Par Javier Buenrostro, candidat au doctorat d’études politiques à l’EHESS

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Crédit : Mario Acosta Garcia (Flickr).

En 2000, le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), parti qui a gouverné le Mexique pendant 70 ans, a perdu le pouvoir au profit de la droite, concédant la présidence à Vincente Fox du Parti de l’Action Nationale (PAN). L’alternance démocratique devait mettre fin à un type de régime que l’écrivain Mario Vargas Llosa avait qualifié de « dictature parfaite ». Somme toute, cette transition n’a pas réellement amélioré la vie des gens, ni même celle des institutions, le Mexique conservant certaines caractéristiques d’un État policier. La corruption et l’impunité continuent d’être monnaie courante et le crime organisé n’aspire plus seulement à monopoliser le trafic de la drogue, mais il poursuit désormais l’objectif de prendre le pouvoir local – soit de mettre la main sur les municipalités et leurs ressources financières et s’accaparer la richesse locale à travers l’imposition forcée. Selon Guillermo Trejo, à Michoacán, par exemple, le crime organisé s’est approprié 30 % du budget annuel des travaux publics des municipalités, exigeant que les contrats des œuvres publiques soient attribués à des promoteurs sous son contrôle, et a détourné 20 % des salaires de l’administration locale. L’État de Guerrero, voisin de celui de Michoacán, vit une situation similaire. C’est donc dans un contexte de violence endémique lié à l’infiltration de l’État par les groupes criminalisés qu’ont eu lieu les dramatiques événements de septembre dernier menant à la disparition de 43 étudiants de la Normale de Ayotzinapa, Guerrero.

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