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Là où le présent rencontre le passé

Catégorie : Christine Chevalier-Caron (Page 1 sur 2)

Femmes et/en histoire : savoirs et combats

Par Christine Chevalier-Caron et Adèle Clapperton-Richard,  candidates au doctorat et à la maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Andrée Lévesque, historienne et professeure émérite de l’Université McGill, Micheline Dumont, historienne et professeure émérite de l’Univeristé de Sherbrooke) et Magda Fahrni, historienne et professeure  à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Cette table-ronde, qui s’est tenue à  la librairie Zone Libre le jeudi 8 mars 2018, dans le cadre de la Journée internationale des femmes, a réuni Christine Chevalier-Caron, candidate au doctorat en histoire à l’UQAM et coordinatrice au Groupe de recherche Histoire, femmes, genre et migrations, Adèle Clapperton-Richard, candidate à la maîtrise en histoire à l’UQAM, Micheline Dumont, historienne et professeure émérite de l’Université de Sherbrooke et Andrée Lévesque, historienne et professeure émérite de l’Université McGill. La discussion a été animée par Magda Fahrni, historienne et professeure en histoire à l’UQAM.

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Chronique éditoriale 3. L’histoire engagée comme lutte contre l’invisibilisation

Par Christine Chevalier-Caron, candidate au doctorat en histoire à l’UQAM, et membre du comité éditorial d’HistoireEngagée.ca, et Pascal Scallon-Chouinard, membre du comité éditorial d’HistoireEngagée.ca

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Crédit : Daniel Chodusov (Flickr).

Avec la nouvelle année déjà bien amorcée, l’occasion est belle de proposer à nos lecteurs et à nos lectrices une troisième chronique éditoriale et une rétrospective des publications des derniers mois à HistoireEngagee.ca.

Dans un article paru récemment sur le site Affaires universitaires, l’historien Thomas Peace rappelait que le site ActiveHistory.ca, le « grand frère » anglophone d’HistoireEngagee.ca, avait été lancé « à une époque où on avait visiblement grand besoin de l’avis des spécialistes de l’histoire publique, mais qu’on les consultait rarement. » Hors de l’enceinte universitaire, l’histoire peut en effet s’avérer un formidable outil d’analyse et de compréhension des réalités sociales, culturelles, économiques et politiques contemporaines. Approcher les débats et les enjeux actuels avec une perspective historique permet bien souvent de s’offrir le recul nécessaire à leur compréhension et à leur contextualisation.

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Fausses nouvelles, altérité et manifestations du racisme

Par Christine Chevalier-Caron, candidate au doctorat en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)[1]

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Le 12 décembre dernier, TVA Nouvelles diffusait un regrettable reportage de Marie-Pier Cloutier qui allait provoquer un important tollé. La journaliste y affirmait faussement que les dirigeants de deux mosquées voisines de Côte-des-Neiges, autour desquels sont actuellement effectués des travaux, auraient passé un accord avec l’entrepreneur afin que les femmes travaillant sur le chantier en soient exclues le vendredi après-midi, moment lors duquel se tient la grande prière. En réaction à cette « nouvelle », les réponses ont été multiples : certains individus ont vivement et injustement critiqué les responsables de la mosquée, et, plus largement, les Musulmans.es; d’autres ont fait preuve de scepticisme en réclamant des preuves tangibles à la journaliste. En dépit du fait que Marie-Pier Cloutier a soutenu avoir en sa possession une preuve écrite « noir sur blanc », le caractère frauduleux de ses allégations, rapidement dénoncé par les dirigeants des Mosquées concernées, a été rapidement révélé au grand jour, et la « nouvelle » a été classée au rang des Fake News. Une fois la lumière faite sur cette affaire, TVA a finalement retiré ce reportage mensonger de sa plate-forme, et l’a remplacé par un timide message d’excuse dans lequel le média se justifiait en évoquant que les versions des témoins de cet « événement » avaient changé en court de route. Malgré les preuves évidentes de la supercherie du reportage, certaines personnes persistent à y croire : le vendredi 15 décembre, quelques dizaines d’individus.es se sont présentés.es aux abords des mosquées ciblées par le reportage afin de dénoncer une situation dont leur imagination fort probablement imprégnée d’islamophobie n’acceptait pas de reconnaître comme fausse.

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Femmes et éducation au Maroc à l’époque coloniale (1912-1956)

Christine Chevalier-Caron, candidate au doctorat en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), membre du groupe de recherche Histoire, femme, genre et migrations et membre du comité éditorial d’HistoireEngagee.ca

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Lalla Aïcha en 1947.

Résumé

L’histoire du Maroc contemporain a été marquée par la mise en place du Protectorat français (1912-1956) dont le principal objectif était la modernisation le Royaume chérifien. L’édification d’un système scolaire, en partie calqué sur celui de la métropole, élitiste, laïque, et principalement réservé aux garçons, s’est avérée être l’un des moyens pris par le Protectorat pour réaliser ses objectifs. Voulant former les futurs cadres du pays, des écoles pour garçons marocains, dites « écoles indigènes », ont été fondées dès 1912. Il fallut attendre les années 1930, décennie marquée par l’émergence de mouvements sociaux qui allaient devenir des organisations de libération nationale, pour que deux écoles pour jeunes musulmanes soient fondées. Face à l’absence d’institutions scolaires pour les Marocaines musulmanes, des membres de la communauté musulmane ont pris l’initiative d’établir des lieux, souvent clandestins, d’enseignement pour les fillettes. Dans cet article, nous nous intéresserons aux revendications d’ordre scolaire définies par les militants-es anticolonialistes du Maroc, et plus particulièrement aux discours et aux réalisations des premières femmes ayant pris la parole dans l’espace public afin de promouvoir l’éducation des filles.

