Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Manifestations

Haïti : de la domination simple à la domination complexe

Par Walner OSNA[1], Université d’Ottawa

Manifestation du 22 janvier 2016 – Haut Delmas (Crédit : Stephen William Phelps)

Résumé

Cet article analyse la critique (contestation de l’État) et la domination en Haïti à la lumière de la pensée de Luc Boltanski en considérant deux régimes politiques différents. D’une part, nous montrerons qu’une critique radicale du régime de Jean Pierre Boyer (1818-1843) a existé et qu’elle a pris la forme de mouvements armés. Ne laissant pas de place à cette critique de s’exprimer, le régime de Boyer a établi une domination simple. D’autre part, la critique a évolué (s’est transformée) en critique réformiste. Celle-ci a fait face à une domination complexe sous le régime de Michel Joseph Martelly (2011-2016), notamment parce que ce dernier a essayé d’incorporer la critique en adaptant son régime au contexte national et international post-1986.

Mots-clés

Haïti ; domination simple ; domination complexe ; critique ; régime politique

Introduction

Les questions de la critique (contestation) et de la domination politique traversent toute l’histoire politique d’Haïti. La société haïtienne est issue de la contestation. Elle a mené la plus grande révolution de l’histoire en remettant en question l’ordre capitaliste colonial esclavagiste : en novembre 1803, des «captifs[2]» ont mis en déroute la plus grande armée de l’époque, l’armée napoléonienne. Après l’indépendance d’Haïti, la critique et la domination ont pris des formes différentes selon l’époque et le régime politique. Cet article a pour objectif de comprendre la question de la domination en Haïti à la lumière de la sociologie de Luc Boltanski, et ce, en analysant deux régimes politiques différents. D’une part, nous analysons l’existence d’une critique radicale, prenant la forme de mouvements armés sous le régime de Jean Pierre Boyer (1818-1843). Cette contestation radicale a fait face à une domination simple en ce sens que le régime politique ne laissait pas de place à l’exercice de la critique. D’autre part, plus récemment, la critique a évolué et s’est transformée en critique réformiste et a mené à une domination complexe sous le régime de Michel Joseph Martelly (2011-2016). Ce dernier a incorporé la critique même si c’est pour la détourner de sa visée.

Un coup d’œil à l’histoire du mouvement étudiant québécois pour enrichir le débat actuel sur la grève étudiante

Par Mauricio Correa, étudiant au doctorat en histoire à l’Université de Sherbrooke et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Il est essentiel tant pour la société que pour l’individu que l’étudiant puisse se consacrer « plein temps » à ses études. Le contraindre à des obligations financières par surcroît à celles qui relèvent de ses études, c’est taxer lourdement sa santé physique, intellectuelle, et parfois morale […] dans les classes les moins fortunées, l’on a nettement l’impression que l’éducation supérieure est un domaine qui leur est interdit […].

Manifestation nationale du 22 mars 2012 contre la hausse des droits de scolarité (Crédit photo : Pascal Scallon-Chouinard)

On pourrait croire, à tort, cette phrase issue d’une déclaration d’organisation étudiante participant à la grève du printemps 2012 contre la hausse des droits de scolarité implantée par le gouvernement Charest. Or, ce n’est pas le cas. Il s’agit d’un extrait d’un mémoire produit par l’Association générale des étudiants de l’Université de Montréal (AGEUM) et publié dans le journal étudiant Le Quartier latin (QL) le 27 janvier 1955. Cinquante-sept ans après la publication de ce travail élaboré par l’AGEUM, les enjeux relatifs à l’accessibilité et au financement de l’éducation supérieure demeurent à l’ordre du jour des luttes étudiantes.

Les revendications et la mobilisation étudiante en cours au Québec ne sont ni des actions ni des demandes nouvelles de la part du mouvement étudiant. Les actions sociales des étudiant.e.s en faveur de la démocratisation de l’éducation, tout comme les enjeux qui entourent le financement et le fonctionnement de l’éducation supérieure sont à la base même du processus d’organisation, de construction et de fondation des mouvements étudiants au Québec. Les relations conflictuelles entre pouvoir politique et organisations étudiantes sont un vecteur important de la construction sociale et identitaire du mouvement étudiant.

La visite de la reine Élisabeth II à Québec et le « samedi de la matraque », 1964*

Luc Nicole-Labrie

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Source : Marcel Laforce (photographe), L’Action, lundi 12 octobre 1964, p.1. Bibliothèque et archives nationales du Québec, consultation en ligne, 2 juillet 2011. On voit ici Jean Lesage accompagnant la Reine et le début de la légende de cette photo se lit comme suit : « UNE REINE DÉLICIEUSE, UN PREMIER MINISTRE HEUREUX […

Le duc et la duchesse de Cambridge (dixit William et Kate) sont en visite au Canada ces jours-ci. Ils étaient d’ailleurs présents lors des événements soulignant la fête du Canada à Ottawa le 1er juillet dernier (tel que rapporté sur Cyberpresse.ca). Ce voyage constitue une première sortie officielle à l’étranger pour le jeune couple marié et il est assuré, comme à chaque passage de la royauté au Canada, que des manifestations soient organisées par différentes tendances antimonarchistes, surtout au Québec, pour souligner cet événement. Faut-il rappeler qu’une de ces visites s’est soldée par l’une des manifestations les plus célèbres de la seconde moitié du XXe siècle au Québec.

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