HistoireEngagée.ca

Là où le présent rencontre le passé

Auteur : Histoire Engagée (Page 1 of 2)

Au revoir et merci Pascal

Le comité éditorial en collaboration avec Camille Robert

Crédits : Steven Darby, Musée canadien de l’histoire

L’équipe d’HistoireEngagée tient à souligner le départ de Pascal Scallon-Chouinard, membre du comité de rédaction depuis 2012. Au cours des six dernières années, Pascal a réalisé un travail essentiel pour la revue. Infatigable, il a participé à la création et à la coordination de dossiers thématiques, notamment celui sur l’histoire des Afro-Amériques (désormais nommé Imaginations, existences et spatialités noires en (ré)émergence, pour lequel Pascal demeure dans le comité de coordination), Où sont les femmes?, ainsi que Le sport et ses pratiques de l’Antiquité à nos jours : dimensions socioculturelles et usages politiques. Il a grandement aidé à la recherche de nouvelles collaboratrices et de nouveaux collaborateurs, toujours motivé et prêt à tendre des perches pour recruter des chercheuses et chercheurs engagé.e.s ayant des champs de spécialisation variés. Tout au long de son implication à HistoireEngagée, Pascal a su amener un vent de dynamisme : il a mis de l’avant l’importance de diversifier les approches et les projets et, surtout, il a su être le socle de l’équipe pendant plusieurs années. Son intelligence, son dynamisme et sa générosité font de lui un partenaire de travail précieux avec qui il est toujours motivant et agréable d’initier de nouveaux projets. Enseignant dans l’âme, il transmettait avec bonheur à chacun.e de nous ses connaissances de la revue et de son fonctionnement pour qu’elle garde le cap et même qu’elle prenne de l’ampleur. 

Pascal Scallon-Chouinard est employé au Musée canadien de l’histoire depuis plus d’un an, où il occupe désormais les fonctions de Coordonnateur francophone pour l’équipe de l’édition et des publications. Sans Pascal, HistoireEngagée ne serait pas la revue qu’elle est aujourd’hui. Toute l’équipe éditoriale tient à le remercier et à souligner que c’était un véritable plaisir de collaborer avec lui. Il restera un modèle d’engagement et de rigueur… et les nouvelles recrues entendront assurément parler de lui!

Où sont les femmes?

Christine Chevalier-Caron, Stéphanie Lanthier, Camille Robert, Adèle Clapperton-Richard, Camille Gauvin, Catherine Larochelle et Marilou Tanguay responsables du dossier thématique[1]

Appel à contributions

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Depuis la fin des années 1960 et le début des années 1970, moment où des historiennes ont commencé à montrer que « les femmes sont dans l’histoire, les femmes ont une histoire et les femmes font l’histoire » (Dumont, 2001), le champ de l’histoire des femmes et du genre a grandement évolué. Après avoir publié un premier dossier visant à contrer l’occultation des femmes des récits historiques, nous souhaitons aujourd’hui poursuivre la discussion sur l’histoire des femmes, du genre et des féminismes, en abordant les défis et enjeux – épistémologiques, méthodologiques, archivistiques, institutionnels, etc. – propres à ces champs d’étude.

Malgré l’effort de nombreuses chercheuses qui ont montré l’importance de questionner à nouveau les postulats historiques au prisme de nouvelles grilles méthodologiques et conceptuelles, des défis restent à surmonter. En effet, l’occultation des femmes des récits historiques, particulièrement éloquente en ce qui a trait aux femmes non-blanches, qui en plus d’être invisibilisées et silenciées, sont souvent instrumentalisées au profit de l’histoire des femmes blanches (Éwanjé-Épée et Magliani-Belkacem, 2012; Vergès, 2017), le manque de visibilité des travaux des historiennes[2] ainsi que les obstacles que l’on peut rencontrer dans la recherche en histoire des femmes (rareté des sources, manque d’outils et de soutien institutionnels), sont toujours omniprésents au sein de la discipline.

