Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

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L’Union européenne face à la COVID-19 : le principe de « solidarité » et l’utilisation des événements historiques

Par Luca Sollai, chargé de cours et doctorant à l’Université de Montréal

La COVID-19 a frappé lourdement les pays de l’Union européenne qui essaient en ce moment de trouver des moyens pour lutter contre les effets de la pandémie. À ce jour, les pays européens n’ont pas été capables de s’entendre sur une solution partagée à l’intérieur de l’U.E et cette situation a ravivé d’anciennes querelles entre le groupe des États du sud de l’Europe, l’Italie, l’Espagne et la France entre autres, et le groupe de pays du nord, avec l’Allemagne et les Pays-Bas en tête.

La COVID-19 a frappé lourdement les pays de l’Union européenne qui essaient en ce moment de trouver des moyens pour lutter contre les effets de la pandémie. À ce jour, les pays européens n’ont pas été capables de s’entendre sur une solution partagée à l’intérieur de l’U.E et cette situation a ravivé d’anciennes querelles[1] entre le groupe des États du sud de l’Europe, l’Italie, l’Espagne et la France entre autres, et le groupe de pays du nord, avec l’Allemagne et les Pays-Bas en tête[2].

C’est dans le cadre de ce débat que le traité de Londres (1953) a été instrumentalisé par certains politiciens des pays du Sud. Suite à ce traité, ratifié après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs pays, dont la France et l’Italie, ont considérablement allégé la dette allemande. L’évocation récente de cet évènement historique visait à convaincre l’Allemagne de changer sa position, sous le prétexte d’une solidarité entre les États européens. Ainsi, le refus de l’Allemagne d’entendre la proposition de neuf pays de l’Union qui proposent de mutualiser les dettes de la crise, à travers la création de « Corona bonds », a causé une vague d’indignation, notamment en Italie. Ces critiques ont non seulement traversé les médias sociaux, mais aussi les institutions italiennes.

Effectivement, une contestation de la part des institutions italiennes se manifeste en date du 31 mars 2020 sur les pages du quotidien allemand conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung. En lançant un appel à leurs « chers amis allemands », les présidents des régions de Ligurie et d’Émilie-Romagne en plus de nombreux maires italiens demandent que l’Allemagne offre son soutien à la création de Corona Bond. Selon les auteurs de cet appel, ne pas s’engager dans cette direction menacerait la survie même de l’Union européenne. En critiquant la position des Pays-Bas et en exhortant l’Allemagne à prendre la « bonne décision », les institutions italiennes dénoncent un certain manque d’éthique et de solidarité dans le refus des Corona Bonds. L’argument avancé est le rappel des décisions prises lors du traité de Londres en 1953, où 18 pays, dont la France et l’Italie, ont accepté la réduction de la dette allemande. Ces élus italiens déclarent que « l’Italie est encore aujourd’hui fière et convaincue du bien-fondé de cette décision »[3].

L’utilisation de l’histoire comme outil d’analyse est récurrente dans cette pandémie. Plusieurs références ont été faites à la grippe espagnole, par exemple, pour tenter d’éclaircir la situation actuelle. L’utilisation de pouvoirs spéciaux par les gouvernements pendant cet état de crise a aussi fait l’objet de comparaisons avec le passé. Dans le contexte actuel, la récupération d’un événement historique, comme celui de l’allégement de la dette martiale allemande de 1953, peut apparaître pertinent et approprié, surtout lorsque ça permet de faire voir l’incohérence de certains États, notamment l’Allemagne, face à la crise. En réalité, sous l’utilisation rhétorique, le traité de Londres est évoqué comme solution sans qu’aucun contexte, ni historique ni géopolitique, ne soit précisé : en l’occurrence, les concepts « d’éthique » et de « solidarité » étaient-ils effectivement à la base de la décision sur la dette de guerre allemande en 1953?

En réalité, la question de la dette allemande des années 1950 s’explique par des dynamiques bien plus nuancées et complexes. D’emblée, il convient de s’attarder aux conjonctures historiques qui expliquent la ratification du traité de Londres.

