Le nationalisme camerounais dans les programmes et manuels d’histoire du Cameroun: réalités et enjeux

Étienne Segnou, doctorant en sociologie politique, Université de Douala

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Plus de cinquante ans après l’indépendance et la réunification du Cameroun[1], nous avons voulu savoir la place réservée au nationalisme camerounais dans les programmes et manuels d’histoire du système éducatif camerounais. Les nationalistes camerounais sont ceux qui se sont élevés, au Cameroun, contre toutes les formes de domination coloniale, singulièrement contre les dominations coloniales allemande, puis franco-britannique. L’UPC[2] fut le principal mouvement politique dans lequel ils s’organisèrent pour revendiquer la réunification et l’indépendance du Cameroun ; et cela, pacifiquement d’abord, puis par la logique des armes ensuite[3]. Ce qui enfanta une longue guerre entre la France et les nationalistes de l’UPC. Cette guerre dura seize ans (1955 – 1971)[4] et causa plusieurs centaines de milliers de morts du côté camerounais. Ce conflit fut l’un des plus importants menés par l’armée française sur le continent africain, après celui de l’Algérie. Mais à la différence de la guerre d’Algérie, la guerre d’indépendance du Cameroun est largement méconnue tant par la communauté internationale que par les Français et même les jeunes Camerounais. Cela parce qu’elle fut soigneusement cachée durant son déroulement, et évacuée plus tard de la mémoire collective camerounaise. Comment donc les programmes et manuels d’histoire du Cameroun traitent-ils le passé nationaliste de ce pays ? L’hypothèse du présent travail est la suivante : en raison des enjeux politiques, économiques et socioculturels, le nationalisme camerounais est dévalorisé dans les programmes et manuels d’histoire. Par conséquent, la place qui lui y est accordée ne peut permettre à la jeunesse camerounaise de posséder une connaissance suffisante de ce nationalisme afin d’avoir une plus grande conscience de son identité culturelle. Pour le vérifier, nous avons mené une étude qualitative et quantitative desdits programmes et manuels afin d’analyser le traitement qui y est réservé au passé nationaliste du Cameroun. Ensuite, nous avons étudié l’impact que ce traitement a sur le niveau de connaissance que les jeunes scolaires ont de ce passé. Enfin, nous avons dégagé les enjeux que cache le type de traitement alloué à ce passé dans les outils pédagogiques d’histoire du Cameroun. Continuer la lecture

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L’ultime plaidoyer du professeur Létourneau pour le maintien de la réforme. Réflexion méthodologique autour de l’essai « Je me souviens ?: le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse » (Fides, 2014)

Marc-André Robert, Université Laval

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L'ouvrage du professeur Jocelyn Létourneau est paru chez Fides en 2014.

L’ouvrage du professeur Jocelyn Létourneau est paru chez Fides en 2014.

La parution récente de l’essai Je me souviens ? Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse (Fides, 2014), du chercheur Jocelyn Létourneau, professeur au département des sciences historiques de l’Université Laval, était bienvenue. En effet, en tant qu’historien engagé et soucieux de la transmission de l’histoire québécoise, pouvais-je me désoler d’un ouvrage ayant pour objectif de dresser le portrait des connaissances (ou compétences) historiques de la jeunesse québécoise, aux différents niveaux scolaires (secondaire, collégial et universitaire). Létourneau a ainsi entrepris, à partir de 2003, de sonder la « conscience historique » des jeunes Québécois à partir d’une enquête par sondage distribuée dans les écoles du Québec. Sur une période de dix ans, il a recueilli plus de 3400 locutions écrites par des jeunes de différents niveaux académiques et de différentes régions du Québec.

Invités à remplir un formulaire servant à situer leur compréhension de l’histoire québécoise, ces jeunes devaient, dans un premier temps, « décrire, présenter ou raconter, comme ils la percevaient, la savaient ou s’en souvenaient, l’histoire du Québec depuis le début ». Quelques questions visaient à collecter des données sociodémographiques (âge, lieu de naissance, langue maternelle, etc.). Une question du type « échelle de classement » servait à situer les facteurs d’influence du niveau de compréhension de l’histoire québécoise (cinéma, télévision, lectures personnelles, etc.). Enfin, les jeunes étaient appelés à résumer « l’aventure historique québécoise » en une seule phrase.

Malgré l’immense intérêt de l’étude, je dois malheureusement reconnaître que les importants biais méthodologiques m’ont largement laissé sur ma faim. Je propose ici d’en faire état puisqu’il en va, à mon humble avis, de la validité des résultats obtenus. Continuer la lecture

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Blogue: Spicynodes, vous connaissez?

