Lettre publique rédigée par Martin Pâquet, président de l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF), Karine Hébert, professeure à l’UQAR et vice-présidente de l’IHAF, et Sophie Imbeault, historienne et membre de l’IHAF, puis appuyée par 645 signataires individuels et 21 organismes (en date du 10 juin 2016)

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Une institution muséale publique sans service de recherche et dont les archives sont inaccessibles aux chercheurs peut-elle encore se targuer d’être un musée? Ne devient-elle pas un simple entrepôt avec des collections qui, bien que remarquables, auront tôt fait de tomber dans l’oubli, ne trouvant plus personne pour les interpréter et les mettre en valeur?

Ces questions se posent alors que les Musées de la civilisation de Québec (MCQ) ont procédé, le 1er avril, au démantèlement complet de leur service de la recherche et s’apprêtent, le 23 juin prochain, à fermer la salle de consultation de leurs archives. Dans ce dernier cas, les MCQ affirment que cette fermeture est provisoire, sans indiquer de date de réouverture éventuelle.

Un mandat clair et explicite

La Loi sur les Musées nationaux (LQ, c. M-44) est claire : elle accorde aux MCQ trois fonctions principales: «faire connaître l’histoire et les diverses composantes de notre civilisation […]; assurer la conservation et la mise en valeur de la collection ethnographique et des autres collections représentatives de notre civilisation; assurer une présence du Québec dans le réseau international des manifestations muséologiques par des acquisitions, des expositions et d’autres activités d’animation».