Le contexte historique du traité de Londres

Pour commencer, on ne peut pas évoquer 1953 sans prendre en considération le contexte de la Guerre froide. Cette guerre atypique avait provoqué la division du monde en deux blocs rivaux et avait conditionné l’ensemble des relations internationales[4]. La question de la dette de guerre s’est jouée dans cette réalité dominée par des questions géopolitiques et non pas en raison d’un élan de solidarité ou pour des raisons d’éthique.

Voyons cela plus en détails. Dans le contexte de l’après-guerre, la République fédérale d’Allemagne est devenue le pilier de la stratégie d’endiguement du communisme de l’administration américaine. À la suite de la division de l’Allemagne en deux états, la RFA (sous influence occidentale) et la RDA (sous influence soviétique), les États-Unis sont convaincus de la nécessité d’avoir une Allemagne forte et possiblement réarmée. En effet, « la vitalité et le potentiel économique de l’Allemagne apparaissaient indispensables au renouveau de l’Europe occidentale » [5]. Autrement dit, la défection de l’Allemagne n’a jamais été une option pour les États-Unis, ni pour l’administration Truman (1945-1953), ni pour celle d’Eisenhower (1953-1961).

De plus, les États-Unis veulent éviter que l’Allemagne se retrouve dans la même situation qu’après la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire confrontée à des conditions de paix très dures et à de lourdes réparations de guerre comme celles imposées par le traité de Versailles. Ils y voient la cause de l’instabilité économique et politique qui a été favorable à la montée du nazisme.

Les États-Unis agissent donc après la Seconde Guerre mondiale de sorte qu’on observe une considérable réduction de la « Post-war debt » de l’Allemagne. Pour la période entre 1945 et 1952, elle passe de 3,8 billions de dollars à 1,5 billion[6]. Les États-Unis ont à eux seuls assumé environ 85% de la réduction totale de la dette. Ces sommes ont été déboursées selon le principe qu’il fallait appliquer à l’Allemagne les mêmes conditions favorables qu’aux autres pays européens dans le cadre du plan Marshall, qui prévoyait environ 85% en « dons » et 15% en « prêts »[7].

Ensuite, il faut se rappeler qu’en 1953, on a déjà amorcé le processus d’intégration européenne, avec la création de la CECA (Communauté européenne du Charbon et de l’Acier) deux ans plus tôt. Cette organisation a institué la gestion commune de six états européens producteurs de charbon et de d’acier : RFA, France, Italie, Pays-Bas, Belgique et Luxemburg. Cette amorce d’intégration européenne est alors supportée par les États-Unis, qui voit une éventuelle Europe unie, incluant une Allemagne en santé, comme une formidable force d’opposition au communisme.  Cela limiterait les dépenses militaires américaines.

Comme le rappellent Christian Hen et Jacques Léonard, une des priorités américaines à l’époque était de renforcer l’Allemagne de l’Ouest, afin de dresser un rempart contre le bloc de l’Est. Rempart essentiellement économique; le développement de sa production de charbon et d’acier ne doit pas être ralenti par une quelconque opposition française. Selon Jean Monnet, la meilleure solution aura été de « mettre en commun les productions française et allemande en les plaçant sous la direction d’une Haute Autorité, organe supranational composé de membres indépendants » [8].

En 1952, dans leurs efforts conjoints en faveur de l’intégration, les six États fondateurs de la CECA, signent un traité en faveur de la création de la CED (Communauté Européenne de Défense) qui, sous le patronage de l’OTAN, établit la création d’une armée européenne, contenant des forces militaires allemandes[9].

Une interprétation erronée

Un examen rapide du contexte historique et géopolitique du traité de Londres de 1953 démontre bien comment ce pacte n’a pas été conçu comme un acte de solidarité des États européens envers l’Allemagne (RFA) mais qu’il a plutôt été le résultat de dynamiques liées au maintien de l’équilibre d’un monde bipolaire.

