HistoireEngagée.ca

Là où le présent rencontre le passé

Auteur : Mazarine Lainé

Annonce de la pause estivale

Les membres du comité éditorial d’HistoireEngagée.ca vous annoncent qu’ils et elles prendront une pause estivale jusqu’à la fin août. Pendant cette « relâche », nous préparons la rentrée et nous serons de retour pour une autre saison de regards historiques sur le monde qui nous entoure. D’ailleurs, nous vous rappelons que nous sommes constamment à la recherche de contributions spontanées et pour les dossiers suivants : « Où sont les femmes? », celui sur l’histoire(s) des Noirs.es « Imaginations, existences et spatialités noires en (ré)émergences » et celui sur les Premiers Peuples, « Présences et absences : historiciser les (dis) continuités et (in)interruptions des voix et expériences autochtones ». Consultez notre site web pour plus de détails.

Pour les prochaines semaines, vous pourrez surveiller nos pages Facebook et Twitter, sur lesquelles nous suggèrerons la (re)lecture de textes déjà parus.

Bon été à toutes et tous,

Le comité éditorial, HistoireEngagée.ca

Regards et réflexions sur un féminisme à vocation internationale ; l’exemple de la tentative d’inclusion du monde non-occidental dans les pages de Jus Suffragii

Par Eliane Desruisseaux, candidate à la maîtrise à l’Université Laval

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En commençant mes études en histoire, j’avais en tête cette image pittoresque de la recherche en archives, image sûrement partagée par beaucoup d’apprenties historiennes, au centre de laquelle je me voyais parcourir des documents poussiéreux oubliés dans un endroit magnifique au passé riche. Rien de moins. Comble de l’auto-trahison, je travaille maintenant avec des journaux numérisés. Si les moments passés à consulter les sources sont moins émouvants que je l’avais jadis espéré, force est de constater que la numérisation d’archives ouvre la voie à de nouvelles recherches, par exemple centrées sur des cadres spatiaux plus larges ou éloignés du nôtre.

C’est ainsi que j’ai pu m’intéresser aux perceptions qu’ont les féministes blanches des femmes musulmanes au début du XXe siècle, question qui ne peut être approfondie qu’en adoptant une perspective transnationale. En effet, le féminisme est « difficile à saisir »[1] si on l’enferme dans un cadre national. Caractérisé par son internationalisme, celui de la première vague, en particulier, appelle à transcender les cadres des États-nations. Je vais ici me concentrer sur une conjoncture précise, alors qu’en 1911 et 1912, l’Américaine Carrie Chapman Catt voyage autour du monde pour inciter des femmes non-occidentales à devenir membres de l’Alliance internationale des Femmes (AIF). Maintenant numérisés et disponibles en ligne, les billets alors publiés par Chapman Catt dans le mensuel de l’AIF, Jus Suffragii, composent un corpus restreint mais riche, qui éclaire la construction complexe d’un discours sur des femmes Autres dans un contexte impérial.

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