Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

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Recension de l’ouvrage « Trouve-toi une job ! : petite histoire des luttes pour le droit à l’assurance-chômage » du Mouvement Action-Chômage de Montréal

Par Benoit Marsan, stagiaire postdoctoral au département de sociologie de l’Université McGill et chargé de cours au département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais

Fondé en 1970, le Mouvement action-chômage de Montréal (MAC) est un groupe communautaire de défense des droits des travailleuses, des travailleurs et des sans-emploi. Son action s’articule autour de trois axes : l’éducation populaire, la représentation des chômeuses et des chômeurs auprès de Service Canada et l’action collective. Il milite pour un système d’assurance-chômage universel et substantiellement plus généreux. En prévision des célébrations de son cinquantième anniversaire en 2020, l’organisation a entrepris de dépoussiérer ses archives afin d’écrire un roman-feuilleton. C’est dans la foulée qu’est apparue l’idée du livre Trouve-toi une job ! : petite histoire des luttes pour le droit à l’assurance-chômage. Paru en septembre 2022 aux éditions Écosociété, l’ouvrage a pour but de présenter l’évolution du MAC au cours des années, en plus de vouloir retracer une « histoire populaire et ouvrière des sans-emploi de Montréal, mais aussi du Québec » (p. 15). Principalement rédigé par Jérémie Dhavernas, avocat et employé de l’organisation, l’ouvrage est signé MAC afin de souligner la prise de parole des militantes et des militants qui y ont œuvré depuis sa fondation. Quant à son titre, il synthétise les propos désobligeants et basés sur des préjugés auxquels doivent souvent faire face les sans-emploi, et ce, particulièrement lorsqu’ils dénoncent leur condition.

Revisiter la révolte des travailleurs et des travailleuses de Winnipeg

Affiche de David Lester
Essai du Graphic History Collective
Traduction* : Benoit Marsan (révision : Adèle Clapperton-Richard)

Au mois de janvier 2017, le Graphic History Collective (GHC) a lancé Remember | Resist | Redraw: A Radical History Poster Project, un projet destiné à offrir une perspective artistique et critique aux conversations entourant Canada 150. Le projet a continué en 2018 et 2019, et est toujours en cours aujourd’hui.

Au mois d’avril dernier, le collectif a fait paraître la dix-neuvième affiche, réalisée par David Lester. Cette affiche vient souligner le centenaire de la grève générale de Winnipeg de mai et juin 1919, l’une des plus importantes de l’histoire du Canada.


En 1919, 35 000 ouvriers et ouvrières de Winnipeg, au Manitoba, territoire du Traité #1 (1871) et terre natale de la Nation Métisse, ont mené une grève générale de six semaines du 15 mai au 26 juin. Provenant de divers horizons, ils et elles ont arrêté toute production pour réclamer des salaires plus élevés, le droit à la négociation collective et plus de pouvoir pour la classe laborieuse. Cent ans plus tard, la grève générale de Winnipeg demeure l’une des plus grandes et des plus importantes de l’histoire du Canada.

Compte rendu de l’exposition VIVA LÉA! Indignée, battante, humaniste : Léa Roback

Par Benoit Marsan

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Madame Léa Roback – Manifestation pour le droit à l’avortement, 1987. Crédit : André Querry.

Pour célébrer son 25e anniversaire, la Fondation Léa-Roback[1] présente l’exposition intitulée VIVA LÉA! Indignée, battante, humaniste : Léa Roback. À travers 13 thématiques[2], l’exposition explore différents aspects de la vie et de l’héritage de Léa Roback (1903-2000). Comme le rappelle une citation de la militante sur l’une des vignettes présentées : « [j]’ai milité, je milite encore aujourd’hui contre le nucléaire pour la paix, et jusqu’à temps qu’on me mette en boîte, et bien mon Dieu je continuerai. » Il va donc de soi qu’une majorité des thèmes de l’exposition portent sur l’évolution de son activité militante : de ses premiers pas au sein du Parti communiste du Canada et du mouvement ouvrier dans les années 1930; en passant par son implication dans le mouvement féministe et pacifiste des années 1960 jusqu’à sa mort; ou encore par son soutien à la communauté mohawk de Kanehsatake lors de la Crise d’Oka de 1990.