Pour éviter tout amalgame ou instrumentalisation, la contextualisation d’un évènement historique est primordiale. La gestion de cette crise s’avère très difficile puisque le processus décisionnel de l’utilisation de ressources financières doit être négocié sur deux niveaux : national et européen. Sans oublier certaines tensions entre les États de l’Union ces dernières années qui se manifestent entre autres par la naissance, ou la plus grande portée, de courants nationalistes et eurosceptiques de gauche ou de droite dans plusieurs États. Or, dans la conjoncture actuelle exceptionnelle, où la population est massivement confinée, où beaucoup perdent leur emploi, etc., chaque État membre de l’Union européenne s’attend à des réponses rapides et efficaces de la part de l’organisation.

L’interprétation erronée d’un évènement historique, comme celui du pacte de Londres, peut engendrer de graves conséquences comme la résurgence des nationalismes. L’instrumentalisation de cet évènement peut animer l’exaspération populaire et aggraver davantage la crise de l’Union européenne. Il est indéniable que les mécanismes politiques, institutionnels et décisionnels de l’Union doivent être revus et possiblement réformés. À l’heure actuelle, l’absence de plan prédéfini pour la gestion de crise le souligne. Mais les modifications structurelles de l’Union européenne ne doivent pas être motivées par l’émotion populaire du moment, ni sous quelconque menace d’une rhétorique nationaliste et populiste.

Dans une situation inédite comme celle d’une pandémie, alors que l’aspect émotif prend souvent le dessus sur le rationnel, nous, les expert.e.s en histoire, devons être prêt.e.s à offrir notre contribution. Cette contribution est plus que jamais essentielle car les prochains mois seront de plus en plus difficiles sur le plan politique et social : les longs confinements, l’augmentation probable des limitations aux libertés individuelles, des gouvernements qui vont étendre leur pouvoir d’intervention, etc. Le cadre inédit de la crise donnera probablement lieu à des polémiques politiques et des contestations sociales. Dans ce contexte, on doit s’attendre à ce que les événements historiques soient de plus en plus évoqués, souvent de manière instrumentale, et propagés sans contrôle par les médias sociaux.

Notre devoir en tant qu’expert.e.s de la matière est d’essayer de recadrer et d’expliquer l’histoire à l’intérieur de son contexte historique, politique et social, pour éviter la diffusion de faux mythes et éviter que l’histoire ne soit qu’un élément de la rhétorique polémique. Soyons vigilant.e.s, car dans un contexte extraordinaire comme le nôtre, toutes les expertises seront utiles pour analyser les faits et contrebalancer l’aspect émotionnel. La bataille sera longue, alors engageons-nous!


[1] Alexandre Massaux, « Europe du Nord contre Europe du Sud, la fracture qui va tout changer », Contrepoints [en ligne], 25 mai 2019, www.contrepoints.org.

[2] Thomas Wieder Isabelle MandraudJean-Pierre Stroobants et Virginie Malingre, « Coronavirus : les divisions de l’Union européenne la placent face à un « danger mortel » », Le Monde, [en ligne], 01 Avril 2020, www.lemonde.fr

[3] Mutualisation des dettes : le virus ne fait pas plier l’Allemagne, Le quotidien [en ligne], 31 mars 2020, www.lequotidien.lu.

[4] Stanislas Jeannesson, « V. Le système de guerre froide », dans Stanislas Jeannesson éd., La guerre froide, Paris, La Découverte, 2014, p. 96.

[5] Nicolas Vaicbourdt, « Les ambitions américaines pour l’Europe », dans Gérard Bossuat,

 et Nicolas Vaicbourdt. Etats-Unis, Europe et Union européenne / The United States, Europe and the European Union. Bern, Suisse. Peter Lang B, 2001, p. 22.

[6] H. J. Dernburg, « Some Basic Aspects of the German Debt Settlement », The Journal of Finance, Vol. 8, No3, (1953), p. 302.

[7] Timothy W. Guinnane, « Financial Vergangenheitsbewältigung: The 1953 London Debt Agreement », Bankhistorisches Archiv. Vol. 40, No 1–2, (2014), p. 87.

[8] Christian Hen et Jacques Léonard. « I. La logique de la Communauté : une intégration économique approfondie », dans Christian Hen éd., L’Union européenne. Paris, La Découverte, 2006, p 13.

