HistoireEngagée.ca

Là où le présent rencontre le passé

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Du nouveau à Histoireengagée.ca!

Par le Comité éditorial

L’équipe d’histoireengagée.ca est heureuse de vous annoncer l’arrivée de trois nouveaux membres sur le comité de rédaction de la revue. Nous désirons donc souhaiter la bienvenue à Mazarine Lainé, Amadou Ghouenzen Mfondi et Susanne Commend, et vous les présenter. La diversité de leurs expériences et de leurs compétences respectives enrichira assurément le contenu de notre plate-forme!

Candidate à la maitrise en service social à l’Université d’Ottawa, Mazarine Lainé travaille présentement sur un mémoire portant sur les violences envers les femmes autochtones en contexte québécois. Détentrice d’un baccalauréat en criminologie complété à la même université, elle analyse les réalités contemporaines en réinterrogeant le passé selon une posture féministe postcoloniale, intersectionnelle et antiraciste. Elle s’intéresse également aux représentations des subalternes dans les récits historiques dominants. Elle occupe présentement le poste de coordonnatrice au sein du Collectif de recherche sur les migrations et le racisme (COMIR) à l’Université d’Ottawa. Elle est aussi membre du Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) à l’Université d’Ottawa et du Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

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Doudou Boicel, le FestiJazz et la scène jazz montréalaise

Affiche du FestiJazz 1978

Affiche du FestiJazz 1978

Le 23 février dernier, le centre culturel Never Apart à Montréal présentait une entrevue en direct avec l’une des figures légendaires de la scène jazz montréalaise, Doudou Boicel. Guyanais d’origine, arrivé à Montréal en 1970, Boicel devient rapidement un acteur majeur de la culture noire dans la métropole, tant au niveau de la vitalité de sa scène musicale en général que pour ce qui est de la création de plusieurs points de référence : il mettra sur pied le club Rising Sun en 1975 et trois ans plus tard, en 1978, sera à l’origine d’un festival de jazz qui préfigurera, voire jettera les bases de celui qu’on connaît aujourd’hui. Témoin privilégié des rapports de pouvoir racialisés qui traversent et structurent la culture et ses institutions, et en même temps pilier incontournable d’une constellation diasporique de musicien-e-s noir-e-s qui viennent se produire chez lui et desquel-le-s il se lie d’amitié, Boicel revient sur son parcours et du même souffle sur celui de la scène jazz à Montréal.

L’entrevue est réalisée par le collectif Échantillons, un projet d’écoute critique et de contextualisation des esthétiques africaines et afro-diasporiques dans les différents rapports de pouvoir qui s’imbriquent selon les contextes.

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Entretien avec Henrique Carneiro*

Propos recueillis par Caroline Robert

Henrique Carneiro est professeur d’histoire moderne à l’Université de São Paolo au Brésil. Ses recherches portent sur l’histoire de l’alimentation, des boissons et des drogues. Nous l’avons rencontré durant son séjour de recherche au Québec à l’automne 2017.

Caroline Robert : Parlez-nous un peu de votre parcours académique.

Henrique Carneiro : J’ai entrepris mon parcours universitaire en histoire vers la fin de la dictature au Brésil. À cette époque, il y avait beaucoup de répression politique, surtout dirigée vers les jeunes et la consommation illicite de drogues. La question du cannabis, qui était la drogue la plus consommée et la plus distribuée au pays, était particulièrement importante. Ainsi, dès le début de mes études, j’ai voulu comprendre la genèse de la prohibition du cannabis. Je me suis demandé pourquoi une plante si inoffensive faisait l’objet d’un tel dispositif répressif, tant policier que judiciaire. D’un autre côté, il y avait des substances bien plus dangereuses pour la santé publique, telles que l’alcool et le tabac, qui avaient pourtant un statut tout à fait licite. Suite à ces premiers questionnements, j’en suis venu à comprendre le système de distribution des drogues selon trois circuits distincts. Le premier circuit est celui de l’industrie pharmaceutique. Celle-ci produit des substances thérapeutiques, mais qui sont souvent des analogues de drogues illicites. Ensuite, il y a le circuit des substances interdites, dont font partie le cannabis, la coca et l’opium. Enfin, le troisième circuit correspond aux substances à usage récréatif, par exemple l’alcool, le tabac et la caféine.

