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Catégorie : CHRS

Entretien avec Pierre Fournier

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM, membre du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Cet entretien s’inscrit dans la section « Acteurs et actrices » du blogue du CHRS. Celle-ci a pour objectif de présenter le travail et l’implication d’acteurs et d’actrices, collectifs ou individuels, dont les actions ont façonné des pans de l’histoire qui correspondent aux domaines de recherche du CHRS. Elle vise également à documenter le rôle de ces personnes ou de ces groupes peu connus, trop souvent ignorés, mais qui à leur manière et à leur échelle demeurent des témoins et des acteurs de l’histoire.

Pierre Fournier est travailleur social de formation. Il travaille comme organisateur communautaire et fait de la chanson sociale. Il a milité au sein du mouvement syndical, des groupes communautaires et d’organisations politiques. Il se définit comme travailleur de la culture, plutôt que comme musicien. Pour lui, la chanson est un véhicule privilégié pour dénoncer les injustices[1].


Benoit Marsan : D’où provient votre intérêt pour la chanson populaire et militante?

Pierre Fournier : Tout d’abord, j’ai toujours aimé la chanson. Mon intérêt pour la chanson populaire et militante provient des années 1970 alors que j’étais aux études en travail social. En étudiant, j’ai approfondi mes connaissances et réflexions sur les injustices. Notamment, à propos du fait que celles-ci sont inscrites dans les rapports sociaux qui régissent notre société. Parallèlement, je me suis rendu compte que la chanson avait un pouvoir important de rassemblement sur les individus et qu’elle permettait de véhiculer des messages. D’où mon intérêt provient-il exactement? Je ne le sais pas… Je sais cependant que j’ai toujours aimé chanter. J’ai appris la guitare et le chant tout jeune, quand j’étais dans les scouts. À cette époque, je trouvais que les chansons autour du feu de camp créaient une unité et une atmosphère particulière, alors que nous chantions tous ensemble. Cet aspect de la culture et de la chanson, j’ai pu le constater à plusieurs reprises à travers les années.

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Entretien avec Marcel Martel

Par Caroline Robert, Amélie Grenier et Martin Robert, du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS)

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Monsieur Marcel Martel, professeur au département d’histoire de l’Université York à Toronto, était de passage à l’UQÀM les 4 et 5 mai derniers à l’occasion du colloque Vices et criminalité dans l’histoire du Québec et du Canada, organisé par le Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS). Dans le cadre de cet événement, une table ronde réunissant les professeurs Ollivier Hubert et Donald Fyson s’est tenue autour du livre de M. Martel Une brève histoire du vice au Canada depuis 1500, paru aux Presses de l’Université Laval (traduction française de Canada the Good : A Short History of Vice since 1500 paru chez Wilfrid Laurier University Press en 2014). Parmi les autres publications du professeur Martel, on trouve Not This Time : Canadians, Public Policy and the Marijuana Question, 1961-1975 (University of Toronto Press, 2006) et Le Canada français et la Confédération : fondements et bilan critique (Presses de l’Université Laval, 2016), coécrit avec Jean-François Caron[1].


Caroline Robert : De quelle façon en êtes-vous venu à vous intéresser à l’histoire du vice du Canada?

Marcel Martel : Mon intérêt pour la problématique du vice s’explique d’abord par ma volonté de développer un nouveau cours au premier cycle. Il s’agissait d’adopter une approche comparative qui tienne compte non seulement du Canada, mais aussi des États-Unis et du Mexique. La dimension comparative montre que les phénomènes étudiés ne sont pas spécifiques au Canada, mais en même temps, elle permet de faire ressortir les spécificités de la société canadienne. On peut évidemment penser à la coexistence de deux communautés linguistiques, celle d’expression française et celle d’expression anglaise. Mais, il y a également le facteur religieux, puisque pendant de nombreux siècles, les chrétiens dominaient la société canadienne, toutefois ils n’étaient pas tous d’accord sur la manière de criminaliser les comportements considérés comme des « vices ».

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