Par Benoît Grenier (Université de Sherbrooke/CIEQ) et Alain Laberge (Université Laval/CIEQ)[1]
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Ce texte est une réplique au texte d’Allan Greer, « Le système seigneurial? Quel système seigneurial? », paru le 2 octobre dernier sur HistoireEngagée.ca et le 24 septembre sur Borealia : A Group Blog on Early Canadian History. Il est simultanément publié en anglais sur Borealia.

 

Manoir seigneurial de Beauport vers 1850 (Crédit : BAnQ-Q : Fonds Fred. C. Würtele)

Dans la foulée de la parution de son dernier ouvrage[2], une œuvre d’histoire comparée colossale que nous tenons à saluer d’entrée de jeu, notre distingué collègue de l’Université McGill énonce (et ce de manière encore plus affirmative dans la version originale anglaise[3]) l’inexistence du « système » seigneurial. Par-delà le titre ouvertement polémique, les propos défendus par Allan Greer sont assez conformes à l’historiographie et, notamment, à notre propre conception de la seigneurie canadienne. Toutefois, en tant qu’historiens revendiquant la pratique de l’ « histoire seigneuriale[4] », il va sans dire que nous nous sommes sentis interpellés d’autant que l’auteur, en ne se lançant pas dans « une trop longue discussion historiographique », laisse entendre que l’on continue à propager une « image profondément erronée de la Nouvelle-France rurale sous la rubrique « système seigneurial » ».  Qui sont les acteurs de cette « interprétation plus orthodoxe » que la sienne? Outre une référence à Marcel Trudel et à un article signé par Jacques Mathieu dans l’Encyclopédie canadienne, on ne sait pas à qui, au juste, s’adresse la critique de Greer. Aux auteurs des manuels scolaires? Aux auteurs de synthèses thématiques ou générales? Aux spécialistes actuels de ce domaine? Ayant cité les Dechêne, Dépatie et Wien qui ont, sans conteste, contribué à renouveler l’historiographie du régime seigneurial, Greer s’abstient ensuite de nommer qui que ce soit. Nous saisissons donc le prétexte que nous fournit ce texte pour, dans un premier temps, établir les éléments sur lesquels nous sommes d’accord, avant de nous pencher sur la notion de « système » soulevée par notre collègue et, surtout, de rappeler au passage le dynamisme de ce champ fécond auquel nous participons activement depuis plusieurs années.

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