis dans Le discours «néo-réactionnaire» s’engagent donc sur un sentier que d’autres ont tenté de baliser avant eux, non sans difficultés et résistances. Conscients qu’il s’agit d’une route semée d’embuches, ils entendent contribuer à un «examen dépassionné» de la nébuleuse intellectuelle «néo-réactionnaire». Leur démarche cherche à s’inscrire davantage dans le registre de l’analyse sociologique que dans celui de l’intervention politique, sans renoncer à une posture critique. Sociologues de la littérature à l’Université de Liège, Pascal Durand et Sarah Sindaco ont rassemblé des spécialistes de différentes disciplines à l’occasion d’un colloque dont sont issus les textes du recueil. C’est entre guillemets qu’ils reprennent l’appellation de Lindenberg, afin de la soumettre à un travail d’objectivation conjuguant études de cas et analyses d’ensemble.

Lire la suite

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén