Par Louise Bienvenue, professeure au dartement d’histoire de l’Université de Sherbrooke, et Pierre Hébert, professeur au département des lettres et communications de l’Université de Sherbrooke

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Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. 

– Albert Camus

Nombreux sont les articles, opinions, qui ont éclairé de manière convaincante le bien-fondé de la présente grève étudiante contre la hausse des droits de scolarité. Plusieurs n’ont pas manqué de noter que le fond de la question dépasserait ces droits mêmes; ils mettraient en jeu le modèle d’éducation, voire le modèle de société que nous voulons nous donner pour les années à venir.

S’il est juste de jauger les présents événements en regard de l’avenir dont nous voulons être d’ores et déjà les sujets, la question de notre passé récent doit être aussi posée. Autrement dit, comment en sommes-nous arrivés là ? Quelles mutations auraient marqué l’université québécoise qui fasse que soudain, de dérive en dérive, nous soyons des centaines de milliers, citoyennes et citoyens de multiples provenances, à opposer un non à la situation présente ? Que cache cette formidable grève ?

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