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Là où le présent rencontre le passé

Catégorie : Camille Robert (Page 1 sur 2)

Chercher l’absence des femmes

Par Adèle Clapperton-Richard, candidate à la maîtrise en histoire à l’UQAM et membre du comité éditorial, et Camille Robert, candidate au doctorat en histoire à l’UQAM et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca

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Crédit: Pierre Guinoiseau (Flickr).

Le 20 octobre dernier à la Grande Bibliothèque, une table ronde s’est tenue avec, pour thème, « Les défis de l’historien dans l’espace public ». Le masculin « historien », dans ce cas-ci, ne visait pas seulement à « alléger » le texte. Il se concrétisait par le fait que quatre hommes – dont les deux organisateurs de cette table ronde – ont pris la parole, devant une salle comble, pour réfléchir aux enjeux de l’histoire et de ses usages hors de la sphère universitaire. Si une femme a eu accès à cette séance plénière, c’est parce qu’on lui en a confié l’animation. Il n’a été question, à aucun moment, des défis des historiennes, et particulièrement des historiennes des femmes, dans la diffusion de connaissances à un large public. En plein cœur du Mois de l’histoire des femmes, et au terme d’une semaine forte en prise de parole féministe, cette omission était frappante. Force est de constater que la célébration de ce mois est passée pratiquement inaperçue.

À l’occasion du 150e de la Confédération, le ministère de la Condition féminine du Canada nous invitait à souligner le Mois de l’histoire des femmes, en mentionnant qu’il s’agissait de « l’occasion pour tout le pays de reconnaître les pionnières d’ici et de célébrer les réalisations des Canadiennes de tous âges qui ont contribué à faire du Canada ce qu’il est aujourd’hui ». Avec le mot-clic #prendresaplace, on souhaitait alors « célébrer les réussites des femmes et des filles qui ont profondément marqué notre pays et qui ont mérité leur place dans les livres d’histoire ». Ici, il n’était pas question d’histoire des femmes, mais de certaines femmes. Face à l’absence totale des historiennes d’un débat sur « l’espace public » et à la célébration de certaines pionnières exceptionnelles, nous avons identifié une série de problèmes liés à la pratique et à l’utilisation de l’histoire des femmes qui, selon nous, freinent sa juste valorisation.

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Aide financière au parent au foyer : un piège pour les femmes?

Par Camille Robert, candidate au doctorat en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), autrice de l’ouvrage Toutes les femmes sont d’abord ménagères. Histoire d’un combat féministe pour la reconnaissance du travail ménager et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca

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Caricature représentant René Lévesque et Yvon Dupuis sur deux chars, tirés par des femmes, dans « Aux ânes des carottes… Aux femmes des promesses de liberté… », Québécoises deboutte!, vol. 1, no 5, avril 1973, p. 5.

Au Congrès de la Relève de la CAQ, tenu la fin de semaine des 23 et 24 septembre 2017, l’une des résolutions visait la bonification de l’aide financière accordée au parent qui demeure au foyer avec un enfant d’âge préscolaire. Dans le cahier du participant, on pouvait lire que « [l]a présence à la maison des parents est un facteur important qui contribue au développement des enfants ». Faute de revenus, ajoutait-on, de nombreux parents sont toutefois contraints de retourner au travail. Bien qu’il puisse sembler louable de reconnaître la valeur du travail au foyer, la proposition essuie mal les critiques lorsqu’on la replace dans son contexte historique.

L’idée n’est pas nouvelle. L’ADQ avait déjà défendu une mesure semblable en 2007, soit une allocation aux familles dont les enfants ne fréquentaient pas le réseau de garderies. Qualifiée d’« allocation à la mère au foyer », cette proposition avait entraîné une levée de boucliers dans les milieux féministes. Plusieurs organisations y voyaient un recul pour l’autonomie économique des femmes, ainsi qu’un renforcement du modèle familial traditionnel pourvoyeur-ménagère.

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Aux origines du 8 mars

Par Camille Robert, étudiante au programme court de 2e cycle en pédagogie de l’enseignement supérieur de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), membre étudiante du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca[1]

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« Tu te plains, mon pauvre mari, de tes dix heures d’ouvrage; voici quatorze heures que je travaille, moi, et je n’ai pas encore fini ma journée ». Image tirée de L’Opinion publique, vol. 2, no 44 (2 novembre 1871), p. 532. BAnQ, PER O- 104, MIC A209.

