HistoireEngagée.ca

Là où le présent rencontre le passé – ISSN 2562-7716

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Appel à candidature

Par le Comité éditorial

HistoireEngagée.ca (histoireengagee.ca) est une plate-forme de diffusion des savoirs et des connaissances historiques qui réunit les milieux académiques, militants et artistiques ainsi que la communauté civique. Ses publications sont orientées par une triple mission qui se résume à l’analyse de l’actualité dans une perspective historique, à la participation active aux débats historiographiques et enfin, à la valorisation des récits historiques mettant de l’avant les oubliés.es de l’histoire.

Le comité éditorial d’Histoireengagée.ca est à la recherche d’une nouvelle ou d’un nouveau membre pour se joindre à son équipe à titre bénévole. Cette fonction consiste à prendre part aux processus d’évaluation interne, à assurer des suivis avec les auteurs.rices et les évaluateurs.rices externes, à participer à la codirection de dossiers thématiques, à prendre en charge des tâches de mises en ligne et de diffusion des publications, à participer régulièrement à des discussions avec les autres membres du comité et à assurer une implication d’au minimum cinq heures hebdomadairement. 

Nous privilégions les candidatures d’étudiants.es avancés.es dans leur parcours de maitrise, de candidats.es au doctorat ou de diplômés.es. Nous sommes très intéressés.es par les candidatures de sociologues, de littéraires et d’anthropologues (en formation ou diplômés.es) avec une expérience connexe à la discipline historique ou encore les candidatures de gens qui oeuvrent à l’extérieur du monde académique (militants.es, travailleurs.euses sociaux.ales, enseignants.es en histoire). Les personnes intéressées sont invitées à nous faire parvenir une lettre de motivation et un CV à  contributions@histoireengagee.ca d’ici le 20 décembre 2019.

Pourquoi la pratique du Blackface persiste-t-elle, et que peut faire la communauté historienne pour que les choses changent?*

Par Cheryl Thompson, Ryerson Univsersity

Il y a quelques années, celui qui était alors mon superviseur postdoctoral et qui est aujourd’hui professeur émérite au Centre for Theatre, Drama and Performance Studies de l’Université de Toronto, Stephen Johnson, était invité à intervenir dans une émission de radio sur les raisons expliquant la résurgence de la pratique du Blackface dans la société actuelle. L’entretien n’a cependant jamais eu lieu, puisque la priorité a été accordée à la couverture d’évènements jugés plus significatifs.

J’ai depuis repris le flambeau sur cette question, et en réfléchissant aux discussions que j’ai eues avec Stephen sur le sujet, j’en suis venue à la conclusion que la pratique du Blackface n’a en fait jamais cessé.

Du film Tropic Thunder (Tonnerre sous les tropiques), sorti en 2008 et mettant en vedette l’acteur Robert Downey Jr. dans le rôle du soldat noir Kirk Lazarus, à cette scène de 2013 de la série Mad Men (qui se déroule dans les années 1960), dans laquelle Roger Sterling (John Slattery) apparait avec un visage peint en noir pour chanter à sa fiancée My Old Kentucky Home (une chanson de Minstrel Show écrite par Stephen Foster en 1853) lors d’une assemblée publique, le recours au Blackface est toujours bien présent. La population canadienne n’a d’ailleurs jamais cessé de consommer ces représentations.

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Colloque Toujours debouttes! : entrevue avec Camille Robert

Les 21 et 22 novembre se tient à l’UQAM le colloque « Toujours debouttes. Perspectives sur le renouveau féministe au Québec ». HistoireEngagée vous propose une entrevue avec l’une des co-organisatrice de l’événement, Camille Robert, afin de présenter plus en détail les motivations derrière l’organisation de ce colloque ainsi que les différents panels et communications, dont les titres annoncent des réflexions et des critiques tout aussi intéressantes que pertinentes.

