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Là où le présent rencontre le passé

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L’équipe éditoriale se renouvelle!

L’équipe éditoriale de la revue HistoireEngagée se renouvelle! Nous souhaitons la bienvenue à Philippe Néméh-Nombré, doctorant en sociologie à l’Université de Montréal.  L’implication de Philippe à HistoireEngagée nous permettra d’approfondir l’interdisplinarité à laquelle la discipline historique participe en plus de faire découvrir à nos lectrices et à nos lecteurs différentes perspectives sur l’historicité des phénomènes qui marquent notre présent.

Crédit photo : Juliette Busch

Philippe Néméh-Nombré s’intéresse, dans le cadre de ses études doctorales en sociologie (Université de Montréal), aux relations, tensions et solidarités entre peuples autochtones et communautés noires au Canada et au Québec, à la lumière de leurs expériences distinctes d’oppression et de dépossession. Ses recherches explorent les perspectives de libération, les imaginations décoloniales et, ce faisant, les différents arrangements entre existences et connaissances principalement à travers diverses formes contemporaines de recouvrements entre expression culturelle et praxis politique comme le hip-hop. Son mémoire de maîtrise, également en sociologie (UQAM), a quant à lui interrogé dans une perspective historique le rapport entre les approches intersectionnelles au Québec, l’antisémitisme et la construction de frontières ethniques au sein de la gauche québécoise. Ces différentes sensibilités déterminent également ses activités militantes et culturelles entre autres axées sur les esthétiques panafricaines et diasporiques en musique comme lieux de pouvoir et de résistance.

Recension de l’exposition Shalom Montréal – Histoires et contributions de la communauté juive

Par Christine Chevalier-Caron, candidate au doctorat à l’Université du Québec à Montréal et assistante de recherche au Groupe de recherche Histoire, femmes, genre et migrations

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L’auteure et un guide du Musée McCord lors de la visite de l’exposition.

Dans l’ouvrage collectif Éducation et judaïsme, publié en 2016, Sivane Hirsch et Marie Mc Andrew nous informent que le programme d’Histoire et éducation à la citoyenneté aborde l’histoire de(s) la communauté(s) juive(s) du Québec en fonction de trois sujets précis, soit le parcours d’Ezekiel Hart, celui du poète Irving Layton, et le cadeau offert par des Juifs.ves britanniques à l’occasion de la fondation de la première synagogue de Montréal. Malgré le fait que je suis consciente de la marginalisation des communautés non-blanches et/ou non-catholiques du récit dominant de l’histoire québécoise, ce constat m’a tout de même surprise et choquée. En conséquence, j’ai tenté de comprendre, en vain, comment était-ce possible qu’il y ait si peu de contenus traitant de l’histoire de(s) la communauté(s) juive(s) dans l’enseignement de l’histoire, et comment pouvons-nous, de surcroit, invisibiliser les importants apports de(s) la communauté(s) juive(s) au développement et à la richesse culturelle de la métropole. Évidemment, rien ne peut expliquer ou légitimer ces occultations. Par contre, cette situation doit nous servir de prétexte pour surmonter ces lacunes dont est porteur le système d’éducation, et nous tourner vers d’autres canaux et lieux de savoir ayant un souci d’inclure dans l’histoire tous ceux et celles qui en ont été des acteurs.rices, mais qui se sont malheureusement retrouvés.es exclus.es du récit dominant.

Le Musée McCord, institution valorisant l’histoire sociale de la ville de Montréal, participe actuellement à remédier à cette situation, tout particulièrement avec la présentation, depuis le 3 mai dernier, de l’exposition Shalom Montréal – Histoires et contributions de la communauté juive. Pour la réalisation de cette exposition, le Musée a fait appel à des sommités en histoire juive, dont : Ira Robinson, Yolande Cohen, Steven Lapidus, et Pierre Anctil. Ces historiens.nes se sont intéressés.es, au fil de leur carrière, à des dimensions différentes de l’histoire juive montréalaise et québécoise; en conséquence, la mise en commun de leurs connaissances a mené à la réalisation d’une exposition captivante, et ne réduisant ni leur(s) histoire(s) à la dimension confessionnelle de leur identité, ni à une image porteuse des stéréotypes dominants. Bien au contraire, cette exposition permet au public de prendre connaissance des grandes lignes de l’histoire juive montréalaise, et de découvrir de nombreuses contributions de membres de(s) la communauté(s) juive(s) montréalaise(s) à la vie culturelle, politique, et sociale de la métropole.

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Sur une histoire engagée du mouvement étudiant

Par Daniel Poitras

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Compte-rendu de THEURILLAT-CLOUTIER, Arnaud. Printemps de force. Une histoire engagée du mouvement étudiant au Québec (1958-2013). Montéral, Lux éditeur, 2017, 496 p.