Après avoir établi cela, j’ai commencé ma maîtrise en m’intéressant à l’histoire des drogues à l’époque moderne. J’ai porté mon attention sur Garcia Da Orta, un médecin d’origine portugaise et de confession juive, qui a vécu pendant trois décennies en Inde au XVIe siècle. Durant son séjour, il a écrit un ouvrage qui est devenu l’une des références les plus importantes en matière de drogues orientales et africaines. J’ai ensuite étudié les autres herboristes de l’époque moderne lors de mes études en France. Quant à ma thèse de doctorat, elle portait sur l’impact des nouvelles connaissances des drogues, qui ont mené à une nouvelle attitude morale de la part des Occidentaux. Ces connaissances révélaient que les Autochtones, les peuples africains et les peuples orientaux utilisaient des plantes alors inconnues des Occidentaux. Les usages qu’ils faisaient de ces plantes – je me réfère ici aux usages aphrodisiaques et hallucinogènes – étaient alors fortement désapprouvés par les Occidentaux. Il s’agissait pour moi d’un autre grand mystère que je voulais percer. Je me demandais pourquoi les hallucinogènes, qui étaient tellement importants dans les cultures amérindiennes, orientales et africaines, inspiraient l’horreur chez les Occidentaux. En fait, les substances hallucinogènes faisaient l’objet d’un grand tabou partout en Occident.

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Une pénurie d’enseignant.e.s? Des solutions existent!

Par Brigitte Caulier, présidente de l’Institution d’histoire de l’Amérique, Karine Hébert, vice-présidente et Louise Bienvenue, membre régulière

version PDF (à venir)

*Cette lettre a été publiée dans Le Devoir le mercredi 27 février 2019.

Il est temps de diversifier les voies d’accès à la profession

Ces dernières semaines, les médias d’information ont publié quantité d’articles et d’éditoriaux annonçant une pénurie de main-d’œuvre dans le monde de l’enseignement primaire et secondaire au Québec. Données à l’appui, on nous apprend que les banques de suppléant.e.s fondent à vue d’œil et que les rangs réguliers sont de plus en plus clairsemés. Les vagues de départs à la retraite chez les baby-boomers n’expliqueraient pas tout; ce déséquilibre n’a rien de temporaire si l’on en croit les Facultés d’éducation universitaires qui observent des baisses importantes d’inscriptions.

On invoque différents facteurs pour expliquer cette situation préoccupante, surtout dans la filière de l’enseignement secondaire (Radio-Canada, 25 janvier 2019). Au premier chef, le manque d’attractivité d’un métier qui a eu la vie dure ces dernières années : salaires parmi les plus bas au Canada, hausse du nombre d’élèves en difficulté dans les classes, alourdissements de tâches depuis le vent d’austérité, instabilité chronique, infrastructures scolaires en désuétude, parents peu solidaires lorsque vient le temps de valoriser l’autorité des enseignant.e.s auprès de leurs enfants, etc.

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Les congrès internationaux des écrivains et artistes noirs (1956 et 1959)

Par Adeline Darrigol, chercheuse associée au Laboratoire 3L.AM de l’Université du Maine

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Les participant.es au premier congrès de 1956.

Du 19 au 22 septembre 1956 s’est tenu à Paris le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs, sous l’initiative d’Alioune Diop, Directeur de la revue Présence Africaine[1]. C’est dans l’amphithéâtre Descartes de l’Université de la Sorbonne que s’est rassemblée une soixantaine de délégués venus d’Afrique, d’Amérique, de Madagascar et des Caraïbes. On notait la présence de personnalités telles que Richard Wright (États-Unis), Jean Price Mars (Haïti), Marcus James (Jamaïque), Jacques Rabemananjara (Madagascar), Aimé Césaire, Frantz Fanon et Édouard Glissant (Martinique), Léopold Sédar Senghor et Cheikh Anta Diop (Sénégal) ou Amadou Hampâte Bâ (Mali). Dans l’assistance, se trouvaient aussi de nombreux étudiants noirs résidant en France. La similitude de leur situation et l’identité de leur sort face à l’Occident liaient les participants. Ces points communs créaient une certaine fraternité entre eux. Dans son discours d’ouverture, Alioune Diop a affirmé : « l’événement dominant de notre histoire a été la traite des esclaves. C’est le premier lien entre nous […]. Noirs des États-Unis, des Antilles et du continent africain […], nous avons ceci d’incontestablement commun que nous descendons des mêmes ancêtres[2] ».

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