Par Dimitris Fasfalis

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Lui Xiaobo, défenseur des droits de l’homme et prix Nobel de la paix. Crédit : R Mendez (Flickr).

« Nul n’est prophète dans son pays » dit le proverbe biblique. Liu Xiaobo en sait quelque chose. Intellectuel dissident chinois, il a reçu le 8 octobre dernier le prix Nobel de la paix alors qu’il est emprisonné par le régime chinois pour « subversion du pouvoir de l’État ». Encensé par la presse occidentale, son combat pour les libertés en Chine pourrait remettre en question un des piliers de la mondialisation néolibérale, à savoir le « capitalisme avec des valeurs asiatiques ».

Un intellectuel engagé pour la liberté

L’homme d’abord. Celui qui répond à sa condamnation à onze ans de prison le jour de Noël 2009 : « Je suis rempli d’optimisme à l’idée qu’un jour la liberté règnera en Chine, car aucune force ne peut s’opposer au désir des hommes d’être libres. » Liu Xiaobo est né en 1955 de parents intellectuels et communistes. Il entre à l’université en 1977, enseigne dans les universités de son pays la littérature chinoise à partir de 1982, puis part enseigner à l’étranger – Oslo, New York – en 1987, avant de rentrer à Pékin au début de la révolte de Tien Anmen (1989) à laquelle il prend part.