Le titre du colloque « Toujours debouttes. Perspectives sur le renouveau féministe au Québec » a quelque chose d’intéressant : il reprend une expression liée à un des mouvements féministes québécois des années 1970 tout en rendant compte d’une volonté de réfléchir à des enjeux plus actuels. Pour le détailler, peux-tu contextualiser l’utilisation du « debouttes » et aussi expliquer un peu ce qui est entendu par « renouveau féministe au Québec ».

« Québécoises deboutte! » a d’abord été un slogan lancé par des militantes du Front de libération des femmes du Québec (FLF) au printemps 1971. Au départ, il référait à l’appartenance québécoise et à l’engagement indépendantiste des militantes du début de la décennie 1970, avec une référence évidente au joual… Il a ensuite été imprimé sur des autocollants, apposés un peu partout à Montréal, et a donné le nom au journal publié par le FLF (novembre 1971), puis par le Centre des femmes (novembre 1972 à mars 1974). Plus récemment, le documentaire audio Debouttes! de Jenny Cartwright ou l’éditorial « Toujours debouttes » de la revue À bâbord! ont permis de faire ressurgir ce slogan.

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La « Grande noirceur » catholique et duplessiste au Québec : entre mémoire et histoire.Note critique sur l’ouvrage L’Église et la politique québécoise, de Taschereau à Duplessis d’Alexandre Dumas

Par Jean-Philippe Bernard, étudiant au doctorat à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

L’Église et la politique québécoise, de Taschereau à Duplessis est le second ouvrage publié par l’historien Alexandre Dumas. Tiré de sa thèse de doctorat soutenue en 2016 à l’Université McGill, il paraît dans la prestigieuse série des Études d’histoire du Québec (Studies on the history of Quebec) chez McGill-Queen’s University Press. Soulignons, par ailleurs, que sa publication, en offrant de nouvelles perspectives sur les relations entre la religion et la partisanerie politique dans l’histoire du Québec, s’insère à merveille dans les houleux débats entourant la loi 21 et la question de la laïcité de l’État.

Le titre de l’ouvrage est à cet effet fort bien choisi : ce sont bien les rapports de l’Église à « la » politique dont on parle, et non des rapports de l’Église à l’État ou «au» politique, pris plus largement. L’Église et la politique québécoise explore donc les liens qu’entretiennent l’épiscopat et le clergé avec les députés, les candidats électoraux, les partis politiques, etc., des libéraux de Taschereau aux unionistes de Duplessis. La présence, pourtant importante, des institutions religieuses au sein des différents organes de l’État québécois (santé et services sociaux, éducation, colonisation, agriculture, etc.), de même que leur influence sur l’orientation des politiques, est un aspect qui est peu abordé par l’auteur[1].

Cela étant dit, on s’abstiendra d’insister sur les absences de l’ouvrage pour s’intéresser à ce qu’il contient. À cette fin, plutôt qu’un résumé chapitre par chapitre, j’ai privilégié une recension qui présente et analyse trois des nombreuses thèses soutenues tout au long des dix chapitres du livre. Deux d’entre elles concernent l’Église et ses représentations au sein d’une certaine mémoire collective, alors que la troisième s’intéresse à Maurice Duplessis et à ses relations avec l’institution religieuse.

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Lorsque le Canada a ouvert le feu sur ma Kokum Marianne avec une mitrailleuse Gatling

Affiche par Jerry Thistle, texte par Jesse Thistle et traduction par Florence Prévost-Grégoire

Avant 1870, la vie métisse s’organise autour de la colonie de la Rivière Rouge (CRR), là où se situe aujourd’hui Winnipeg. En 1869, après deux siècles de commerce réciproque entre les Premières Nations, les Métis·ses et les Européen·ne·s, la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) vend la Terre de Rupert au Canada, sans consulter les habitant·e·s autochtones de la région. La Terre de Rupert était un vaste territoire près de la baie d’Hudson et qui avait été arbitrairement cédé à la CBH en 1670 par le roi anglais Charles II. La charte de la CBH expirait en 1869, ce qui explique la vente du territoire au Canada. L’Angleterre en avait assez d’administrer la Terre de Rupert, qui, depuis les années 1860, n’était plus profitable.

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