Mots-clés

Maroc; colonialisme; anticolonialisme; éducation; éducation coloniale; Islam; Nahda; Malika el Fassi; Lalla Aïcha; Quaraouiyne

Introduction

À l’occasion de l’Exposition coloniale tenue à Paris en 1931, la Direction générale de l’instruction publique (DGIP), organe gouvernemental du Protectorat français dans l’Empire chérifien, était invitée à publier un ouvrage historique au sujet de ses activités et de ses « accomplissements ». À travers celui-ci, les tenants-es de la DGIP faisaient les bilans des actions qu’elle avait posées au Maroc depuis une vingtaine d’années en matière d’instruction publique. Peignant le portrait, non pas du système scolaire, mais des systèmes scolaires fondés sur des critères raciaux, confessionnels, et genrés qu’elle avait mis en place, cette publication décrit l’éducation destinée aux musulmanes comme étant une préoccupation et un champ d’intervention en plein développement. Ce discours détonnait de la réalité. L’accès à ces institutions scolaires a été très limité pour les jeunes musulmanes : les écoles étaient peu nombreuses et les modalités d’obtention d’un certificat d’études primaires étaient complexes. Face à cette situation, les tenants-es des mouvements nationalistes et anticoloniaux ont entrepris la création d’institutions scolaires – nommées Écoles libres – permettant la scolarisation de jeunes Marocaines. Dans cet article, nous allons nous intéresser aux développements de lieux d’instructions destinés aux Marocaines de confession musulmane pendant la période coloniale (1912 à 1956), puis démontrer comment les premières Marocaines les ayant fréquentés se sont impliquées dans un mouvement, fortement influencé par le discours nationaliste marocain, en faveur d’une plus grande accessibilité des femmes à l’éducation.

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« La guerre du Cameroun : l’invention de la Françafrique (1948-1971) » : recension

Par Christine Chevalier-Caron, doctorante en histoire à l’UQÀM

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À l’occasion d’une tournée africaine amorcée le 1er juillet 2015, le Président français François Hollande prononçait, au côté de son homologue camerounais Paul Biya, un discours dans lequel il affirmait que : « la France regarde toujours avec lucidité son passé pour mieux préparer l’avenir, et c’est ce que nous avons fait »[1]. Suite à une telle déclaration, il aurait été légitime de croire que François Hollande allait jeter un regard franc sur l’histoire coloniale française au Cameroun en admettant qu’elle et ses troupes africaines avaient mené une guerre à l’endroit des populations camerounaises au courant des décennies 1950 et 1960. Pourtant, lorsque le journaliste Séverin Tchounkeu a initié la période de questions en lui demandant si la France allait procéder à une démarche semblable à celle faite quant à l’histoire coloniale de l’Algérie, c’est-à-dire reconnaitre qu’il ne s’agit pas simplement d’évènements, mais d’une véritable guerre, et procéder à un déclassement de documents, François Hollande s’est contenté de répondre :

Sur la question de l’histoire, c’est vrai […[ qu’il y a eu des épisodes extrêmement tourmentés et tragiques même, puisqu’après l’indépendance il y a eu une répression en Sanaga-Maritime, en pays Bamiléké. Et nous sommes, comme je l’ai fait partout, ouverts pour que les livres d’histoire puissent être ouverts et les archives aussi[2].

L’historiographie de la décolonisation du Cameroun sous tutelle française fournit une tout autre image de ce que serait une histoire – pour reprendre les mots du Président Hollande – « lucide ». Dans l’ouvrage La guerre du Cameroun : l’invention de la Françafrique paru en 2016, Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa s’appuient sur des témoignages recueillis lors d’enquêtes de terrain, de mémoires d’anciens administrateurs et militaires, de recherches en archives et de monographies pour démontrer qu’au Cameroun a eu lieu une terrible guerre contre-subversive marquée par d’innombrables violences commises par la France, avant comme après l’indépendance, afin de conserver un contrôle total sur les populations, le territoire, ainsi que sur les appareils étatique et militaire.

Nous vous proposons une recension de ce riche ouvrage qui participe au renouvellement de l’historiographie, en plus de faire la lumière sur une période historique dont l’héritage est toujours bien palpable au Cameroun et dans les relations franco-camerounaises. Dans un premier temps, nous nous intéresserons au contexte de publication, ce qui nous permettra ensuite de voir comment les auteurs démontrent que le Cameroun a été le terrain d’une importante guerre comparable à celle qui s’est déroulée en Algérie de 1954 à 1962. Nous rendrons compte, dans un second temps, d’une partie des propos des auteurs quant à la répression politique qui a contribué à l’intensification de la guerre et à la mise en place de la Françafrique.

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