Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Histoire autochtone Page 4 of 5

« Les Autochtones et l’histoire du Québec » : un compte rendu

Par Cassandre Roy Drainville, candidate à la maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca

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Affiche du 70e Congrès de l’IHAF. Crédit : CIEQ.

Comment intégrer l’histoire autochtone dans le récit historique québécois? Comment commémorer le passé trouble des pensionnats? Quelles sont les avenues possibles pour un meilleur dialogue entre historiens issus des études autochtones et ceux des autres champs de la discipline? La table ronde sur les Autochtones et l’histoire du Québec qui s’est tenue le 21 octobre dernier dans le cadre du 70e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française a permis d’aborder plusieurs pistes de réflexion reliées à ces questions. Retour sur ce panel stimulant.

Pour un meilleur dialogue

D’abord, tous les participants ont constaté qu’actuellement, les spécialistes des études autochtones travaillent rarement en relation avec les historiens étudiant le Québec, notamment les spécialistes de l’histoire nationale, seigneuriale ou politique. L’inverse est tout aussi vrai : la plupart des chercheurs préfèrent ne pas mentionner les Autochtones dans leurs travaux, ne se sentant pas à la hauteur de la tâche. Pourtant, tous sont affirmatifs sur une chose : il faut éviter à tout prix de rester cloisonné à l’intérieur de son champ d’études et prioriser le travail d’équipe[1].

150 actions de réconciliation pour les 150 derniers jours de « Canada 150 »

Par Crystal Fraser[1], candidate au doctorat en histoire à l’Université de l’Alberta et Gwichya Gwich’in de Inuvik et Dachan Choo Gèhnjik aux Territoires du Nord-Ouest, et Sara Komarnisky[2], anthropologue, chercheuse postdoctorale en histoire à l’Université de l’Alberta et descendante de colons ukrainiens[3]

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Affiche #05 de la série Remember l Resists l Redraw: A Radical History Poster Project du Graphic History Collective. Texte d’Erica Violet Lee. Création artistique : Anonyme (à la requête de l’artiste).

À compter du 4 août, il ne restera plus que 150 jours à l’année 2017 et au 150e anniversaire du Canada. De sérieuses discussions se sont déroulées tout au long de l’année à propos de la réconciliation, et nous aimerions contribuer au dialogue. Ensemble, nous avons mis sur papier 150 actions de réconciliation qui pourraient être entreprises lors des 150 derniers jours de l’année 2017. Plusieurs de ces actions consistent en de petits gestes à la portée de tous les Canadiens et de toutes les Canadiennes; d’autres se veulent plus provocantes et visent à encourager les gens à réfléchir aux relations entre Autochtones et non Autochtones selon de nouvelles perspectives.


  1. Apprenez quelles sont les reconnaissances territoriales de votre région.
  2. Trouvez votre organisation de réconciliation locale.
  3. S’il n’y en a pas, considérez l’option d’en former une avec d’autres personnes.
  4. Assistez à un événement culturel tel qu’un pow-wow (oui, toutes et tous y sont les bienvenus!).
  5. Achetez un item d’un.e artiste autochtone. Si, à titre d’exemple, vous souhaitez acquérir un capteur de rêves ou une paire de mocassins, tentez de trouver un.e artiste autochtone qui peut vous en confectionner et vous fournir de l’information sur ces créations spéciales.

Confronter « Secret Path » et l’héritage des pensionnats autochtones

Par Sean Carleton, boursier postdoctoral (CRSH et Honorary Grant Notley Memorial Postdoctoral Fellow) au département d’histoire et d’études classiques de l’Université de l’Alberta[1]

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Le projet Secret Path (2016), de Gord Downie.

Bien qu’ayant grandi à proximité du pensionnat autochtone de St. Paul à Vancouver-Nord, je n’avais jamais entendu parler des pensionnats autochtones. Je ne savais rien de Chanie Wenjack – nommé à tort « Charlie » par ses professeurs –, un jeune Anishinaabe de 12 ans qui s’est enfui du pensionnat Cecilia Jeffrey de Kenora, en Ontario, au mois d’octobre 1966. Ce n’est qu’après avoir déménagé en Ontario et après avoir commencé à préparer un cours dédié à la mémoire de Wenjack à l’Université Trent que j’ai pour la première fois entendu, en tant que « colonisateur », son histoire tragique : il est mort de froid alors qu’il tentait de marcher les 600 km qui séparaient son école de sa communauté à Ogoki Post au nord de l’Ontario. C’est pourquoi il m’a semblé à propos, le 23 octobre dernier – date du 50e anniversaire de son décès – d’assister à un évènement bondé au Théâtre Wenjack de Trent pour la diffusion en direct par la chaîne CBC, de Secret Path, le nouveau projet multimédia de l’artiste Gord Downie traitant de l’histoire de Chanie Wenjack.

