Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Biographie

Charles Roach : combattant, prince et serviteur de son peuple

Affiche : Naomi Moyer
Texte : Barrington Walker
Traduction : Marie-Laurence Rho

En 1988, l’iconoclaste Charles Roach s’est lancé dans une bataille contre le gouvernement canadien pour abolir le serment à la Reine comme condition à l’obtention de la citoyenneté canadienne. En 1992, son cas avait été rejeté en Cour d’appel, mais en 2012, Roach, qui était alors gravement malade, s’est lancé à nouveau dans une procédure similaire : « Je ne me vois pas prêter serment à un symbole raciste… Ça va à l’encontre des libertés fondamentales », disait-il. La lutte de Roach pour les libertés fondamentales et son indignation face à l’idée de devoir prêter allégeance à un monarque britannique – une figure qui représente pour lui la colonisation et l’esclavage – caractérise le travail d’une vie pour celui qui est devenu l’un des activistes pour les droits civiques les plus importants au Canada.

Anne Clare Cools

Par Christine Chevalier-Caron, doctorante en histoire à l’UQAM et chercheuse à Histoire, femmes, genre et migration

À l’initiative des professeures Magda Fahrni et de Yolande Cohen, un projet de vignettes biographiques subventionné par le Réseau québécois en études féministes a été lancé. La biographie d’Anne Clare Cools s’inscrit dans ce projet visant à restituer aux femmes la place qui leur revient dans l’histoire. Cools a pris activement part aux mobilisations aujourd’hui appelées l’Affaire Sir George William. L’’occupation s’étant terminée un 11 février, nous vous proposons de rencontrer cette femme qui fut, aussi, la première sénatrice noire du Canada.

Anne Clare Cools est née le 12 août 1943 à la Barbade, alors colonie britannique. Sa mère, Rosie Gordon Miller est femme au foyer, et son père, Lucius Unique Cools, est pharmacien. Dans son milieu familial, l’éducation, le civisme et le devoir social sont valorisés[1]. En 1957, bien que l’immigration antillaise au Canada soit encore un phénomène marginal, Anne, âgée de 13 ans, et sa famille émigrent à Montréal.

Anne C. Cools intègre l’école secondaire Thomas D’Arcy McGee, située au 220, avenue des Pins Ouest, où elle est la seule étudiante noire. Après ses études secondaires, au début des années 1960, elle s’inscrit à l’Université McGill en travail social. Des mouvements sociaux, dont le Black Power, présents surtout aux États-Unis, se déploient aussi à Montréal, particulièrement au sein de groupes d’étudiants.es Noirs.es fréquentant les universités anglophones et entretenant des liens avec le reste de la diaspora. En 1965, Anne C. Cools participe à la création d’une importante organisation militante de personnes originaires des Caraïbes, le Caribbean Conference Committee[2] (CCC). Faisant partie du « noyau politique de gauche du groupe[3] », elle organise avec le Comité des conférences plusieurs fois par année pour faire connaitre l’histoire de la région, mais aussi dans le but de transformer la politique aux Caraïbes. Dans les années 1960, elle est la seule femme occupant un poste important au sein du CCC.

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

%d blogueurs aiment cette page :