Par Harold Bérubé, professeur au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke et président du conseil d’administration de l’IHAF, pour l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF)[1]

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Un avis qui s’inscrit dans la continuité

C’est avec intérêt que le Conseil d’administration (CA) de l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF) a continué à suivre les débats entourant la réforme du programme d’enseignement de l’histoire au secondaire, étant déjà intervenu à deux reprises pour faire connaître sa position sur la question. Dans un avis transmis au ministère de l’Éducation du Québec en 2006, le CA s’était prononcé sur la version révisée du programme Histoire et éducation à la citoyenneté destiné aux élèves du 2e cycle du secondaire[2]. Il soulignait la présence d’un certain nombre de problèmes importants :

  • la structure même du programme, qui imposait une approche chronologique en première année et une approche thématique lors de la deuxième;
  • la périodisation utilisée, qui était inconsistante d’une année à l’autre, mais parfois également au sein d’un même module (par exemple, un module consacré à des questions socioéconomiques était structuré selon des événements politiques);
  • l’absence d’un inventaire des connaissances historiques que devraient acquérir les élèves;
  • la marginalisation des autochtones dans le programme;
  • une dimension comparative qui, si elle est la bienvenue, n’était pas axée sur les pôles de comparaison les plus pertinents;
  • la marginalisation des éléments qui caractérisent et singularisent l’histoire du Québec à l’échelle occidentale, ainsi que les aspects plus conflictuels de cette histoire.

Dans un second avis transmis au ministère de l’Éducation en 2009, le CA saluait certaines des révisions apportées au programme, mais notait la persistance de failles déjà évoquées dans le premier avis, à savoir le maintien d’une structure chronologique/thématique, ainsi que le flou concernant les connaissances que doivent acquérir les élèves et leur évaluation[3]. Dans ce deuxième avis, le CA insistait également plus nettement sur la tendance présentiste du programme et sur l’instrumentalisation de l’histoire qui en découlait, instrumentalisation qui était renforcée par l’importance accordée à l’exercice de la citoyenneté comme finalité pédagogique.

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