Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Amérique du Nord

Entretien exclusif d’André Poulin avec Mark Rudd, figure emblématique du mouvement étudiant américain dans les années 1960

André Poulin, Université de Sherbrooke

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Mark Rudd s’est retrouvé, en 1968, à l’avant-scène du mouvement étudiant aux États-Unis. Il fut avec Bernadette Dohrn l’une des figures emblématiques de ce mouvement. En 1969, comme plusieurs jeunes, il rêvait de révolution. Cette année-là, il participa à la fondation des Weathermen et des Weather Underground. Par ses actions, il fut contraint de vivre en clandestinité pour échapper à son arrestation. Sorti de clandestinité à la fin de l’année 1977, il refusa longtemps de parler de son passé. La mobilisation contre la guerre en Irak l’a fait sortir de son mutisme. En 2009, il publie son autobiographie, Underground My Life with The SDS and the Weathermen, et depuis, il parcourt les campus universitaires pour partager son expérience avec les étudiants.

Intéressé par le conflit étudiant québécois, il a accepté de répondre aux questions d’André Poulin, historien à l’Université de Sherbrooke. L’entretien a été réalisé le 23 mai 2012.

Signification et impact de la Révolution haïtienne sur le monde atlantique

Par Alain Saint-Victor

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Toussaint Louverture.

Toussaint Louverture.

Depuis plus de vingt ans, l’historiographie étasunienne (en particulier) développe une nouvelle approche et une nouvelle compréhension de ce qu’on appelle le «monde atlantique.»  À la fin de la Première Guerre mondiale et durant la période qui suivit la Deuxième Guerre mondiale, des tentatives ont été faites pour définir ce monde comme une nouvelle réalité historique qui servirait de pont entre l’Amérique (États-Unis et Canada) et l’Europe. Ces approches, qui prirent différentes formes (articles de journaux, ouvrages importants), revêtaient une méthodologie imprégnée d’eurocentrisme, ce qui finalement servait d’outils idéologiques dans le contexte de la guerre froide : l’objectif était de souligner les particularités de l’Occident vis-à-vis de l’Est communiste, particularités qui seraient fondées sur des différences insurmontables liées aux traditions gréco-romaines et judéo-chrétiennes. Les historiens Robert Palmer et Jacques Godechot (1947) ont essayé de «théoriser» ces différences, et ont voulu expliquer du même coup l’évolution historique et politique de cette communauté atlantique et ses particularités sociopolitiques dans le monde contemporain.

Reconstruction d’Haïti, (re-)construire l’État

Par Yves-Michel Thomas

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Le marron inconnu, symbole de l'indépendance haïtienne.

Le marron inconnu, symbole de l’indépendance haïtienne.

Résumé

Porter l’interrogation sur les relations entre les élites et les masses ou entre «l’État» et la «Nation» en Haïti permet de mettre en lumière les continuités, au-delà ou en-deçà, du passage de la colonie française de Saint-Domingue à l’État-nation d’Haïti. Ces continuités ont engendré de fortes inégalités sociales et l’exclusion des masses rurales (majoritairement) dans la définition du bien public, de l’espace politique. Cependant, il y a nécessité de pouvoir rétablir la part d’indétermination de l’expérience haïtienne, constitutive de toute expérience historique, et de se défaire d’une vision figée de la réalité contemporaine haïtienne.

Mots-clés

État; Nation; Élites; Masses; Citoyenneté; Haïti

Introduction

Le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti a mis à nu les faiblesses de l’appareil étatique et son incapacité à répondre même minimalement aux attentes de la population en cas d’urgence majeure. En effet, devant le drame des habitants de Port-au-Prince et de Léogâne et l’angoisse de millions d’Haïtiens en Haïti et hors d’Haïti, la direction politique du pays a été absente pendant environ quarante-huit heures; mais les citoyens des zones touchées étaient bien présents pour s’entraider, porter secours à un voisin, un ami, un membre de la famille. Évidemment, les rumeurs évoquant une décapitation totale de l’exécutif de l’État haïtien ont circulé, et lors de sa première apparition – véritable épiphanie – le Président d’alors, en l’occurrence René PRÉVAL, n’a fait qu’avouer son impuissance. Officiellement les pertes humaines s’élèvent à 222 570 morts et les dommages matériels à 7,9 milliards de dollars américains (120 pour cent du PIB en 2009). Comme cela tend à devenir courant en pareille circonstance, le 31 mars 2010 a lieu à New York une conférence internationale sur la reconstruction d’Haïti, au cours de laquelle a été adopté un plan de relèvement qui fait de la refondation institutionnelle pour arriver à un État prestataire de services, un État au service des intérêts fondamentaux de la nation une des priorités. Formulé en ces termes, cela peut laisser penser que les rapports entre l’État et la nation semblent avoir été diagnostiqués comme un problème technostructurel. Avec cet article nous nous proposons de montrer que ces rapports ont été historiquement constitués et politiquement institués au XIXe siècle et qu’ils ne relèvent pas simplement de la défaillance de la technostructure.

Entrevue avec Jhon Picard Byron

Par Valérie Lapointe-Gagnon

Nous avons le privilège de vous présenter des extraits vidéo d’une entrevue réalisée par Valérie Lapointe-Gagnon avec Jhon Picard Byron, enseignant à l’Université d’État d’Haïti et au département de philosophie de l’École normale supérieure (Haïti). Voici les sujets qui ont été traités:

Catastrophes naturelles et rôle de l’État haïtien dans la reconstruction

L’aide internationale et l’État dans la coordination de la reconstruction

Le rôle des Haïtiens dans la reconstruction

La violence autocratique de l’État haïtien à travers l’histoire

Une solution porteuse d’espoir après la catastrophe…

Un réseau universitaire haïtien à reconstruire…

La solidarité québécoise envers Haïti

Conclusion: ce qu’il y a d’inspirant dans l’histoire haïtienne…

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