Comme beaucoup de gens, j’avais de grandes attentes envers l’album solo, le roman graphique et le court film d’animation que comprend ce projet. En tant qu’historien de l’éducation, dont certains membres de la famille doivent composer avec une mémoire encore bien vivante de leurs expériences des pensionnats, j’étais excité à l’idée que Downie utilise son statut et sa popularité afin d’attirer l’attention du public sur l’héritage des pensionnats autochtones du Canada. Après avoir pris connaissance du projet toutefois, je dois avouer partager les inquiétudes de l’écrivain Hayden King à propos de l’utilisation que fait Downie de Wenjack et de l’histoire des pensionnats autochtones afin d’offrir une vision étroite et colonialiste du processus de réconciliation. Dans ce compte-rendu, j’offre une analyse critique des forces et des limites du projet Secret Path afin de promouvoir un dialogue plus large autour des représentations populaires de l’histoire des pensionnats autochtones et de leur rôle dans la réconciliation.

« C’est notre médicament l’environnement ! » Individuation et support territorial en contexte autochtone

Par Brieg Capitaine, professeur adjoint au département de sociologie et d’anthropologie de l’Université d’Ottawa

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Photo de l'auteur.

Photo de l’auteur.

Nous ne savons pas où nous allons. Nous savons seulement que l’histoire nous a conduits à ce point […] Si l’humanité doit avoir un semblant d’avenir, ce ne saurait être en prolongeant le passé ou le présent. Et la rançon […] du refus de changer la société, ce sont les ténèbres » Eric Hobsbawm, L’âge des ténèbres.

Introduction

Cet article a pour objet le rapport que les Innus entretiennent au territoire. Il est convenu d’accepter l’idée selon laquelle les peuples autochtones entretiennent un lien inextricable au territoire[1]. Il constituerait en quelque sorte la « matrice de culture autochtone »[2]. Cependant, la sédentarisation, les politiques assimilationnistes successives – notamment celles des pensionnats indiens – ou la dépendance économique vis-à-vis des paiements de transferts dans les réserves constituent autant d’expériences vécues par les individus comme des bouleversements voire des traumatismes ayant affecté en premier lieu leur rapport au territoire. Ainsi, les récits de vie que j’ai pu collecter montrent que l’attachement à la terre de certains Innus a été détruit. Certains racontent également comment ils ont reconstruit ce lien au territoire de manière parfois surprenante. À partir d’une approche compréhensive[3], nous nous attacherons à explorer le sens que le territoire recouvre pour les Innus appartenant à la génération du pensionnat et qui sont âgé aujourd’hui de 45 à 65 ans. Quel sens possède le territoire traditionnel pour cette génération d’hommes et de femmes dont l’identité leur a été « volée » ? Cette présente contribution s’inscrit dans un mouvement plus large de recherches qui visent à éclairer les conséquences culturelles et sociales des pensionnats autochtones[4].

Un film coup de poing signé Alanis Obomsawin. Le peuple de la rivière Kattawapiskak, 2012, Office National du Film.

 Stéphanie Lanthier, cinéaste et chargée de cours à l’Université de Sherbrooke

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POKR Poster 24X36 FR_LREncore une fois, la cinéaste engagée Alanis Obomsawin a su tourner l’urgence. En 2011, alors qu’elle se trouve dans la communauté crie d’Attawapiskat pour filmer la création d’une école sécuritaire et chaude – un projet notamment porté par une jeune fille de 15 ans Shannen Koostachin – la chef Teresa Spence décrète l’état d’urgence et demande à la Croix-Rouge canadienne d’intervenir dans son village. La cinéaste est là et, intra-muros, elle captera les difficiles conditions de vie des habitants de la côte ouest de la Baie James. À sa manière, avec sobriété et compassion, elle documentera, filmera et interrogera la résilience de cette communauté crie.

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