Par Guillaume Vallières, étudiant à la maîtrise en histoire à l’Université de Montréal et membre étudiant au Centre d’histoire des régulations sociales

Il est souvent difficile pour les étudiant.e.s en sciences humaines et sociales de s’ouvrir sur leurs émotions et sur leur vécu dans le milieu universitaire. Bien que la réalité ne soit pas la même dans toutes les disciplines et dans toutes les universités, le contexte scolaire est généralement inadéquat pour ce genre de comportements, considéré comme un débordement, une digression à une loi non écrite demandant une neutralité émotionnelle. Lorsque les sujets d’étude mènent à l’émotivité, les universitaires se retrouvent tiraillé.e.s entre le désir de répondre aux exigences de performances qui leur sont imposées et une série d’émotions qui leur demandent de prendre une pause, une forme de considération plus profonde ou un peu de recul face à leur terrain.

Les sources peuvent parfois être totalement impitoyables de par la charge émotive qu’elles portent en elles. Dans ces circonstances, certain.e.s étudiant.e.s se trouvent désavantagé.e.s par rapport aux autres. Toutes les archives ne sont pas aussi émotivement « chargées » et tous.tes les étudiant.es n’ont pas le même vécu. Impossible donc de réagir de la même façon face aux documents étudiés. Malheureusement, nous ne pouvons pas laisser nos traumatismes à l’entrée des centres d’archives avec nos sacs à dos. Non… nous les trainons jusque dans les salles de consultation et devons parfois les voir ressurgir dans les sources analysées.

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