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Catégorie : Benoit Marsan (Page 1 of 3)

Compte rendu de l’exposition VIVA LÉA! Indignée, battante, humaniste : Léa Roback

Par Benoit Marsan

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Madame Léa Roback – Manifestation pour le droit à l’avortement, 1987. Crédit : André Querry.

Pour célébrer son 25e anniversaire, la Fondation Léa-Roback[1] présente l’exposition intitulée VIVA LÉA! Indignée, battante, humaniste : Léa Roback. À travers 13 thématiques[2], l’exposition explore différents aspects de la vie et de l’héritage de Léa Roback (1903-2000). Comme le rappelle une citation de la militante sur l’une des vignettes présentées : « [j]’ai milité, je milite encore aujourd’hui contre le nucléaire pour la paix, et jusqu’à temps qu’on me mette en boîte, et bien mon Dieu je continuerai. » Il va donc de soi qu’une majorité des thèmes de l’exposition portent sur l’évolution de son activité militante : de ses premiers pas au sein du Parti communiste du Canada et du mouvement ouvrier dans les années 1930; en passant par son implication dans le mouvement féministe et pacifiste des années 1960 jusqu’à sa mort; ou encore par son soutien à la communauté mohawk de Kanehsatake lors de la Crise d’Oka de 1990.

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Entretien avec Jean Ayotte

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM, membre du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Bannière CCEM. Source : CHRS.

Le Comité chômage de l’est de Montréal (CCEM) a été fondé en 1987 et célèbre cette année ses 30 ans d’existence. Sa mission est de défendre les intérêts des chômeurs et des chômeuses, notamment en assurant une représentation auprès des instances administratives et des tribunaux responsables de l’assurance-chômage. Un autre aspect de l’organisation concerne la défense collective des droits des sans-emploi par la mobilisation politique face aux différents saccages de l’assurance-chômage perpétrés par le gouvernement fédéral au cours des 30 dernières années. Pour l’occasion, nous avons interviewé le coordonnateur du CCEM, Jean Ayotte. Il a tout d’abord été actif dans le mouvement étudiant québécois au début des années 1970 et par la suite il a œuvré et travaillé aux Presses coopératives de Montréal, une coopérative ouvrière de production d’imprimerie. C’est par ce biais qu’il a commencé à militer dans le mouvement des chômeurs et des chômeuses[1].


Benoit Marsan : Dans quel contexte le CCEM voit-il le jour?

Jean Ayotte : En 1987, il y a deux principaux comités de chômeurs et de chômeuses à Montréal : le Comité chômage du sud-ouest de Montréal (CCSOM) et le Mouvement action-chômage de Montréal (MAC). À ce moment-là, il n’existe pas de groupe dans l’Est de Montréal. On est alors dans la dernière phase de désindustrialisation de ce secteur de la ville, donc, dans ce contexte, le chômage constitue un problème majeur. Des militantes et des militants décident alors de faire appel au CCSOM pour aider à mettre sur pied un comité dans l’Est. La nouvelle organisation va par la suite s’affilier au défunt Regroupement des chômeurs et chômeuses du Québec (RCCQ).

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Entretien avec Pierre Fournier

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM, membre du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Cet entretien s’inscrit dans la section « Acteurs et actrices » du blogue du CHRS. Celle-ci a pour objectif de présenter le travail et l’implication d’acteurs et d’actrices, collectifs ou individuels, dont les actions ont façonné des pans de l’histoire qui correspondent aux domaines de recherche du CHRS. Elle vise également à documenter le rôle de ces personnes ou de ces groupes peu connus, trop souvent ignorés, mais qui à leur manière et à leur échelle demeurent des témoins et des acteurs de l’histoire.

Pierre Fournier est travailleur social de formation. Il travaille comme organisateur communautaire et fait de la chanson sociale. Il a milité au sein du mouvement syndical, des groupes communautaires et d’organisations politiques. Il se définit comme travailleur de la culture, plutôt que comme musicien. Pour lui, la chanson est un véhicule privilégié pour dénoncer les injustices[1].


Benoit Marsan : D’où provient votre intérêt pour la chanson populaire et militante?

Pierre Fournier : Tout d’abord, j’ai toujours aimé la chanson. Mon intérêt pour la chanson populaire et militante provient des années 1970 alors que j’étais aux études en travail social. En étudiant, j’ai approfondi mes connaissances et réflexions sur les injustices. Notamment, à propos du fait que celles-ci sont inscrites dans les rapports sociaux qui régissent notre société. Parallèlement, je me suis rendu compte que la chanson avait un pouvoir important de rassemblement sur les individus et qu’elle permettait de véhiculer des messages. D’où mon intérêt provient-il exactement? Je ne le sais pas… Je sais cependant que j’ai toujours aimé chanter. J’ai appris la guitare et le chant tout jeune, quand j’étais dans les scouts. À cette époque, je trouvais que les chansons autour du feu de camp créaient une unité et une atmosphère particulière, alors que nous chantions tous ensemble. Cet aspect de la culture et de la chanson, j’ai pu le constater à plusieurs reprises à travers les années.

