Par Caroline Ramirez, doctorante au département de Géographie de l’Université d’Ottawa, et Anne Gilbert, professeure au département de Géographie de l’Université d’Ottawa

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Introduction

Étude de la mobilisation contre la rénovation urbaine de la Basse-Ville Est

Avec l’approbation du projet de rénovation de la Basse-Ville Est par le Conseil de la Ville d’Ottawa le 21 mars 1966, s’amorça dans le cœur francophone de la capitale une ère de transformations majeures. Le quartier fut en grande partie rasé et, du fait du retard dans la reconstruction et de la désorganisation de la Ville dans le relogement des habitants, la population se déplaça en grand nombre vers d’autres quartiers ottaviens ou traversa la rivière des Outaouais pour rejoindre Hull et Gatineau, du côté québécois. Les institutions autour desquelles s’articulait la vie communautaire furent pour certaines démembrées, les autres déplacées et isolées par un réaménagement routier qui fit de ce lieu de la vie française à Ottawa une zone de passage plutôt qu’un point d’ancrage de la communauté.

Les oppositions au projet furent pourtant nombreuses. Un mouvement de citoyens pour la défense du quartier s’organisa ainsi à partir de 1969, près de trois ans après le début de la rénovation. Appuyé au départ par les autorités municipales qui devaient s’assurer de mécanismes pour faire le lien avec les résidents du quartier, il s’en distança progressivement pour devenir leur porte-parole et agir comme le défenseur de leurs droits. Ses appels à la préservation de l’esprit du quartier et à la défense de son patrimoine sont évocateurs d’une prise de conscience par les francophones du rôle joué par la configuration du cadre de vie sur la cohésion communautaire.

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