L’histoire des femmes et du genre et l’histoire des féminismes ne sont pas que des manières d’étudier le passé, ce sont des outils qui permettent de poser un regard critique sur le présent et des avenues pour imaginer l’avenir autrement. Nous croyons que ces histoires doivent être problématisées à l’aune d’enjeux divers liés aux rapports de pouvoir, rapports genrés, évidemment, mais aussi raciaux et économiques. Les pistes de réflexion que nous souhaitons investir sont larges et diversifiées et elles s’inscrivent dans des champs spatio-temporels variés. Voici une liste non-exhaustive de thématiques pouvant être envisagées :

  • Nouvelles perspectives en histoire des femmes/histoire du genre/histoire genrée;
  • Histoire des féminismes;
  • Femmes et éducation(s);
  • Femmes et mouvements sociaux;
  • Femmes et immigration(s);
  • Femmes autochtones;
  • Femmes et sports;
  • Femmes et médias;
  • Dialogues entre plusieurs générations d’historiennes féministes;
  • Représentations de figures féminines et/ou féministes historiques dans la culture populaire (télévision québécoise, télé-séries, films, jeux-vidéos, musique, littérature…);
  • Mémoire(s) de l’histoire des femmes;
  • Vulgarisation de l’histoire des femmes;
  • Féminisme et université;
  • Enjeux méthodologiques et épistémologiques de l’histoire des femmes et/ou de l’histoire des féminismes

HistoireEngagee.ca vous invite à proposer une contribution concernant l’histoire des femmes et du genre et/ou l’histoire des féminismes. Ces contributions peuvent prendre plusieurs formes : des articles de fond (évalués par les pairs, à l’aveugle), de courts textes, des prises de position, des recensions ou des entrevues.

Nous attendons vos propositions de textes (200-350 mots) avant le 15 septembre 2018 à l’adresse suivante : contributions@histoireengagee.ca. La mise en ligne des contributions est prévue pour l’automne 2018 et l’hiver et le printemps 2019. Le dossier demeurera toutefois ouvert aux propositions de contributions. Vous trouverez de l’information sur nos balises de rédaction et directives de soumission en cliquant ici.


[1] Ont aussi participé à la coordination de ce dossier : Pascal Scallon-Chouinard et Margot Blanchard.

[2] À ce sujet, voir une critique parue à l’automne 2017 « Chercher l’absence des femmes » (en ligne) http://histoireengagee.ca/chercher-labsence-des-femmes/  et la récente initiative Women Also Know History (en ligne) https://womenalsoknowhistory.com/, dédiée à la promotion du travail et des recherches des historiennes spécifiquement.

 

Discuter de réconciliation en classe : les #150actions, un outil utile

Catherine Larochelle, professeure au département d’histoire de l’Université de Montréal et membre du comité éditorial de la revue HistoireEngagée

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Les autrices de la liste, Crystal Fraser (droite) et Sara Komarnisky (gauche)

À l’hiver 2018, j’ai eu la chance d’enseigner le cours HST2444, Autochtones, État et société au Canada à l’Université de Montréal. Tout au long de la session, j’ai intégré aux lectures et aux discussions hebdomadaires différents médias, par exemple les affiches de la série Remember/Resist/Redraw et les courts métrages du Wapikoni mobile. Ces publications multimédias se sont avérées des outils pédagogiques stimulants – et nécessaires j’oserais dire – pour alimenter les conversations avec les étudiant.e.s sur les différents récits possibles de l’histoire canadienne. Vers la fin de la session, les étudiant.e.s devaient lire la liste des 150 actions de réconciliation de Crystal Fraser et Sara Komarnisky. Publiée dans sa version originale sur la plateforme ActiveHistory (et dans sa traduction française sur HistoireEngagée.ca) à l’été 2017, la liste des #150actions proposait aux Canadiens et Canadiennes 150 actions de réconciliation à effectuer pour les 150 derniers jours de l’année du 150e anniversaire du Canada. Ayant remarqué que les appels à l’action issus des travaux de la Commission Vérité et Réconciliation ciblaient surtout les institutions et que les citoyen.ne.s ne se sentaient pas nécessairement concerné.e.s, Crystal Fraser et Sara Komarnisky ont voulu montrer que la réconciliation se pratiquait de multiples façons et à différentes échelles.

Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur l’expérience pédagogique que j’ai vécue lorsque nous avons parlé de cette liste en classe et expliquer en quoi elle est un outil extrêmement utile pour discuter de la réconciliation avec les étudiant.e.s – et ce, pas uniquement dans les cours d’histoire(s) autochtone(s).

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Recension de l’exposition Shalom Montréal – Histoires et contributions de la communauté juive

Par Christine Chevalier-Caron, candidate au doctorat à l’Université du Québec à Montréal et assistante de recherche au Groupe de recherche Histoire, femmes, genre et migrations

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L’auteure et un guide du Musée McCord lors de la visite de l’exposition.

