Par Sandra Dubé, étudiante à la maîtrise en histoire appliquée à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et assistante de recherche au Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS)

Version PDF
Photographie d’une affiche « Now Jews allowed », St-Faustin, Laurentides, Rapport sur l’antisémitisme au Québec, Archives du Congrès juif canadien, za 1939 boite 2, dossier 18.

Photographie d’une affiche « No Jews allowed », St-Faustin, Laurentides, Rapport sur l’antisémitisme au Québec, Archives du Congrès juif canadien, 1939 boite 2, dossier 18.

C’est connu, l’immigration est un phénomène suscitant parfois des réactions négatives, allant de l’inconfort à l’hostilité avouée de la part de certains membres de la société d’accueil, notamment en ce qui a trait à certaines valeurs et pratiques culturelles que les nouveaux arrivants apportent avec eux. La venue d’un important contingent d’immigrants du Maghreb au Québec ces dernières décennies n’est pas étrangère à cette conjoncture. Ce malaise se reflète dans certaines des réactions autour du débat actuel sur la « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement », anciennement connue comme la Charte des valeurs québécoises. Si la charte, et les réactions qui l’entourent s’inscrivent dans des préoccupations immédiates et futures, on laisse, à mon avis, l’histoire en filigrane de ces débats. Je ne discuterai pas du contenu même de la charte ni même de questions philosophiques ou sociologiques qui l’accompagnent; beaucoup l’ont déjà fait, et le feront encore. Je souhaite plutôt traiter, dans ce court texte, de certaines réactions autour de la charte, et des craintes qu’elle soulève, et le ferai en éclairant un pan de l’histoire de l’immigration au Canada et au Québec, la période de la Deuxième Guerre mondiale, et traiter des réactions face aux réfugiés juifs fuyant les persécutions nazies pour immigrer au Canada.

Lire la suite