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Les congrès internationaux des écrivains et artistes noirs (1956 et 1959)

Par Adeline Darrigol, chercheuse associée au Laboratoire 3L.AM de l’Université du Maine

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Les participant.es au premier congrès de 1956.

Du 19 au 22 septembre 1956 s’est tenu à Paris le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs, sous l’initiative d’Alioune Diop, Directeur de la revue Présence Africaine[1]. C’est dans l’amphithéâtre Descartes de l’Université de la Sorbonne que s’est rassemblée une soixantaine de délégués venus d’Afrique, d’Amérique, de Madagascar et des Caraïbes. On notait la présence de personnalités telles que Richard Wright (États-Unis), Jean Price Mars (Haïti), Marcus James (Jamaïque), Jacques Rabemananjara (Madagascar), Aimé Césaire, Frantz Fanon et Édouard Glissant (Martinique), Léopold Sédar Senghor et Cheikh Anta Diop (Sénégal) ou Amadou Hampâte Bâ (Mali). Dans l’assistance, se trouvaient aussi de nombreux étudiants noirs résidant en France. La similitude de leur situation et l’identité de leur sort face à l’Occident liaient les participants. Ces points communs créaient une certaine fraternité entre eux. Dans son discours d’ouverture, Alioune Diop a affirmé : « l’événement dominant de notre histoire a été la traite des esclaves. C’est le premier lien entre nous […]. Noirs des États-Unis, des Antilles et du continent africain […], nous avons ceci d’incontestablement commun que nous descendons des mêmes ancêtres[2] ».

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Appel à candidature – Coordination du dossier thématique « Où sont les femmes ?»

Par le Comité de coordination du
dossier « Où sont les femmes ?»

HistoireEngagée.ca est une plate-forme de diffusion des savoirs et des connaissances historiques qui vise à rejoindre les milieux académiques et le grand public. Le dossier « Où sont les femmes ?» joue un rôle important dans la triple mission que se donne la revue, qui consiste en l’analyse de l’actualité dans une perspective historique, la participation active aux débats historiographiques et la valorisation des récits historiques mettant de l’avant les oubliés.es de l’histoire.

Publiant un dossier thématique permanent visant à contrer l’occultation des femmes des récits historiques depuis plus de deux ans, l’équipe d’HistoireEngagée.ca  souhaite poursuivre les débats sur l’histoire des femmes, du genre et des féminismes en abordant les défis et enjeux – épistémologiques, méthodologiques, archivistiques, institutionnels, etc. – propres à ces champs d’études. Nous croyons que ces histoires doivent être problématisées à l’aune d’enjeux liés aux rapports de pouvoir, notamment marqués par le genre, la « race » et les classes sociales.

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Appel à candidature

Par le Comité éditorial

HistoireEngagée.ca (histoireengagee.ca) est une plate-forme de diffusion des savoirs et des connaissances historiques qui vise à rejoindre les milieux académiques et la communauté civique. Ses publications sont orientées par sa triple mission qui se résume à l’analyse de l’actualité dans une perspective historique, la participation active aux débats historiographiques, et la valorisation des récits historiques mettant de l’avant les oubliés.es de l’histoire.

Ayant fortement augmenté son rythme de publication, multipliant les projets et recevant un nombre accru de propositions, le comité éditorial d’histoireengagée.ca est à la recherche d’une nouvelle ou d’un nouveau membre pour se joindre à son équipe. Cette fonction consiste à prendre part aux processus d’évaluation interne, assurer des suivis avec les auteurs.es et les évaluateurs.rices externes, participer à la codirection de dossiers thématiques, prendre en charge des tâches de mises en ligne et de diffusion des publications, participer régulièrement à des discussions avec les autres membres du comité, et assurer une implication d’au minimum cinq heures hebdomadairement.