Dans l’ouvrage collectif Éducation et judaïsme, publié en 2016, Sivane Hirsch et Marie Mc Andrew nous informent que le programme d’Histoire et éducation à la citoyenneté aborde l’histoire de(s) la communauté(s) juive(s) du Québec en fonction de trois sujets précis, soit le parcours d’Ezekiel Hart, celui du poète Irving Layton, et le cadeau offert par des Juifs.ves britanniques à l’occasion de la fondation de la première synagogue de Montréal. Malgré le fait que je suis consciente de la marginalisation des communautés non-blanches et/ou non-catholiques du récit dominant de l’histoire québécoise, ce constat m’a tout de même surprise et choquée. En conséquence, j’ai tenté de comprendre, en vain, comment était-ce possible qu’il y ait si peu de contenus traitant de l’histoire de(s) la communauté(s) juive(s) dans l’enseignement de l’histoire, et comment pouvons-nous, de surcroit, invisibiliser les importants apports de(s) la communauté(s) juive(s) au développement et à la richesse culturelle de la métropole. Évidemment, rien ne peut expliquer ou légitimer ces occultations. Par contre, cette situation doit nous servir de prétexte pour surmonter ces lacunes dont est porteur le système d’éducation, et nous tourner vers d’autres canaux et lieux de savoir ayant un souci d’inclure dans l’histoire tous ceux et celles qui en ont été des acteurs.rices, mais qui se sont malheureusement retrouvés.es exclus.es du récit dominant.

Le Musée McCord, institution valorisant l’histoire sociale de la ville de Montréal, participe actuellement à remédier à cette situation, tout particulièrement avec la présentation, depuis le 3 mai dernier, de l’exposition Shalom Montréal – Histoires et contributions de la communauté juive. Pour la réalisation de cette exposition, le Musée a fait appel à des sommités en histoire juive, dont : Ira Robinson, Yolande Cohen, Steven Lapidus, et Pierre Anctil. Ces historiens.nes se sont intéressés.es, au fil de leur carrière, à des dimensions différentes de l’histoire juive montréalaise et québécoise; en conséquence, la mise en commun de leurs connaissances a mené à la réalisation d’une exposition captivante, et ne réduisant ni leur(s) histoire(s) à la dimension confessionnelle de leur identité, ni à une image porteuse des stéréotypes dominants. Bien au contraire, cette exposition permet au public de prendre connaissance des grandes lignes de l’histoire juive montréalaise, et de découvrir de nombreuses contributions de membres de(s) la communauté(s) juive(s) montréalaise(s) à la vie culturelle, politique, et sociale de la métropole.

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Visions dystopiques d’un monde sans histoire

Par Patrick Lacroix, Université Bishop’s[1]

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Affiche pour le film Farhenheit 451 de François Truffaut, 1966.

Ce texte a précédemment paru en anglais sur ActiveHistory.ca.

« Je dois reprendre le fil du passé! »[2]

– Montag, Fahrenheit 451 (1966)

Au cours des deux dernières années, l’émergence des fake news et des « faits alternatifs » a soulevé la crainte d’une dérive autoritaire aux États-Unis et ailleurs. La manipulation de la vérité et certaines campagnes visant à discréditer le journalisme de profondeur sont effectivement troublantes, surtout lorsqu’elles se manifestent dans les plus hautes instances politiques. Ainsi, il semble que nous sommes engagés dans une lutte épistémologique où se joue l’avenir de nos principes démocratiques.

D’importants rappels historiques publiés sur le présent site (ici, par exemple) et ailleurs sur le web révèlent que les fausses nouvelles ne sont pas chose aussi récente qu’on pourrait croire. Mais, paradoxalement, c’est dans l’imaginaire de la fiction qu’on trouve les cas les plus éclairants de manipulation des faits et de la vérité.

De grandes figures littéraires ont saisi, il y a plusieurs décennies, l’essentiel de ces questions épistémologiques : la fiction dystopique du vingtième siècle permet de mieux comprendre la pertinence de l’histoire – et la préservation d’un terrain commun de vérité – à nos destinées politiques. Le Meilleur des mondes de Aldous Huxley, 1984 de George Orwell et Fahrenheit 451 de Ray Bradbury méritent une attention particulière en raison de leur traitement de l’histoire. Ces romans permettent de relier l’approche historique de nos dirigeants à la sauvegarde d’une société ouverte, délibérative et démocratique.

La fiction dystopique nous invite à une étude soutenue du passé et assigne aux historiens un rôle politique important. Dans les circonstances actuelles – dans lesquelles les coupures en arts et sciences humaines aux États-Unis semblent annoncer une situation semblable au nord de la frontière – nos compétences historiques semblent aussi utiles qu’elles sont rares.

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