Par Andrea Eidinger, Ph.D., University of British Columbia et rédactrice de Unwritten Histories

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Traduction : Catherine Larochelle et Mathieu Arsenault, HistoireEnagagée.ca

L’autrice remercie Maddie Knickerbocker, Leah Wiener, Sean Carleton, Stephanie Pettigrew et, surtout, Melissa Shaw, pour leur aide. Un merci tout spécial à Ariel Gordon des Presses de l’Université du Manitoba de m’avoir offert l’opportunité de produire ce compte-rendu.


Il y a quelques mois, lorsque les Presses de l’Université du Manitoba m’ont demandé de faire une recension de la nouvelle édition du livre de John S. Milloy, A National Crime : The Canadian Government and the Residential School System, 1879 to 1986, j’ai d’abord hésité. Non seulement je ne suis pas spécialiste de ce domaine, mais je me demandais s’il était vraiment nécessaire d’avoir un énième compte-rendu par une historienne non-Autochtone d’un livre sur l’histoire autochtone du Canada écrit par un historien non-Autochtone. Cette question n’est pas résolue, mais à la lecture du livre, il m’est tout de même venu plusieurs réflexions que je voudrais partager.

Petite mise en garde. Ceci n’est pas un compte-rendu traditionnel. Quoique j’ai littéralement écrit un guide sur la façon de rédiger des comptes-rendus, il m’est apparu plus juste d’offrir les réflexions et questionnements qui me sont venus à la lecture de ce livre qui a d’ailleurs déjà fait l’objet de plusieurs recensions.

Publié à l’origine en 1999, A National Crime a été l’une des premières études approfondies sur le système canadien des pensionnats autochtones et sur le rôle joué par le gouvernement canadien dans l’établissement et la gestion de ces pensionnats des années 1880 aux années 1980[i]. Le livre est basé presque exclusivement sur l’analyse historique des archives gouvernementales et religieuses. Milloy a utilisé les archives de Bibliothèque et Archives Canada (alors les Archives nationales du Canada), celles des Églises presbytériennes, anglicanes et unies, la collection Deschâtelets des Oblats de Marie-Immaculée ainsi qu’une grande variété de plus petits centres d’archives privées disséminées partout au pays. Parmi les documents que l’auteur a consultés se trouvent les dossiers du Département des Affaires indiennes qui étaient inaccessibles au grand public à l’époque (et je crois que c’est toujours le cas). L’accès à ces sources a été facilité par le fait que Milloy a travaillé pour le compte de la Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA), malgré qu’il était à l’époque historien et professeur. Le livre est issu des recherches qu’il a menées dans le cadre de la CRPA.

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