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Entrevue avec Martin Petitclerc

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Martin Petitclerc est professeur au Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal et directeur du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS). Il est également chercheur au Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et au Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ). Depuis une quinzaine d’années, il mène avec ses collègues du CHRS des recherches sur l’histoire de la « question sociale », des mouvements sociaux et de la formation de l’État au Québec. Au-delà des objets de recherche spécifiques à chaque chercheur, l’équipe du CHRS aborde l’étude des problèmes sociaux comme un révélateur des fondements politiques de l’ordre social, en se concentrant principalement sur la société québécoise depuis le XIXe siècle. C’est ce lien entre les problèmes sociaux et une société donnée que révèle le concept de régulations sociales. En effet, ce qu’une société considère comme un problème social (ou pas) est étroitement lié à la façon dont, historiquement, les rapports sociaux (de classe, de sexe, de race, etc.) qui la constituent se sont institutionnalisés dans la société civile et au sein de l’État. Ses enseignements et son travail d’encadrement à la maîtrise et au doctorat portent sur ces thématiques, de même que sur la théorie de l’histoire, sur l’historiographie et sur l’épistémologie[1].


Benoit Marsan : D’où vient l’idée d’organiser un colloque portant sur la question sociale et la citoyenneté ?

Martin Petitclerc : Il y a un double constat qui frappe, je crois, tout historien ou historienne intéressé par la question sociale. D’abord, celui d’avoir vu une thématique fondatrice des sciences humaines, et cela dès la transition au capitalisme et au libéralisme au XIXe siècle, être progressivement délaissée par l’historiographie des vingt-cinq dernières années. Cela est évidemment lié aux bouleversements politiques associés à l’effondrement du marxisme et à la montée du néolibéralisme. Parallèlement, un grand nombre d’historiens se sont détournés de l’analyse du pouvoir et des conflits sociaux, de l’économie et de l’État. En témoigne la « crise de l’histoire sociale » qui a fait l’objet de nombreux diagnostics dans la plupart des pays occidentaux. Il est symptomatique, me semble-t-il, de voir le succès planétaire du livre de l’économiste Thomas Piketty sur les inégalités sociales qui a fait ce que les historiens et les historiennes ont de plus en plus refusé de faire. Le succès de ce livre illustre peut-être, à mon avis, l’échec de la discipline historique à analyser sérieusement les inégalités sociales au cours des deux ou trois dernières décennies. Notre colloque est une façon de réunir des chercheurs et des chercheuses qui ressentent cette nécessité de recentrer l’analyse historique sur ces problèmes, en ayant recours bien sûr à une variété de méthodes et de perspectives.

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Entrevue avec Marie-Claude Thifault

Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Marie-Claude Thifault est historienne, professeure titulaire à l’École des sciences infirmières de la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa, directrice de l’Unité de recherche sur l’histoire du nursing et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en santé. Ses projets de recherche les plus récents s’intéressent à la déshospitalisation psychiatrique au sein des communautés linguistiques en situation minoritaire ainsi qu’à l’évolution du nursing psychiatrique[1].


Benoit Marsan : Vous êtes à la fois spécialiste de l’histoire de la santé mentale et de l’histoire des femmes. En quoi l’étude du genre permet d’enrichir notre compréhension de l’histoire de la santé et de la maladie au Canada ?

Marie-Claude Thifault : Mon projet « Des institutions et des femmes » sur le nursing psychiatrique propose d’analyser le rôle des infirmières dans l’histoire de la psychiatrie québécoise, afin de rendre compte de l’impact du genre dans le développement des stratégies gouvernementales et institutionnelles en matière de santé mentale au Québec. Aussi, cette étude participe à déconstruire ce qui a été trop largement repris à la suite du rapport Bédard sur la Commission d’études des hôpitaux psychiatriques en 1962, soit la disqualification de la contribution des religieuses et du dynamisme institutionnel de leur œuvre dans les pratiques sociales de l’assistance, de l’accompagnement, de l’éducation et du soin. L’étude du genre permet de repenser les rôles sociaux de sexes dans les vastes champs de la médecine et de la santé. L’historiographie est encore trop silencieuse sur ce propos. De là est née l’idée du projet d’ouvrage collectif L’incontournable caste des femmes. Histoire des services de santé au Québec et au Canada (2012).

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