Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Muséologie

Musée canadien des civilisations : aux larmes citoyens !

Par Laurent Turcot, professeur en histoire à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)[1]

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Musée canadien des civilisations. Crédit photo abdallahh.

Musée canadien des civilisations. Crédits : abdallahh.

Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annoncé mardi en grande pompe la création, ou plutôt la transformation, du Musée canadien des civilisations en Musée canadien de l’histoire. Cette décision fait partie d’un programme qui vise à promouvoir l’histoire du Canada à la veille du 150e anniversaire de la Constitution de 1867. Comme historien, je ne peux, à première vue, que me réjouir de cette décision. L’histoire enfin financée, voilà qui permet de respirer un peu.

Il me semble pourtant qu’il faut, aujourd’hui plus que jamais, accueillir ces décisions avec une grande précaution. Faisons œuvre d’historiens du temps présent. Prenons un peu de recul, rétablissons le contexte dans lequel cette décision s’inscrit, mais plus important, tâchons de comprendre l’idée qui est derrière.

On a souvent insisté sur le fait que la politique du gouvernement conservateur, depuis qu’il est au pouvoir, est d’enlever le plus d’État possible pour les contribuables. Moins d’impôts, moins de bureaucratie, moins de subventions, chacun pour soi et que le meilleur gagne. À la lumière de la décision d’aujourd’hui, il n’en est rien. La transformation du Musée s’inscrit dans une tendance qui fait craindre le pire.

Entre temps, au Musée canadien des civilisations…*

P.-F.-X, historien et blogueur[1]

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Un baleinier basque agonisant dans la Salle du Canada du MCC. Allégorie?

Après Parcs Canada et Bibliothèque et Archives Canada, faut-il maintenant s’inquiéter de l’avenir du Musée canadien des civilisations?  Ou plutôt du « Musée national d’histoire du Canada » ou du « Musée de l’histoire canadienne », car le Globe and Mail de samedi révélait en effet que le gouvernement fédéral compte annoncer le changement de nom de l’institution dans les jours qui viennent. Un changement de nom, soit. Avant d’être Musée canadien des civilisations, cette institution fut au fil des ans Musée national de l’Homme, Musée national tout court, et avant cela musée… de la Commission géologique du Canada.

Ce qui doit soulever une certaine inquiétude, par contre, c’est la suggestion que le musée changera en même temps de vocation, qu’il sera dorénavant appelé à accorder plus d’importance aux « événements marquants de l’histoire du pays, comme la guerre de 1812 ou le jubilé de la reine Élisabeth 2. »  Il s’agirait là d’un profond et malheureux appauvrissement de mission, dans la mesure où l’ethnologie et l’archéologie ont jusqu’à présent représenté les principaux atouts de l’institution. D’autant plus regrettable serait cette tendance événementielle, dans la mesure où les historiens ont saisi depuis plus d’un demi-siècle l’importance d’une histoire plus totale, qui se penche non seulement sur les personnages et les événements marquants, mais sur les tendances sociales et culturelles ainsi que sur la vie quotidienne. Enfin, l’implicite ici est que le choix de thématiques — « comme la guerre de 1812 ou le jubilé de la reine Élisabeth 2 » — ne reviendra non pas aux professionnels en histoire et en muséologie qui oeuvrent au feu MCC, mais plutôt au gouvernement au pouvoir. Misère!

Petite réflexion sur l’historien et le rôle d’interprète*

Luc Nicole-Labrie

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Source: Un guide des Services historiques Six-Associés interprétant Charles Dickens lors de la visite de Noël en 2004-2005, dans le Vieux-Québec, près du parc Cavalier-du-Moulin. (photographe, Annie Boulanger). Archives des Six-Associés.

Le congrès annuel de la Société des musées québécois se tenait du 12 au 15 octobre dernier à Québec. Sous la thématique Patrimoine immatériel et musée: enjeux et défis, le congrès a été l’occasion d’entendre plusieurs intervenants du milieu muséal, un milieu professionnel où il se pratique beaucoup d’histoire scientifique, venir présenter différents problèmes concernant le patrimoine immatériel. N’ayant pas pu assister aux séances, la tenue de ce congrès est néanmoins une belle occasion pour discourir encore un peu sur le rôle de l’historien hors des milieux universitaires. Et bien que, de source sûre, les intervenants du congrès n’aient pas vraiment abordé le rôle d’interprète, nous allons chercher à en parler un peu plus en détail. Un long billet qui n’est que le début d’une plus longue réflexion encore…

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