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Catégorie : IHAF

Appui de l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF) à l’Association internationale des études québécoises (AIEQ)

Par Brigitte Caulier, présidente de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, au nom du Conseil d’administration

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À l’attention de Mme Christine Saint-Pierre, ministre
Ministère des Relations internationales et de la Francophonie

Madame la Ministre,

Depuis quelque temps, des chercheur.ses autant que des éditorialistes remettent en question la décision annoncée par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) de retrancher 52 000 $ à la maigre subvention de fonctionnement de 135 000 $ accordée à l’AIEQ, une association vouée au rayonnement de la recherche sur le Québec à l’étranger. Il s’agit d’une coupure de 40 %… alors que le gouvernement annonçait récemment avoir dégagé un surplus budgétaire significatif après quatre années au pouvoir.

De nombreux membres de l’IHAF, professeur.es, chercheur.ses et étudiant.es ont animé et animent toujours ce réseau reconnu sur la scène internationale, par leur participation à des colloques, par leur collaboration à des ouvrages collectifs, par l’enseignement, etc. Au total, ce sont près de 3 000 chercheur.ses de tout horizon qui ont cru, depuis vingt ans, en l’importance des études québécoises pour la vitalité des sciences et de la culture en général, ainsi que pour la reconnaissance du Québec en dehors de ses frontières.

Porté essentiellement par des chercheur.ses bénévoles, ce réseau de « diplomatie culturelle » remplit un mandat qui relève des responsabilités de l’État. Comme le soutient Robert Laliberté, directeur de l’AIEQ de 2000 à 2015, le MRIF « avait compris qu’il était dans son intérêt d’ajouter à son arsenal de diplomatie publique et culturelle le relais que représente un réseau d’universitaires qui connaissent bien le Québec et qui sont d’autant plus crédibles […] qu’ils sont indépendants du gouvernement. » (Le Devoir, 17 février 2018)

Le conseil d’administration de l’IHAF s’est prononcé en faveur des démarches entreprises par l’AIEQ pour assurer sa survie. Nous demandons au gouvernement, à travers les crédits qui seront accordés au MRIF, de reconnaître l’importance de ce réseau de chercheur.ses et de lui accorder un financement suffisant pour en assurer la viabilité. Nous incitons également tous ceux et celles qui sont préoccupés par la qualité et le rayonnement des études québécoises à appuyer les démarches entreprises par l’AIEQ.

Nous espérons sincèrement que vous reconsidérerez la décision de votre ministère, car elle prive la relève intellectuelle du Québec d’un appui peu coûteux en réalité, mais pourtant fondamental pour son développement et son rayonnement.

Veuillez recevoir, Madame la Ministre, nos salutations distinguées,

Coupures budgétaires de Bibliothèque et Archives nationales du Québec : lettre ouverte de l’Institut d’Histoire de l’Amérique Française au ministre Fortin

Par Martin Pâquet et Karine Hébert, président et vice-présidente de l’Institut d’histoire de l’Amérique française

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Montréal, 19 juin 2017
À l’attention de M. Luc Fortin,
Ministre de la Culture et des Communications,

M. le Ministre Fortin,

Nous vous écrivons aujourd’hui en réaction à un article paru le 9 juin dans les pages du quotidien Le Devoir, lequel détaille les nouvelles contraintes budgétaires auxquelles est soumis Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Il y est notamment fait mention d’une réduction des budgets alloués à BAnQ qui entraînera l’abolition de nombreux postes, en plus de compromettre des activités de numérisation déjà entamées. À ces mesures de réduction financières s’ajoute une augmentation des frais de système, notamment ceux associés à la location des espaces occupés par l’institution. Un manque à gagner de près de 9% en résulterait. Cette décision inattendue ne manque pas d’étonner. En effet, BAnQ jouit ces dernières années d’une popularité et d’une fréquentation croissante, ce qui justifie à tout le moins le maintien des budgets de fonctionnement, sinon leur bonification.

Pour répondre à ces nouvelles contraintes, la direction de BAnQ a privilégié trois avenues. La première est celle de la réorganisation de son organigramme de direction. Nous ne nous prononcerons pas sur celle-ci. Par contre, comme historiennes et historiens, nous sommes particulièrement préoccupés par les deux autres avenues retenues : abolir 29 postes permanents (dont 4 vacants qui ne seront pas comblés) et suspendre les activités de numérisation. Ces deux dernières mesures auront, il n’y a pas à en douter, un effet direct sur l’accessibilité aux archives québécoises. Il y a raison de s’attendre à ce que ces coupures, à terme, affectent également les autres services de BAnQ, tant les services des salles de consultation et de recherche que le traitement et la numérisation de la collection patrimoniale. Est-il besoin d’ajouter que BAnQ abrite des collections archivistiques et imprimées inestimables, et que leur accessibilité et leur conservation sont des conditions nécessaires à la poursuite de la recherche historique sur le Québec ?

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Avis de l’Institut d’histoire de l’Amérique française dans le cadre de la consultation pour le renforcement de l’enseignement de l’histoire nationale au primaire et au secondaire

Par Harold Bérubé, professeur au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke et président du conseil d’administration de l’IHAF, pour l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF)[1]

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Un avis qui s’inscrit dans la continuité

C’est avec intérêt que le Conseil d’administration (CA) de l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF) a continué à suivre les débats entourant la réforme du programme d’enseignement de l’histoire au secondaire, étant déjà intervenu à deux reprises pour faire connaître sa position sur la question. Dans un avis transmis au ministère de l’Éducation du Québec en 2006, le CA s’était prononcé sur la version révisée du programme Histoire et éducation à la citoyenneté destiné aux élèves du 2e cycle du secondaire[2]. Il soulignait la présence d’un certain nombre de problèmes importants :

  • la structure même du programme, qui imposait une approche chronologique en première année et une approche thématique lors de la deuxième;
  • la périodisation utilisée, qui était inconsistante d’une année à l’autre, mais parfois également au sein d’un même module (par exemple, un module consacré à des questions socioéconomiques était structuré selon des événements politiques);
  • l’absence d’un inventaire des connaissances historiques que devraient acquérir les élèves;
  • la marginalisation des autochtones dans le programme;
  • une dimension comparative qui, si elle est la bienvenue, n’était pas axée sur les pôles de comparaison les plus pertinents;
  • la marginalisation des éléments qui caractérisent et singularisent l’histoire du Québec à l’échelle occidentale, ainsi que les aspects plus conflictuels de cette histoire.

Dans un second avis transmis au ministère de l’Éducation en 2009, le CA saluait certaines des révisions apportées au programme, mais notait la persistance de failles déjà évoquées dans le premier avis, à savoir le maintien d’une structure chronologique/thématique, ainsi que le flou concernant les connaissances que doivent acquérir les élèves et leur évaluation[3]. Dans ce deuxième avis, le CA insistait également plus nettement sur la tendance présentiste du programme et sur l’instrumentalisation de l’histoire qui en découlait, instrumentalisation qui était renforcée par l’importance accordée à l’exercice de la citoyenneté comme finalité pédagogique.

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