Chaque année, la date du 8 mars vise à souligner la journée internationale des droits des femmes. Il faut dire qu’on perd un peu de vue l’origine de cette journée. D’année en année, ça devient un peu comme une deuxième fête des Mères ; on peut fréquemment voir des publicités qui visent à gâter les femmes en produits de beauté, en bouquets de fleurs, en forfaits au spa. Il n’est pas étonnant que dans ces publicités on parle souvent de la journée de la femme. En général, le fait d’utiliser la femme au singulier essentialise un peu l’identité des femmes et ne rend pas compte de la diversité des origines, des expériences et des points de vue des femmes.

L’origine de cette journée a longtemps été attribuée à un évènement fictif. Selon plusieurs sources, surtout françaises, ce serait une manifestation de couturières à New York, qui aurait eu lieu le 8 mars 1857, qui serait à l’origine du choix de cette date. Par contre, les travaux de l’historienne Françoise Picq révèlent que cet évènement n’a en fait jamais eu lieu. Ce mythe continue tout de même de circuler dans l’histoire des mouvements des femmes.

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« Ceux qui font les révolutions à moitié » : un militantisme par procuration

Par Camille Robert, étudiante au programme court de 2e cycle en pédagogie de l’enseignement supérieur de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), membre étudiante du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca[1]

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Scène tirée du film Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau (2017). Source : KFilms Amérique.

J’ai été de celles et ceux qui ont participé aux mobilisations de 2012. Lorsqu’on m’a invitée à visionner Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau pour livrer mes impressions à Dustin Segura (Urbania), j’ai tout de suite accepté. Ce nouveau film de Mathieu Denis et Simon Lavoie, connus pour Laurentie (2011), se déroule quelques années après le printemps étudiant. La révolution à moitié, c’est la grève de 2012, qui apparaît tout au long du film sous forme de fragments d’images, de sons, de souvenirs. Les quatre protagonistes poursuivent la lutte sociale à leur manière, dans la semi-clandestinité et en s’enivrant de citations révolutionnaires.

Pour les actrices et acteurs des luttes sociales, les récits qui en sont construits ont quelque chose d’étrange, sorte de dédoublement, de projection imparfaite, décalée. Je m’attendais, dans cette mesure, à ce que cette représentation cinématographique post-grève ne colle pas parfaitement à la réalité. Les critiques ont, jusqu’à présent, parlé d’un film qui abordait la suite de 2012 sans complaisance. D’entrée de jeu, Ceux qui font les révolutions à moitié ne se revendique pas comme un film politique. Il parvient, toutefois, à capitaliser sur un contexte politique en le vidant de sa substance et de son sens.

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« The Ninth Floor » : sur les traces du Black Power à Montréal

Par Camille Robert, étudiante à la maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Montréal, assistante de recherche au Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS)[1] et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca

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23bh.computerriot[1]Plusieurs images officielles des années 1960 à Montréal évoquent l’Exposition universelle de 1967. Célébration considérée comme l’un des moments phares de la Révolution tranquille, cette vitrine ouverte sur le monde présente la mondialisation sous son jour le plus estival. Ce portrait souriant occulte cependant les images des populations immigrantes locales de Montréal, et leur rapport concret au colonialisme. Dans The Ninth Floor, la réalisatrice Mina Shum nous présente l’envers de l’Exposition Terre des Hommes. À l’écran, quarante ans plus tard, les protagonistes de l’«affaire Sir George Williams» déambulent dans les vestiges de l’Expo 67, recouverts d’une lourde couche de neige.

The Ninth Floor nous transporte à la fin des années 1960, au neuvième étage du pavillon Hall de l’Université Sir George Williams – actuelle Université Concordia –, alors que se déroulait l’un des épisodes les plus marquants du mouvement Black Power à Montréal[2]. À partir d’images d’archives et d’entrevues avec celles et ceux qui ont été directement impliqué.e.s dans l’affaire, le documentaire retrace les étapes qui ont mené plusieurs dizaines d’étudiantes et d’étudiants à occuper le centre informatique de leur université.

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