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Catégorie : Andréanne LeBrun

Entrevue avec Louise Bienvenue et Andréanne LeBrun

Par Noémie Charest-Bourdon

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Professeure titulaire au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke et chercheure au Centre d’histoire des régulations sociales, Louise Bienvenue est spécialiste de l’histoire du Québec contemporain. Ses publications récentes abordent l’histoire du réseau de protection de la jeunesse aux XIXe et XXe siècles ainsi que l’histoire des collèges classiques. Elle complète présentement une enquête d’histoire orale auprès des anciens de Boscoville (1941-1997), un centre de rééducation pour mineurs. Depuis 2013, elle est aussi directrice de la Revue d’histoire de l’Amérique française.

Andréanne LeBrun est candidate au doctorat en histoire et chargée de cours à la Faculté d’Éducation de l’Université de Sherbrooke. Son mémoire de maîtrise analysait les différents modèles de citoyenneté et de participation politique enseignés dans les écoles du Québec entre 1943 et 1967. Avec le soutien du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et de la Fondation Trudeau, ses recherches doctorales explorent les représentations collectives de la fonction sociale de la jeunesse, et plus particulièrement de l’adolescence, dans les discours psychopédagogiques, médiatiques et politiques entre 1943 et 1985 au Québec[1].


Noémie Charest-Bourdon : Avant 1963, quelles sont les transformations du droit de vote au XXe siècle?

Louise Bienvenue : L’accès au suffrage avait connu un certain nombre d’élargissements depuis les débuts du système parlementaire. L’un des plus remarquables concerne sans doute l’abolition progressive du cens électoral, qui limitait l’accès aux ouvriers et autres petits salariés n’ayant pas de propriété foncière suffisante pour prouver leur compétence économique. Et puis, bien sûr, il y a le vote féminin qui survient, au Québec, assez tardivement en 1940. À bien des égards d’ailleurs, le débat sur le vote à 18 ans rappelle celui sur le suffrage féminin : nos recherches font ressortir plusieurs arguments qui se recoupent.

Andréanne LeBrun : Cela dit, malgré cette tendance générale à agrandir le corps électoral au cours du 20e siècle, l’histoire du vote au Québec et au Canada n’est pas toujours, vous vous en doutez, celle d’une marche irréversible vers une plus grande démocratie… Nous n’avons qu’à penser à la Loi des élections en temps de guerre qui retire en 1917 le droit de vote aux « objecteurs de conscience » (Mennonites, Doukhobors et néo-Canadiens originaires de pays non anglophones). Dans un autre ordre d’idées, lorsque le critère de possession est aboli au Québec en 1936, on observe toujours une certaine opposition au droit de vote des chômeurs. Le bien-fondé du suffrage universel est d’ailleurs remis en question dans les programmes scolaires officiels dans la province jusqu’en 1956, quoiqu’il s’agisse d’un courant qui appartient surtout aux années d’avant-guerre. C’est en raison de ce caractère dynamique et multidirectionnel du processus de négociation de la capacité citoyenne qu’il importe à notre sens de nous intéresser aux débats de société derrière les législations électorales et de faire ressortir l’action des individus pour conquérir ou préserver ce droit.

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Retour sur la journée d’étude « L’histoire orale en vaut-elle la peine ? Avantages et contributions d’une pratique en milieu francophone »

Andréanne LeBrun, candidate au doctorat en histoire à l’Université de Sherbrooke

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Affiche de la journée d'étude.

Affiche de la journée d’étude.

Le 10 avril dernier s’est tenue à Sherbrooke une journée d’étude portant sur l’histoire orale coorganisée par les candidates à la maîtrise en histoire Myriam Alarie et Christine Labrie ainsi que par la professeure Louise Bienvenue. Constatant depuis la dernière décennie un regain d’intérêt à l’endroit de cette pratique de la part des historiens québécois (en témoignent notamment la création du Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia (CHORN) en 2006 et la parution prochaine d’un numéro spécial de la Revue d’histoire de l’Amérique française sur les sources orales), elles proposaient de s’interroger sur ses avantages, ses limites et ses perspectives d’avenir. Si l’histoire orale se prête bien à la multidisciplinarité, les organisatrices ont choisi de rassembler uniquement des historiens afin de réfléchir sur les réticences qui semblent être le propre de leur profession. C’est donc dans une ambiance décontractée que 15 intervenants d’horizons variés ont puisé dans leur expérience pour répondre à la question « L’histoire orale en vaut-elle la peine ? ». Saluons le fait qu’il s’agisse d’un des rares évènements du genre en histoire à être consacré à des enjeux d’ordres méthodologique et épistémologique.

Dans son mot d’introduction, Louise Bienvenue distinguait les experts de l’histoire orale des explorateurs, qui ont croisé cette pratique sur leur route un peu par hasard. Je m’inscris dans cette seconde catégorie. Par conséquent, c’est en toute humilité que ce compte-rendu entend partager les réflexions qui sont ressorties de cette journée stimulante avec ceux et celles qui n’ont pu y assister.

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