[9] Vaicbourdt, Op. cit., p. 36-38. 

Les droites extrêmes en Europe : recension

Par Olivier Bérubé-Sasseville, candidat au doctorat en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM)

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Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg, respectivement chercheurs à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques et au Centre d’études politiques de l’Europe latine (CNRS-Université de Montpellier), sont tous les deux liés à l’Observatoire des radicalités politiques de la fondation Jean-Jaurès et au programme European Fascism de l’université George Washington. Ils sont régulièrement invités à commenter l’actualité des droites radicales en France et en Europe. Dans leur plus récent livre, Les droites extrêmes en Europe, paru en novembre 2015, ils nous proposent un portrait exhaustif de la galaxie de tendances des droites radicales européennes.

La première section de l’ouvrage intitulée « Comment naissent les extrêmes droites », propose, par un détour obligatoire à l’histoire politique française, un retour à la fois historique et théorique sur l’avènement de l’extrême-droite et permet d’en exposer les diverses manifestations de la fin du XIXe siècle à 1945. Dans cette partie, les auteurs exposent notamment les dynamiques de réaction et de contreréaction, le basculement du nationalisme du camp républicain vers la droite et le développement d’un puissant antisémitisme qui cristallise la tendance. Il existerait, selon les auteurs, plusieurs degrés de radicalité au sein des courants d’extrême droite. Exposant la distinction entre « nationaux » et « nationalistes », ils expliquent que divers mouvements d’intensité idéologique variable se développent dans des dynamiques qui les poussent tantôt vers la collaboration, tantôt vers une logique de compétition.

L’évolution du concept de la toxicomanie au Canada, ou comment le legs des mœurs chrétiennes amplifie un problème de santé publique

Par Marie-Pier Arsenault, MD, et Sarah McConnell-Legault, MD[1]

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La consommation de drogues, mais surtout les conséquences néfastes et parfois funestes de cette consommation, ont tenu une place prépondérante dans les journaux québécois à l’été et à l’automne 2014. En effet, l’épidémie de décès par surdoses et l’abus d’opiacés d’ordonnance ont fait les manchettes pendant plusieurs semaines. Depuis ce temps, ces sujets se sont progressivement effacés des médias provinciaux, créant une impression de volatilité du phénomène. Pourtant, la toxicomanie est certainement un des plus vieux problèmes de santé connus et demeure fréquente à travers les générations et les sociétés, ce qui en fait un important enjeu de santé publique. Les surdoses sont d’ailleurs un phénomène chronique et cyclique. Malgré cela, la représentation des drogues dans la presse n’est pas un thème soutenu, mais apparaît plutôt au gré des exacerbations, créant alors un évènement dont il est de bon ton de parler pour un instant. Une étude française (Fortunée, 2005) fait non seulement le constat de la faible appropriation de ce thème dans les médias, mais remarque également qu’il y a eu évolution dans la manière de traiter du sujet. Celle-ci allant d’un danger menaçant le corps social à une problématique plus complexe amenant à la marginalité et la précarité. Ces analyses démontrent une évolution récente dans l’interprétation sociétale de ce qu’est la toxicomanie. Nous nous sommes intéressées à ce phénomène et proposons ici une courte mise en contexte du rapport des Canadiens aux drogues dans le siècle dernier afin de mieux comprendre l’évolution de la conception de la toxicomanie dans notre pays. Cette perspective historique nous permet de faire une mise au point sur les enjeux actuellement éprouvés au Québec et de démontrer comment ils demeurent intrinsèquement reliés à notre passé collectif.

Défier l’ordre établi? Les femmes les plus fortes du monde

Par Élise Detellier[1]

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Si le phénomène historique des hommes forts est relativement bien connu au Québec – surtout depuis la sortie du film sur Louis Cyr –, celui des femmes fortes l’est moins, sans doute parce que la force est davantage une caractéristique masculine que féminine. Pourtant à la même époque que Louis Cyr, certaines femmes fascinent elles aussi les foules par leurs tours de force. Elles s’imposent alors dans un monde plus volontiers associé aux hommes, celui de la force physique et de la puissance musculaire, et narguent l’idéal féminin du tournant du XXe siècle selon lequel les femmes ont supposément une constitution physique plus frêle et délicate que celle des hommes. Qui sont ces femmes qui osaient défier l’ordre établi?

