HistoireEngagée.ca

Là où le présent rencontre le passé – ISSN 2562-7716

Auteur : Histoire Engagée Page 1 of 2

Pourquoi la pratique du Blackface persiste-t-elle, et que peut faire la communauté historienne pour que les choses changent?*

Par Cheryl Thompson, Ryerson Univsersity

Il y a quelques années, celui qui était alors mon superviseur postdoctoral et qui est aujourd’hui professeur émérite au Centre for Theatre, Drama and Performance Studies de l’Université de Toronto, Stephen Johnson, était invité à intervenir dans une émission de radio sur les raisons expliquant la résurgence de la pratique du Blackface dans la société actuelle. L’entretien n’a cependant jamais eu lieu, puisque la priorité a été accordée à la couverture d’évènements jugés plus significatifs.

J’ai depuis repris le flambeau sur cette question, et en réfléchissant aux discussions que j’ai eues avec Stephen sur le sujet, j’en suis venue à la conclusion que la pratique du Blackface n’a en fait jamais cessé.

Du film Tropic Thunder (Tonnerre sous les tropiques), sorti en 2008 et mettant en vedette l’acteur Robert Downey Jr. dans le rôle du soldat noir Kirk Lazarus, à cette scène de 2013 de la série Mad Men (qui se déroule dans les années 1960), dans laquelle Roger Sterling (John Slattery) apparait avec un visage peint en noir pour chanter à sa fiancée My Old Kentucky Home (une chanson de Minstrel Show écrite par Stephen Foster en 1853) lors d’une assemblée publique, le recours au Blackface est toujours bien présent. La population canadienne n’a d’ailleurs jamais cessé de consommer ces représentations.

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Colloque Toujours debouttes! : entrevue avec Camille Robert

Les 21 et 22 novembre se tient à l’UQAM le colloque « Toujours debouttes. Perspectives sur le renouveau féministe au Québec ». HistoireEngagée vous propose une entrevue avec l’une des co-organisatrice de l’événement, Camille Robert, afin de présenter plus en détail les motivations derrière l’organisation de ce colloque ainsi que les différents panels et communications, dont les titres annoncent des réflexions et des critiques tout aussi intéressantes que pertinentes.

Le titre du colloque « Toujours debouttes. Perspectives sur le renouveau féministe au Québec » a quelque chose d’intéressant : il reprend une expression liée à un des mouvements féministes québécois des années 1970 tout en rendant compte d’une volonté de réfléchir à des enjeux plus actuels. Pour le détailler, peux-tu contextualiser l’utilisation du « debouttes » et aussi expliquer un peu ce qui est entendu par « renouveau féministe au Québec ».

« Québécoises deboutte! » a d’abord été un slogan lancé par des militantes du Front de libération des femmes du Québec (FLF) au printemps 1971. Au départ, il référait à l’appartenance québécoise et à l’engagement indépendantiste des militantes du début de la décennie 1970, avec une référence évidente au joual… Il a ensuite été imprimé sur des autocollants, apposés un peu partout à Montréal, et a donné le nom au journal publié par le FLF (novembre 1971), puis par le Centre des femmes (novembre 1972 à mars 1974). Plus récemment, le documentaire audio Debouttes! de Jenny Cartwright ou l’éditorial « Toujours debouttes » de la revue À bâbord! ont permis de faire ressurgir ce slogan.

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Les prisons pour migrant·e·s ne sont pas une solution humaniste

Lettre de soutien à la mobilisation contre la prison pour migrant·e·s à Laval

Depuis presque un an, un réseau d’organismes et d’individus lutte activement contre la construction d’une nouvelle prison pour migrant·e·s à Laval. Or, cette campagne se trouve menacée par le recours aux tribunaux par l’entreprise Tisseur Inc. Nous considérons que cette initiative établit un dangereux précédent.

Alors que tous les regards sont rivés sur les États-Unis et le mouvement de contestation contre les établissements de détention considérés par certains comme des « camps de concentration », le Canada demeure plus ou moins épargné par les critiques.

Pourtant, l’État canadien dispose bel et bien de sa propre infrastructure dont le rôle est de contrôler le mouvement migratoire en détenant de manière indéfinie et en expulsant plusieurs milliers de personnes. Si les Canadiennes et les Canadiens compatissent avec le sort des personnes migrantes et réfugiées aux États-Unis, pourquoi ne le seraient-ils pas avec celles et ceux qui voient non seulement leurs droits bafoués, mais également leur vie menacée?

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Notre terre : 150 ans de colonialisme

Affiche et texte de Lianne Marie Leda Charlie
Traduction de Marie-Laurence Rho

Au mois de janvier 2017, le Graphic History Collective (GHC) a lancé Remember | Resist | Redraw: A Radical History Poster Project, un projet destiné à offrir une perspective artistique et critique aux conversations entourant Canada 150. Le projet a continué en 2018 et 2019, et est toujours en cours aujourd’hui.

Réalisée par Lianne Marie Leda Charlie, l’affiche qui a lancé la série offre un regard critique du colonialisme au Yukon.

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« Cette fameuse insertion dont on parle avec tant d’effroi » Une préhistoire du discours anti-vaccin

Par Luba Markovskaia, docteure en littérature française de l’Université McGill

La méfiance vis-à-vis de la vaccination est aussi ancienne que la pratique elle-même, mais le discours anti-vaccin se trouve amplifié aujourd’hui par la caisse de résonance formée par les modes de communications actuels, qui favorisent la montée des théories conspirationnistes et la suspicion à l’égard des autorités scientifiques et médicales. Elle correspond également à une montée du populisme dans le discours politique, notamment aux États-Unis[1], où le mouvement vaccinophobe, en apparence spontané et populaire, est financé par de grandes fortunes individuelles[2]. Ceci comporte des répercussions bien concrètes, comme le retour en force de la rougeole et de certaines maladies mortelles[3]. Selon l’OMS, « la méfiance à l’égard des vaccins » est l’une des dix principales menaces à la santé mondiale en 2019[4]. Un retour sur les origines du discours contre la vaccination révèle que dès l’apparition de la pratique de la variolisation dans l’actuelle Europe, ses détracteurs ont formulé leurs craintes en s’attaquant à ses origines étrangères et en se scandalisant de ce que le procédé provienne d’un savoir féminin. C’est la rhétorique des premiers débats sur l’inoculation qui nous intéressera dans le cadre de cette rubrique, à la lumière du rapport à l’altérité, incarnée par les femmes et les étrangers.

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