Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Amérique latine

Nous sommes tous des Québécois ! – ¡ Todos somos Quebequenses !

Par Groupe d’universitaires et de leaders étudiants chiliens, traduction libre de Maurice Demers, professeur au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke

Version PDF

Nous, les signataires de cette lettre, universitaires et dirigeants d’associations étudiantes chiliens, dénonçons devant la communauté nationale et internationale la répression du mouvement étudiant du Québec, comme stipulé dans la loi 78 promulguée le vendredi 18 mai par le gouvernement du premier ministre Jean Charest.

La loi 78, véritable « loi matraque », est la loi la plus dure promulguée depuis la Loi des mesures de guerre en octobre 1970 et, pour cause, elle fut dénoncée tant par le bâtonnier du Québec que par des associations comme Amnistie internationale, la ligue des droits de l’Homme, les quatre principales centrales syndicales de la province et plusieurs regroupements d’intellectuels. Elle constitue une atteinte aux droits fondamentaux des citoyens du Québec, restreint dans ses aspects les plus fondamentaux la liberté d’expression, la liberté de manifester et la liberté d’association telles que consacrées par la Constitution et par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Un coup d’œil à l’histoire du mouvement étudiant québécois pour enrichir le débat actuel sur la grève étudiante

Par Mauricio Correa, étudiant au doctorat en histoire à l’Université de Sherbrooke et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

Version PDF

Il est essentiel tant pour la société que pour l’individu que l’étudiant puisse se consacrer « plein temps » à ses études. Le contraindre à des obligations financières par surcroît à celles qui relèvent de ses études, c’est taxer lourdement sa santé physique, intellectuelle, et parfois morale […] dans les classes les moins fortunées, l’on a nettement l’impression que l’éducation supérieure est un domaine qui leur est interdit […].

Manifestation nationale du 22 mars 2012 contre la hausse des droits de scolarité (Crédit photo : Pascal Scallon-Chouinard)

On pourrait croire, à tort, cette phrase issue d’une déclaration d’organisation étudiante participant à la grève du printemps 2012 contre la hausse des droits de scolarité implantée par le gouvernement Charest. Or, ce n’est pas le cas. Il s’agit d’un extrait d’un mémoire produit par l’Association générale des étudiants de l’Université de Montréal (AGEUM) et publié dans le journal étudiant Le Quartier latin (QL) le 27 janvier 1955. Cinquante-sept ans après la publication de ce travail élaboré par l’AGEUM, les enjeux relatifs à l’accessibilité et au financement de l’éducation supérieure demeurent à l’ordre du jour des luttes étudiantes.

Les revendications et la mobilisation étudiante en cours au Québec ne sont ni des actions ni des demandes nouvelles de la part du mouvement étudiant. Les actions sociales des étudiant.e.s en faveur de la démocratisation de l’éducation, tout comme les enjeux qui entourent le financement et le fonctionnement de l’éducation supérieure sont à la base même du processus d’organisation, de construction et de fondation des mouvements étudiants au Québec. Les relations conflictuelles entre pouvoir politique et organisations étudiantes sont un vecteur important de la construction sociale et identitaire du mouvement étudiant.

Page 2 of 2

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

%d blogueurs aiment cette page :