Par Jocelyn Létourneau, Université Laval, boursier Collégium de Lyon et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et économie politique du Québec contemporain[1]

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je-me-souviens_couv2-v1[1]Qui fut le premier premier ministre du Québec? En quelle année la grève de l’amiante a-t-elle eu lieu? Quel est l’évènement phare de la Révolution tranquille? Voilà trois questions auxquelles très peu de jeunes savent répondre correctement. Sur cette base, nombreux sont les observateurs qui diagnostiquent, à propos de la jeunesse contemporaine, un déficit majeur de connaissances historiques, voire un désintérêt marqué envers le passé.

S’il est faux d’affirmer que les jeunes sont indifférents à ce qui fut, il est vrai de dire que le stock de connaissances historiques qu’ils maîtrisent, sauf pour quelques-uns d’entre eux, est mince plutôt que large. En revanche, cela ne signifie pas qu’ils ne disposent pas de visions du passé qui, puissantes dans leur simplicité, les aident à s’approprier l’histoire aux fins de construire du sens qui leur soit utile dans la vie.

On pourrait dire les choses autrement : les jeunes savent sans connaître ; ils ont une vision forte de ce qui fut à défaut d’avoir une connaissance pleine de ce qui a été. Comment sait-on cela?

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