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Catégorie : Serge Gaudreau

L’unicité des Jeux olympiques : une perspective sportive

Par Serge Gaudreau, chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke

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Pourquoi s’intéresse-t-on autant aux Jeux olympiques ? La question revient inévitablement tous les quatre ans, ou plutôt tous les deux ans depuis que la formule de l’alternance entre Jeux d’été et Jeux d’hiver a été adoptée au début des années 1990.

La diversité des réponses reflète les multiples facettes du phénomène. Pour les uns, plus curieux que passionnés, le faste de l’événement en constitue l’attrait principal. L’impressionnante logistique l’entourant – coûts, participation, envergure des sites de compétition, etc. – frappe l’imaginaire, même de ceux qui s’intéressent peu au sport. La magnitude et l’omniprésence médiatique des Jeux les rendent même incontournables pour ceux qui cherchent à les ignorer ou qui considèrent ce déploiement pompeux comme une distraction futile et coûteuse.

Il va de soi que, pour d’autres, l’enjeu sportif prédomine, la perspective de voir les meilleurs à l’œuvre dans un contexte compétitif poussé à son paroxysme. L’athlète est au cœur de tout, par la dimension humaine de son parcours certes – ce dont les médias font le point focal de leurs reportages –, mais surtout par la performance qu’il va livrer. À leurs yeux, les olympiques sont d’abord et essentiellement une célébration sportive, une sélection à la carte originale dont la diversité et le niveau n’a pas d’équivalent.

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La saga des héritiers de Louis Cyr

Par Serge Gaudreau, historien

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Introduction

Louis Cyr. Image tirée de l'ouvrage Les rois de la Force d'Edmond Desbonnet, p. 465.

Louis Cyr. Image tirée de l’ouvrage Les rois de la Force d’Edmond Desbonnet, p. 465.

Il y a un peu plus d’un siècle, le 10 novembre 1912, Louis Cyr s’éteignait. La mort de celui qui, à son apogée, était considéré comme l’homme le plus fort au monde, survient au cœur d’une période creuse pour les concours d’haltérophilie qui peinent à intéresser le public. Loin de ranimer la ferveur, la rivalité entre ceux qui se proclament ses héritiers contribue au contraire à accélérer la disparition de cette fragile tradition qui se confirme au cours des années 1920[1].

Une petite page d’histoire se tourne au cours de l’année 1900 alors que le célèbre Louis Cyr annonce publiquement qu’il renonce à son titre de champion du monde des hommes forts pour le céder à son ami et compagnon de tournée, Horace Barré[2].

Champion du monde des hommes forts ! Le titre paraît prétentieux. Pourtant, Cyr le revendique avec une légitimité qui est reconnue non seulement dans le pays où il a vu le jour, le 10 août 1863, mais également aux États-Unis et en Angleterre où il a eu la chance de faire la démonstration de sa puissance[3].

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