Nous privilégions les candidatures d’étudiants.es avancés.es dans leur parcours de maitrise, candidats.es au doctorat, ou diplômés.es. Nous sommes ouverts.es aux candidatures de sociologues, de littéraires et d’anthropologues (en formation ou diplômés.es) avec une expérience connexe à la discipline historique. Les personnes intéressées sont invités.es à nous faire parvenir une lettre de motivation et un CV à  contributions@histoireengagee.ca d’ici le 10 février 2019.

Présences et absences : historiciser les (dis)continuités et (in)interruptions des voix et expériences autochtones

Jonathan Lainey, Brian Gettler, Gaëlle Mollen, Christine Chevalier-Caron et Philippe Néméh-Nombré

 

Après avoir entendu cela, j’étais perplexe […] jamais je n’avais entendu mon père, ni les autres Innu, ni les vieux raconter cette histoire. […] Mon père est très âgé, il a quatre-vingt-onze ans. […] je lui ai aussitôt récité ce que j’avais entendu dire. […] mon père s’est mis à rire puis me confie : « Voyons, n’écoute pas ce mensonge. L’histoire que tu as entendue aujourd’hui, l’étranger vient de l’inventer ».

An Antane Kapesh, Je suis une maudite sauvagesse, 1976

Les enjeux autochtones actuels sont nombreux. L’héritage des pensionnats, le triste sort des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, l’appropriation culturelle, les mascottes à l’effigie autochtone, la nouvelle affirmation identitaire des « Métis de l’Est », la « carte de statut autochtone » qui donnerait droit à des avantages hautement convoités, la précarité des langues autochtones (avec l’Assemblée générale des Nations Unies qui a proclamé 2019 l’année internationale des langues autochtones), les questions territoriales toujours non-résolues, ou l’histoire et les perspectives autochtones dans les manuels scolaires du Québec et ailleurs au Canada sont autant de sujets qui soulèvent les passions et polarisent les opinions. À chaque semaine, les médias abordent de tels sujets, mais le font rarement en profondeur[1]. Ce contexte social, politique et intellectuel est grandement influencé sinon propulsé par les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR), par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) de même que par différents mouvements sociaux populaires tels Idle No More et les Water Protectors.

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L’archive retrouvée: des sources premières dans l’enseignement de l’histoire

Par Godefroy Desrosiers-Lauzon, chargé de cours à l’UQAM, Université de Montréal, et Université d’Ottawa
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Longtemps, j’ai enseigné l’histoire des États-Unis. Une quarantaine de groupes-cours, au premier cycle, sur plusieurs campus, depuis 2005. Je veux ici témoigner du rôle des documents historiques, c’est à dire des sources premières, dans mon enseignement.

L’enseignement de l’histoire et les manuels

Par la force du nombre, ces groupes-cours ont porté sur plusieurs périodes, plusieurs thèmes, plusieurs approches de l’histoire des États-Unis, de la colonisation au vingtième siècle, de l’histoire politique à l’histoire urbaine. La préparation et la prestation de tous ces cours a exigé le recours à des manuels, ces livres produits pour l’enseignement qui proposent des synthèses de l’histoire d’un état-nation, ou d’un aspect du passé, sur une longue période.

Or les manuels sont des outils limités. Les lecteur.trice.s proches du milieu universitaire le savent: la représentation du passé qu’on trouve dans les manuels d’histoire est critiquée. Je rappellerai ici brièvement quelques aspects de la pédagogie de l’histoire, dans la mesure où ils nous conduisent à valoriser les documents historiques dans l’enseignement.

Du côté étatsunien, la critique la plus lue des manuels d’histoire est probablement celle de James W. Loewen, aujourd’hui professeur émérite à l’Université du Vermont. Dans Lies my Teacher Told Me (1995), il analyse la représentation de l’histoire des États-Unis dans douze manuels destinés aux étudiant.e.s du secondaire. Pour Loewen ces douze manuels présentent un « embarrassing blend of bland optimism, blind nationalism, and plain misinformation[1] ». Un aspect central de sa critique est que les manuels isolent les lecteurs et les lectrices des processus méthodologiques et disciplinaires de la construction du savoir historique, entre autres des sources premières:

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