Par Julien Fecteau Robertson, militant solidaire et enseignant de philosophie au Cégep de Rimouski

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Le traumatisme et la continuité

Yvan Lamonde est historien et enseigne la littérature québécoise à l’Université McGill. Ses travaux se sont surtout concentrés sur l’histoire des idées, la sociographie québécoise et on lui doit plusieurs recherches et réflexions sur l’identité et les divers courants intellectuels au Québec. Publié au début de 2017, Un coin dans la mémoire[1] n’est pas à proprement dit un travail d’historien. Arguant qu’il y a « peu de choses aussi peu scientifiques que la psychologie collective », l’auteur assume pleinement la posture d’essayiste, s’inspirant carrément de la psychanalyse, mais ne se privant pas pour autant d’enrichir l’ouvrage de nombreuses références qui constituent son bagage de chercheur. La véritable richesse de cet essai réside cependant surtout dans sa capacité de cerner des problèmes fondamentaux de l’existence québécoise à travers quelques métaphores impressionnistes, que les références historiques permettent d’ancrer dans la réalité.

Les deux premiers des quatre chapitres servent à exposer le problème fondamental de la « division » en exposant d’abord ses sources historiques puis ses effets. Les deux derniers visent quant à eux à exposer de façon très générale comment l’on devrait essayer de régler ce problème en rapaillant la conscience historique de manière à déloger le coin qui nous empêche d’avancer collectivement. Pour cela, il faudra selon lui créer une conscience historique qui ne soit pas essentiellement autoréférentielle, mais qui constitue plutôt le fondement d’un projet politique.

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