Catherine Martin, historienne diplômée de l’Université de Sherbrooke  TechnoCatherine (twitter)

Catherine Martin

Catherine Martin

Catherine Martin est une historienne diplômée de l’Université de Sherbrooke dont le mémoire de maîtrise, intitulé « Fourrures, eau-de-vie et absolution : réseaux sociaux, économiques et politiques à Lachine, 1670-1680 », est en cours de finalisation. Dans le cadre de ses études et des différents projets de recherche auxquels elle a participé, elle a développé un intérêt certain pour les nouvelles technologies et pour leur utilisation dans la pratique historienne et enseignante. Elle collabore depuis l’automne 2013 au site TechnoHistoire sur lequel, par le biais d’un blogue au ton accessible et aux notes humoristiques, elle tient des chroniques sur les outils numériques et l’histoire. Avec son accord, HistoireEngagée republiera régulièrement certains de ses textes.

Parmi toutes les applications, les banques de données et les autres merveilles du web que je connais, j’ai décidé d’écrire mon billet à propos d’un outil de présentation intéressant mais peu connu parmi les francophones : Spicynodes. Continuer la lecture

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Partir de la conscience historique des jeunes pour leur enseigner l’histoire

Jocelyn Létourneau, Fellow, Collégium de Lyon et Titulaire de la  CRC en histoire du Québec contemporain, Université Laval

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Cet article sera également publié en anglais sur ActiveHistory.ca dans le cadre d’une semaine thématique portant sur la pensée historique au Canada. Nous invitons d’ailleurs nos lecteurs à suivre les onze contributions qui seront mises en ligne au courant de la semaine, en commençant par l’introduction au dossier rédigée par Thomas Peace. 

Qui fut le premier premier ministre du Québec? En quelle année la grève de l’amiante a-t-elle eu lieu? Quel est l’évènement phare de la Révolution tranquille? Voilà trois questions auxquelles très peu de jeunes savent répondre correctement. Sur cette base, nombreux sont les observateurs qui diagnostiquent, à propos de la jeunesse contemporaine, un déficit majeur de connaissances historiques, voire un désintérêt marqué envers le passé.

S’il est faux d’affirmer que les jeunes sont indifférents à ce qui fut, il est vrai de dire que le stock de connaissances historiques qu’ils maîtrisent, sauf pour quelques-uns d’entre eux, est mince plutôt que large. En revanche, cela ne signifie pas qu’ils ne disposent pas de visions du passé qui, puissantes dans leur simplicité, les aident à s’approprier l’histoire aux fins de construire du sens qui leur soit utile dans la vie.

On pourrait dire les choses autrement : les jeunes savent sans connaître ; ils ont une vision forte de ce qui fut à défaut d’avoir une connaissance pleine de ce qui a été. Comment sait-on cela? Continuer la lecture

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Blogue : ScrapBook, plus qu’un collage…

Catherine Martin, historienne diplômée de l’Université de Sherbrooke  TechnoCatherine (twitter)

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Catherine Martin

Catherine Martin

Catherine Martin est une historienne diplômée de l’Université de Sherbrooke dont le mémoire de maîtrise, intitulé « Fourrures, eau-de-vie et absolution : réseaux sociaux, économiques et politiques à Lachine, 1670-1680 », est en cours de finalisation. Dans le cadre de ses études et des différents projets de recherche auxquels elle a participé, elle a développé un intérêt certain pour les nouvelles technologies et pour leur utilisation dans la pratique historienne et enseignante. Elle collabore depuis l’automne 2013 au site TechnoHistoire sur lequel, par le biais d’un blogue au ton accessible et aux notes humoristiques, elle tient des chroniques sur les outils numériques et l’histoire. Avec son accord, HistoireEngagée republiera régulièrement certains de ses textes.

À l’hiver 2011, j’ai donné une charge de cours à l’Université de Sherbrooke. Je donnais le cours Informatique appliquée à l’histoire dans lequel les étudiants étaient appelés à créer un site web. Sachant très bien que dès le cours terminé, certains effaceraient leur site ou iraient le modifier pour en faire autre chose, je cherchais un moyen de pouvoir sauvegarder les sites dans un format qui serait agréable à regarder et facile à corriger. Je me suis donc mise à chercher quelque chose puisque j’étais certaine que quelqu’un, quelque part, avait certainement ressenti ce besoin avant moi…

C’est à ce moment que j’ai découvert ScrapBook ! Continuer la lecture

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