Dans la vague des « célébrations » du 50e anniversaire de Mai 68, le livre d’Arnaud Theurillat-Cloutier tombe à point. Jusqu’ici, en fait de synthèse, il fallait s’accommoder du livre pamphlétaire et à droite de Marc Simard[1], qui n’avait pas pris le soin lui, d’admettre sa posture idéologique (et peut-être surtout, générationnelle). Rien de tel avec le livre qui nous intéresse ici. Bien sûr, devant un titre comportant l’expression histoire engagée, l’historien est naturellement porté à affûter ses couteaux, tout paré qu’il est à séparer le grain de l’ivraie – ou la science de la non-science. Il flaire déjà l’anachronisme, le contrefactuel, la décontextualisation, l’abstraction, la causalité indue, la téléologie ou tout ce qui tombe plus ou moins dans son radar disciplinaire. Comment considérer un livre d’histoire qui respecte les usages de la discipline et qui est aussi un livre engagé dont l’ambition est non seulement d’offrir une synthèse, mais qui propose également d’actualiser près d’un demi-siècle de militance étudiante? Avec quels critères en rendre compte : ceux de la discipline historique ou ceux – beaucoup plus difficiles à établir et qui, au fond, échappent largement au présent –, de la pertinence d’un travail pour les combats d’aujourd’hui et de demain? La question se pose encore plus vivement lorsqu’il s’agit d’un livre portant sur un mouvement social dont le propre est de vouloir marquer et changer l’histoire. Devant un tel objet, la personne historienne est doublement interpellé.e, dans sa science et dans son présent. Et c’est encore plus le cas si la personne a, elle-même, comme l’auteur du présent ouvrage, participé directement, comme militant (en 2005 et 2012), au mouvement social dont il traite.

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Compte rendu de l’exposition VIVA LÉA! Indignée, battante, humaniste : Léa Roback

Par Benoit Marsan

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Madame Léa Roback – Manifestation pour le droit à l’avortement, 1987. Crédit : André Querry.

Pour célébrer son 25e anniversaire, la Fondation Léa-Roback[1] présente l’exposition intitulée VIVA LÉA! Indignée, battante, humaniste : Léa Roback. À travers 13 thématiques[2], l’exposition explore différents aspects de la vie et de l’héritage de Léa Roback (1903-2000). Comme le rappelle une citation de la militante sur l’une des vignettes présentées : « [j]’ai milité, je milite encore aujourd’hui contre le nucléaire pour la paix, et jusqu’à temps qu’on me mette en boîte, et bien mon Dieu je continuerai. » Il va donc de soi qu’une majorité des thèmes de l’exposition portent sur l’évolution de son activité militante : de ses premiers pas au sein du Parti communiste du Canada et du mouvement ouvrier dans les années 1930; en passant par son implication dans le mouvement féministe et pacifiste des années 1960 jusqu’à sa mort; ou encore par son soutien à la communauté mohawk de Kanehsatake lors de la Crise d’Oka de 1990.

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L’économie politique de la liberté académique

Par Marise Bachand, professeure d’histoire américaine de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) en lock-out

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Mathieu Plante tenant une pancarte réalisée par Fannie Hamel Thibault lors du rassemblement étudiant contre le lock-out, Trois-Rivières, 7 mai 2018.

Dans la soirée du 1er mai 2018, Journée internationale des travailleurs et travailleuses, le recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières annonçait par voie de communiqué qu’il mettait les 445 professeur.e.s de l’institution en lock-out. Leur convention collective était échue depuis un peu moins d’un an. Ce n’était pas tant la lenteur des négociations ou l’imminence d’une grève qui poussait la direction de l’institution à agir, mais plutôt l’obligation d’embaucher une trentaine de nouveaux professeur.e.s durant l’été. Au pays de Maurice Duplessis, les recteurs n’ont pas peur de prendre des décisions « courageuses et responsables »[1]. Déjà en 2008, l’administration universitaire de l’UQTR avait profité du congé pascal pour mettre ses professeur.e.s en lock-out.

À l’instar de nombreux collègues, j’ai multiplié les gestes illégaux dans la journée du 2 mai : écriture de mon livre, planification des recherches en archives de l’été, correction du travail d’un étudiant à la maitrise, préparation du congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française qui se tiendra au campus de l’UQTR à Drummondville l’automne prochain. Une journée comme tant d’autres dans la vie d’une professeure en sabbatique. Je me suis dit, ce jour-là, qu’il était grand temps d’assumer pleinement ma liberté académique, d’affirmer haut et fort que dans ce métier, ce qui compte le plus ne se compte pas.

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