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Catégorie : Cory Verbauwhede (Page 1 of 2)

Entretien avec Louise Bienvenue à l’occasion du lancement du site Mémoires de Boscoville

Par Cory Verbauwhede

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Cette entrevue porte sur le projet de recherche dirigé par l’historienne Louise Bienvenue sur l’histoire de Boscoville, un centre de rééducation pour jeunes délinquants. Le nouveau site, Mémoires de Boscoville[1], met en valeur une trentaine de témoignages récoltés dans le cadre d’une enquête orale menée entre 2012 et 2015. Formulés plusieurs années après la fermeture de l’internat, ces récits nous éclairent sur l’expérience de Boscoville et sur les traces mémorielles qu’elle a laissées. En plus de soupeser les effets à long terme des innovations thérapeutiques mises de l’avant au sein du centre de la Rivière des Prairies, l’enquête vise à consigner pour les générations à venir la mémoire d’une institution québécoise unique de la seconde moitié du XXe siècle[2].


Cory Verbauwhede : Parlez-nous du projet derrière le site.

Louise Bienvenue : L’enquête orale qui a donné jour au site Web Mémoires de Boscoville fait partie d’une plus vaste recherche sur cette institution qui a marqué l’histoire de la justice des mineurs au Québec. En lisant les travaux historiques sur les premières institutions sociojudiciaires pour jeunes qu’étaient les écoles de réforme et la Cour des jeunes délinquants, dont plusieurs ont été signés par des membres du CHRS (Véronique Strimelle, Sylvie Ménard, Jean Trépanier, David Niget, Lucie Quevillon, Jean-Marie Fecteau, etc.), j’ai voulu savoir comment les choses avaient évolué dans l’après-guerre. J’avais croisé le nom de Boscoville dans un ouvrage dirigé par Marie-Paule Malouin, L’univers des enfants en difficulté, et ça m’avait beaucoup intriguée. Cette institution avait bousculé de bord en bord les manières de faire. Elle avait misé sur les sciences du psychisme et de la pédagogie pour réinventer la rééducation des adolescents délinquants. Dans les années 1950, mais surtout dans les trois décennies qui ont suivi, Boscoville s’est imposé comme un espace thérapeutique moderne. Ce fut un important chantier d’interprétation du phénomène délinquant en Amérique du Nord. Plusieurs visiteurs et stagiaires de l’étranger y étaient reçus, alors que les nouveaux théoriciens canadiens de la psychoéducation étaient accueillis dans les congrès spécialisés à travers le monde.

Capture d’écran du site Mémoires de Boscoville.

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Entretien avec Donald Fyson

Par Cory Verbauwhede, doctorant en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du Centre d’histoire des régulations sociales

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FYSON, Donald. Magistrats, police et société. La justice criminelle ordinaire au Québec et au Bas-Canada (1764-1837). Montréal, Les Éditions Hurtubise, 2010, 592 p.

Donald Fyson, professeur titulaire au Département des sciences historiques de l’Université Laval, est spécialiste de l’histoire du Québec aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles et notamment de l’histoire sociale, socio-juridique et sociopolitique. Il s’intéresse aux rapports entre État, droit et société, en particulier à la justice criminelle et civile, la police et l’administration locale. Il mène actuellement des recherches sur les effets juridiques et sociaux de la Conquête britannique du Québec, sur la justice pénale à Québec de 1760 à 1965, sur la peine capitale au Québec de 1760 à 1867, sur l’emprisonnement au Québec de 1760 à 1960 et sur la violence interpersonnelle au Québec/Bas-Canada. Il est membre du Centre interuniversitaire d’études québécoises et du Centre d’histoire des régulations sociales[1].


Cory Verbauwhede : Vous êtes affilié au Centre d’histoire des régulations sociales. Parlez-nous un peu de votre lien avec le centre.

Donald Fyson : Je suis progressiste et le CHRS se démarque par sa vocation à mener des recherches d’un point de vue progressiste. C’est très important à un moment où le populisme de droite gagne en importance au Québec. Même si ce mouvement politique affecte surtout la vision de l’histoire que diffusent les médias de masse et moins celle ayant cours dans les universités québécoises, l’histoire professionnelle est de plus en plus marginalisée dans l’espace public. La vision sociale et engagée du centre peut en partie contrecarrer une telle désaffectation de la recherche historique sérieuse.

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Entrevue avec Magda Fahrni

Par Cory Verbauwhede, doctorant en histoire à l’UQÀM

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Magda Fahrni est professeure régulière au département d’histoire de l’UQAM. Elle est l’une des principales spécialistes de l’histoire sociale des femmes au Canada[1].


Cory Verbauwhede : Parlez-nous de votre parcours académique et comment vous en êtes arrivée à étudier les premières inspectrices du travail du Québec.