Entretien avec Jean Ayotte

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM, membre du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Bannière CCEM. Source : CHRS.

Le Comité chômage de l’est de Montréal (CCEM) a été fondé en 1987 et célèbre cette année ses 30 ans d’existence. Sa mission est de défendre les intérêts des chômeurs et des chômeuses, notamment en assurant une représentation auprès des instances administratives et des tribunaux responsables de l’assurance-chômage. Un autre aspect de l’organisation concerne la défense collective des droits des sans-emploi par la mobilisation politique face aux différents saccages de l’assurance-chômage perpétrés par le gouvernement fédéral au cours des 30 dernières années. Pour l’occasion, nous avons interviewé le coordonnateur du CCEM, Jean Ayotte. Il a tout d’abord été actif dans le mouvement étudiant québécois au début des années 1970 et par la suite il a œuvré et travaillé aux Presses coopératives de Montréal, une coopérative ouvrière de production d’imprimerie. C’est par ce biais qu’il a commencé à militer dans le mouvement des chômeurs et des chômeuses[1].


Benoit Marsan : Dans quel contexte le CCEM voit-il le jour?

Jean Ayotte : En 1987, il y a deux principaux comités de chômeurs et de chômeuses à Montréal : le Comité chômage du sud-ouest de Montréal (CCSOM) et le Mouvement action-chômage de Montréal (MAC). À ce moment-là, il n’existe pas de groupe dans l’Est de Montréal. On est alors dans la dernière phase de désindustrialisation de ce secteur de la ville, donc, dans ce contexte, le chômage constitue un problème majeur. Des militantes et des militants décident alors de faire appel au CCSOM pour aider à mettre sur pied un comité dans l’Est. La nouvelle organisation va par la suite s’affilier au défunt Regroupement des chômeurs et chômeuses du Québec (RCCQ).

Entretien avec Pierre Fournier

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM, membre du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Cet entretien s’inscrit dans la section « Acteurs et actrices » du blogue du CHRS. Celle-ci a pour objectif de présenter le travail et l’implication d’acteurs et d’actrices, collectifs ou individuels, dont les actions ont façonné des pans de l’histoire qui correspondent aux domaines de recherche du CHRS. Elle vise également à documenter le rôle de ces personnes ou de ces groupes peu connus, trop souvent ignorés, mais qui à leur manière et à leur échelle demeurent des témoins et des acteurs de l’histoire.

Pierre Fournier est travailleur social de formation. Il travaille comme organisateur communautaire et fait de la chanson sociale. Il a milité au sein du mouvement syndical, des groupes communautaires et d’organisations politiques. Il se définit comme travailleur de la culture, plutôt que comme musicien. Pour lui, la chanson est un véhicule privilégié pour dénoncer les injustices[1].


Benoit Marsan : D’où provient votre intérêt pour la chanson populaire et militante?

Pierre Fournier : Tout d’abord, j’ai toujours aimé la chanson. Mon intérêt pour la chanson populaire et militante provient des années 1970 alors que j’étais aux études en travail social. En étudiant, j’ai approfondi mes connaissances et réflexions sur les injustices. Notamment, à propos du fait que celles-ci sont inscrites dans les rapports sociaux qui régissent notre société. Parallèlement, je me suis rendu compte que la chanson avait un pouvoir important de rassemblement sur les individus et qu’elle permettait de véhiculer des messages. D’où mon intérêt provient-il exactement? Je ne le sais pas… Je sais cependant que j’ai toujours aimé chanter. J’ai appris la guitare et le chant tout jeune, quand j’étais dans les scouts. À cette époque, je trouvais que les chansons autour du feu de camp créaient une unité et une atmosphère particulière, alors que nous chantions tous ensemble. Cet aspect de la culture et de la chanson, j’ai pu le constater à plusieurs reprises à travers les années.

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