Luc Nicole-Labrie

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Après la « marche bleue » la semaine dernière et un article sur les Nordiques dans l’AMH, nous avons cru bon nous intéresser au « matériel » qui est espéré à travers l’actuelle effervescence dans la région de Québec, c’est-à-dire la construction d’un nouveau centre multifonction (ie l’amphithéâtre). Bien entendu, il existe déjà un amphithéâtre à Québec, le Colisée Pepsi, et nous avons voulu essayer de faire un bref survol de son histoire en remontant à sa construction.

L’histoire du Colisée est intimement liée à celle du pavillon de l’Agriculture de la Commission de l’exposition provinciale et de l’histoire de la patinoire du parc Victoria. En effet, cette dernière étant détruite par un incendie en 1942, l’équipe professionnelle de l’époque, les As de Québec, qui jouait au parc Victoria, doit trouver un nouveau domicile. La Commission de l’exposition provinciale décide de modifier son pavillon de l’Agriculture (construit en 1930) et y installe une patinoire intérieure en 1942. On ne parle pas encore du Colisée de Québec. Les activités de cet amphithéâtre seront également interrompues par un incendie. Ce premier « Colisée »  est la proie des flammes et les dégâts sont évalués à plus d’un million de dollars! Mais il n’y a plus d’aréna digne d’accueillir les équipes professionnelles et junior de Québec… (en passant, le pavillon de l’Agriculture sera reconstruit et deviendra le pavillon de la Jeunesse en 1970, aujourd’hui sous la gestion de ExpoCité).

C’est donc après l’incendie de la première patinoire du pavillon de l’agriculture, le 15 mars 1949, que l’on décide de construire le Colisée de Québec. La construction débute officiellement le 24 mai 1949. On travaille d’arrache pied tout l’été et tout l’automne pour finaliser la construction avant la fin de l’année. On réussit ce tour de force parce qu’on présente, le 8 décembre 1949, une première rencontre sur la patinoire du Colisée qui oppose les As de Québec aux Citadelles de Québec. Cette première partie se déroule devant un amphithéâtre vide… de sièges! En effet, on n’avait pas encore installé les sièges dans le Colisée, opération qui sera effectué pendant les semaines suivantes. On finit par y installer des sièges pour 10 000 spectateurs. Le record absolu de foule sera établi le 25 avril 1951. Pendant une partie qui opposait alors les Flyers de Barrie aux Citadelles des Québec, on entasse 16 806 entre les murs du Colisée. Bien entendu, on dépasse de plus de 6000 personnes la capacité assise de l’amphithéâtre pour cette partie de la finale de l’Est de la Coupe Memorial, coupe remise à la meilleure équipe junior au pays.

Le vieux Colisée à Limoilou, à Québec, pourrait... (Photothèque Le Soleil)

Source: « Le vieux Colisée à Limoilou, à Québec, pourrait dépanner une éventuelle équipe de la LNH à Québec. », Photothèque Le Soleil, consultation en ligne, 9 octobre 2010.

Pour l’arrivée des Nordiques de Québec dans la Ligue Nationale de Hockey, pour la saison 1979-80, on décide d’agrandir l’édifice et on y installe environ 5000 sièges de plus pour que le Colisée atteigne sa capacité maximale actuelle de 15 176 places. Depuis 31 ans maintenant, l’amphithéâtre n’a pas connu de modifications majeures et a accueilli des parties de plusieurs équipes juniors et professionnelles de hockey en plus de parties de roller-hockey et de nombreux spectacles de musique et démonstrations culturelles. En 1999, la ville vend une commandite à la compagnie Pepsi Co. et le Colisée sera désormais connu comme le Colisée Pepsi. Il demeure aujourd’hui l’amphithéâtre au plus grand nombre de sièges de la ville de Québec.

*Publié sur Histoire et Société.