Magda Fahrni : Mes études doctorales à l’Université York dans les années 1990 centraient autour du développement du sens de la citoyenneté sociale au lendemain de la Seconde Guerre mondiale lors de l’implantation de l’État-providence, d’abord au niveau fédéral, puis au Québec. Mon approche était assez intimiste : je focalisais sur le vécu des familles dans les années 1940 à Montréal, ainsi que les liens et tensions entre la citoyenneté et le genre. Après le doctorat, je me suis intéressée à l’histoire de la santé publique. En particulier, je me suis demandée pourquoi et comment on s’est mis à calculer les risques de la vie quotidienne. J’ai voulu comprendre l’« infrastructure du risque » qui s’est construite autour des accidents, notamment des accidents du travail, même dans le domaine souvent non-rémunéré du travail des femmes et des enfants. Je me suis attardée à ses experts émergents – fonctionnaires, réformateurs, médecins, juristes, comptables, actuaires, assureurs, etc. – et c’est ce qui m’a menée aux inspectrices du travail sous la première loi de cette nouvelle ère du risque, l’Acte des manufactures de Québec de 1885, dont le titre long est Acte pour protéger la vie et la santé des personnes employées dans les manufactures.

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Entrevue avec Cory Verbauwhede

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Cory Verbauwhede est avocat et candidat au doctorat en histoire à l’UQÀM sous la direction de Martin Petitclerc (CHRS, UQAM) et Marie-Claude Prémont (ENAP). Ses principaux intérêts de recherche sont le droit social, l’histoire du droit et l’État providence. Dans le cadre du colloque Question sociale et citoyenneté, il propose une communication intitulée « Claude Castonguay, champion du social malgré lui : réflexions sur le “welfare state moment” québécois ». Dans cette présentation, il cherche à questionner les fondements de l’État providence en problématisant le mythe du héros fondateur de l’assurance maladie québécoise[1].


Benoit Marsan : Pourquoi étudier un personnage comme Claude Castonguay?

Cory Verbauwhede : Claude Castonguay, le mal-nommé « père » de l’assurance maladie qui a inspiré le nom, à une époque très répandu, de la carte donnant droit à des services médicaux et hospitaliers universels et gratuits, la « castonguette », est un acteur tout à fait fascinant pour qui veut comprendre les complexités et ambiguïtés de l’État providence, et ce pour plusieurs raisons. Étant un immigrant au Québec, je ne l’ai « rencontré » qu’au sortir de mes études de droit, alors que mon intérêt pour le droit social m’avait amené à voir le système public de santé comme le programme le plus abouti de l’État providence québécois et canadien. L’arrêt Chaoulli c. Québec de la Cour suprême du Canada, publié en 2005 pendant l’été de ma dernière année d’études, a remis en question ce programme en ouvrant l’assurance maladie à une concurrence potentiellement fatale de la part des assureurs privés, une décision que les trois juges dissidents (sur sept!) ont comparé aux décisions réactionnaires de la Cour suprême des États-Unis cent ans plus tôt qui avaient notamment invalidé des lois établissant un nombre quotidien maximal d’heures de travail au nom de la liberté contractuelle. C’est cet arrêt tout à fait absurde en termes de droits humains qui a lancé ma croisade pour tenter de sauver l’assurance maladie universelle des puissantes forces qui le menaçaient, et en premier plan… de Claude Castonguay lui-même.

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Entrevue avec Clara Deville

Par Cory Verbauwhede, doctorant en histoire à l’UQÀM

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Clara Deville est travailleuse sociale et doctorante en sociologie à l’Université de Picardie Jules-Verne (Amiens). Ses recherches portent sur le phénomène croissant du non-recours aux droits sociaux, où malgré l’octroi de droits, leurs bénéficiaires n’en font pas usage, soit par méconnaissance, soit, le plus souvent, par choix. Ce choix découle d’une nouvelle conception des droits sociaux portée par les politiques sociales dites « d’activation » des bénéficiaires, une hybridation des politiques assistancielles et des politiques d’insertion professionnelle qui est au cœur de la nouvelle question sociale et du renouvellement de la distinction entre pauvres méritants et déméritants, des motifs historiques propres au libéralisme du XIXe siècle[1].


Cory Verbauwhede : Comment en êtes-vous arrivée à vous intéresser au phénomène du « non-recours » aux droits sociaux?

Clara Deville : Je suis travailleuse sociale depuis 2009 et dans le cadre de mon travail j’ai pu constater de près les conséquences des mesures d’individualisation des droits sociaux et d’activation des bénéficiaires telles que le revenu de solidarité active (RSA). Je suis retournée aux études afin de mieux comprendre les effets de ces politiques. Mes recherches dans le cadre de la maîtrise portaient sur des exploitants agricoles de la Gironde dont la récolte et les outils de travail avaient été détruits par la grêle. On leur proposait le RSA, mais ils n’en voulaient pas. C’est ainsi que le concept du « non-recours » s’est révélé comme un fertile champ de recherche permettant de se poser, sous de nouveaux angles, d’anciennes questions ayant trait à l’accès effectif aux droits et à la difficulté de leur mise en œuvre.

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