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Là où le présent rencontre le passé

Catégorie : Marc-André Robert

L’ultime plaidoyer du professeur Létourneau pour le maintien de la réforme. Réflexion méthodologique autour de l’essai « Je me souviens ?: le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse » (Fides, 2014)

Par Marc-André Robert, Université Laval

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L'ouvrage du professeur Jocelyn Létourneau est paru chez Fides en 2014.

L’ouvrage du professeur Jocelyn Létourneau est paru chez Fides en 2014.

La parution récente de l’essai Je me souviens ? Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse (Fides, 2014), du chercheur Jocelyn Létourneau, professeur au département des sciences historiques de l’Université Laval, était bienvenue. En effet, en tant qu’historien engagé et soucieux de la transmission de l’histoire québécoise, pouvais-je me désoler d’un ouvrage ayant pour objectif de dresser le portrait des connaissances (ou compétences) historiques de la jeunesse québécoise, aux différents niveaux scolaires (secondaire, collégial et universitaire). Létourneau a ainsi entrepris, à partir de 2003, de sonder la « conscience historique » des jeunes Québécois à partir d’une enquête par sondage distribuée dans les écoles du Québec. Sur une période de dix ans, il a recueilli plus de 3400 locutions écrites par des jeunes de différents niveaux académiques et de différentes régions du Québec.

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Louis Cyr, ou le pari de l’histoire. Compte-rendu du film « Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde » (2013) du réalisateur Daniel Roby

Par Marc-André Robert, candidat au doctorat en histoire à l’Université Laval[1]

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Plusieurs critiques l’ont souligné, Louis Cyr: l’homme le plus fort du monde prend l’affiche au grand écran à un moment tout désigné où, ironiquement, le cinéma québécois a grand besoin d’être soulevé, d’être sauvé[2]. Les piètres recettes des productions québécoises lors des deux dernières années ne laissaient planer aucun doute; l’espoir suscité par cette sortie tant attendue se voulait à la hauteur de la légende qu’incarne Louis Cyr dans notre histoire. Double pari donc que celui de convaincre le public de préférer une (méga)production québécoise à la horde de blockbusters fraîchement sortis d’Hollywood (et pendant la saison estivale, rien de moins!) et de rendre justice à la mémoire de cet homme fort, de ce héros canadien-français. À la lumière des éloges qui ne cessent de l’accueillir[3] ainsi que de sa deuxième place au box-office pour l’ensemble du weekend de sa sortie (389 198 dollars), devancé à peine par la comédie américaine Grown Ups 2 (466 060 dollars)[4], on peut certainement féliciter ce pari (risqué) somme toute réussi. Du moins jusqu’à maintenant.

Louis Cyr et Horace Barré, respectivement interprétés par Antoine Bertrard et Guillaume Cyr. Cliquez ici pour visualiser la bande-annonce du film.

Louis Cyr et Horace Barré, respectivement interprétés par Antoine Bertrand et Guillaume Cyr. Cliquez ici pour visualiser la bande-annonce du film.

 

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Les frasques de la mémoire

Par Marc-André Robert, candidat au doctorat en histoire à l’Université Laval

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Archives de l’Office du film du Québec. Les funérailles de Lionel Groulx.

Voilà bientôt trois ans. Ça se passait le 15 mars 2009 sur notre petit écran, à l’antenne de Radio-Canada. Le ministre fédéral du Patrimoine James Moore, qui avait – étonnamment! – accepté l’invitation de l’équipe de Tout le monde en parle (connaissant la hantise des Conservateurs pour le culte talk-show du dimanche soir québécois…), créait un véritable malaise national en révélant, dans un élan de générosité un peu trop candide, sa totale ignorance vis-à-vis la chose culturelle « d’ici et de là », pour reprendre le titre du questionnaire de l’animateur Guy A. Lepage. Incapable d’identifier, entre autres, le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, le chanteur et poète Félix Leclerc, le metteur en scène et créateur Robert Lepage, pas plus que le cinéaste canadien Atom Egoyan.Je le disais, un malaise national. Pourquoi évoquer, ici, ce moment politico-culturel honteux? D’abord parce que la mémoire est une faculté qui oublie, au contraire de l’histoire. Mais surtout pour démontrer, d’entrée de jeu, une triste réalité. Celle de la subordination du culturel à l’économie, pour ne pas dire à l’ensemble des autres grands secteurs de la vie en société. Rassurons-nous (?), cette réalité ne touche pas que le ROC (Rest of Canada).

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Vivement la  »parlure » du cinéma québécois! Réplique au professeur Paul Warren

Par Marc-André Robert, candidat au doctorat en histoire à l’Université Laval

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Dans une lettre parue dans les pages du quotidien Le Devoir le 19 octobre dernier, le professeur, auteur et critique de cinéma Paul Warren déplore l’omniprésence de la « parlure joualée et sans avenir » des Québécois dans leur cinéma. Véritable « cul-de-sac » selon lui, ce mauvais français, projeté à l’écran, aurait pour effet non seulement de miner la reconnaissance de notre cinéma à l’extérieur du Québec, mais d’en freiner même le rayonnement en ne cherchant qu’à offrir à son public québécois « pure-laine » une courte immersion dans sa propre québécitude.

Je dois avouer au professeur Warren que j’ai du mal à saisir sa pensée. Qu’il en ait globalement contre le joual québécois, dans les films ou ailleurs, c’est un point de vue qui en vaut bien d’autres. Mais qu’il associe le joual québécois de notre cinématographie à un soi-disant repli de notre culture sur elle-même, voire à son manque d’ouverture face 1) à nos immigrants et 2) aux autres nations du monde, il y a tout un pas que je ne suis pas prêt à franchir de sitôt. Le problème que soulève M. Warren a deux volets.

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