Il y a d’abord Marie-Louise Sirois[2]. Née à Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1866, elle quitte la région pour la Nouvelle-Angleterre à l’âge de douze ans. À dix-sept ans, elle étonne son entourage en soulevant deux ou trois fois de suite un baril de 243 livres à la hauteur d’un comptoir. Mais c’est à Salem, Massachusetts, à l’âge de vingt-cinq ans, qu’elle se fait remarquer pour ses exploits de force. Elle est alors dans le gymnase de son mari, l’homme fort Henri Cloutier, où quelques amateurs tentent sans succès de soulever un plateau contenant 400 livres d’haltère.  Comme elle ridiculisait leurs tentatives, elle se fait mettre au défi de réussir l’exploit, ce qu’elle parvient à faire du premier coup. Elle surmonte une nouvelle fois l’exploit le lendemain en ajoutant 75 livres de plus au plateau. Réunie pour l’occasion, la foule ébahie l’applaudit à tout rompre. Sa carrière de femme forte commence…

La contribution canadienne à la démocratisation du Mexique : une entrevue de Maurice Demers avec Jean-Pierre Kingsley à propos du processus électoral en 2012

Maurice Demers, Université de Sherbrooke

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Jean-Pierre Kingsley

Encore une fois, le résultat des élections présidentielles au Mexique est contesté. Il faut dire que le processus de démocratisation du pays est encore jeune et fragile. Pendant près de 70 ans, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a gouverné ce pays. Un allié des États-Unis, bénéficiant d’une économie florissante de la fin des années 1940 au début des années 1970, le Mexique a longtemps été gouverné par un parti politique qui dominait tous les leviers politiques et socioéconomiques du pays; une dictature parfaite diront plusieurs. L’élection de 1976 fait tomber les prétentions démocratiques du régime, car José López Portillo (PRI) est élu avec près de 92 % des voix, étant le seul candidat dont le nom figurait sur les bulletins de vote… Cette fâcheuse situation incite le parti au pouvoir à lancer un processus de démocratisation en 1977, afin de mieux intégrer les partis d’opposition dans la démarche électorale. C’est la première phase de l’ouverture démocratique. En 1988, alors que le candidat de la coalition de gauche semble sur le point d’emporter l’élection présidentielle, le système qui comptabilise les votes flanche… et fait ressortir une tendance complètement différente lorsqu’il reprend du service trois heures plus tard. L’élection de Carlos Salinas de Gortari (PRI) est entachée par les irrégularités du processus électoral. On décide donc de créer un institut indépendant pour gérer les élections, l’Instituto Federal Electoral (IFE), afin d’approfondir les procédures de réformes démocratiques. À terme, ces dernières permettront aux partis d’opposition d’obtenir une majorité de députés au Congrès (en 1997) et au candidat du Partido Acción Nacional (PAN), Vicente Fox, de ravir la présidence au PRI en 2000. Mais le virage démocratique du Mexique est loin de se terminer avec la perte de pouvoir du PRI.

Invité par des collègues travaillant pour l’Institut Fédéral électoral (IFE) mexicain, je me suis rendu au Mexique pour assister au processus électoral de 2012 en tant qu’observateur international. Lors des journées d’information organisées par l’IFE pour les observateurs étrangers, Jean-Pierre Kingsley, directeur général des élections du Canada de 1990 à 2006, a présenté une communication concernant le processus de réformes électorales au Mexique entrepris depuis le début des années 1990. Il révélait pour la première fois la collaboration étroite du Canada à l’élaboration du système actuel. Je me suis entretenu avec M. Kingsley pour en savoir plus sur la contribution canadienne à ce processus d’amélioration du système électoral mexicain. M. Kingsley, qui a reçu du Président Fox, en 2006, la médaille de l’aigle d’or aztèque, le plus grand honneur décerné à un étranger par le Mexique, m’a aussi fait part de ses impressions sur le processus électoral de 2012.

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