Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Histoire des femmes Page 2 of 11

« South Side Girls. Growing up in the Great Migration » : re/penser le discours sur la jeunesse féminine noire

Samia Dumais, étudiante à la maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Montréal

Le nord des États-Unis symbolise l’affranchissement et l’émancipation pour de nombreux Afro-Américain·e·s. Plus de 190 000 Noir·e·s s’établissent à Chicago lors de la Première Grande Migration afin d’échapper aux tensions raciales qui sévissent dans les États du Sud, mais aussi pour trouver des emplois suite à l’industrialisation de nombreuses métropoles du Sud. L’arrivée massive des Afro-Américain·e·s ne passe pas inaperçue dans le paysage urbain de la ville et chamboule la société blanche chicagoane. L’impact de la Grande Migration sur la reconfiguration des familles afro-Américaines et sur les rôles de genre sont des thématiques qui ont été abordées par de nombreux historien·ne·s. Toutefois, peu se sont penché·e·s sur l’expérience individuelle des acteurs·ices de cette migration. L’historienne Marcia Chatelain, enseignante à l’Université de Georgetown et spécialiste de l’histoire afro-américaine , remédie à cette invisibilisation dans son ouvrage South Side Girls : Growing Up in the Great Migration, paru en 2015 aux éditions de la Duke University Press.

Cette monographie spécialisée décortique les tensions raciales et les changements socio-économiques liés à la Première Grande Migration, entre 1910 et 1940, mais porte une attention particulière au vécu des jeunes afro-américaines. Chatelain se penche sur la construction du discours de la jeunesse féminine noire par les adultes ainsi que les répercussions institutionnelles et individuelles de ce dernier. Plutôt que de suivre les interprétations de nombreux intellectuel·le·s···· qui dépeignent ces filles comme vulnérables et assujetties, l’autrice démontre les stratégies développées par et pour elles au sein de diverses institutions. Chatelain explique que l’absence des jeunes filles noires dans l’historiographie de la Première Grande Migration peut être attribuée à la fausse croyance selon laquelle les filles ne sont pas présentes dans les archives, ou bien que leur expérience ne soit pas pertinente dans le cadre temporel étudié. L’autrice pallie ce manque grâce aux nouveaux « outils analytiques » (p.5) qui proviennent de divers champs historiques tels que l’histoire des femmes afro-américaines et l’histoire de l’enfance. L’analyse de Chatelain est teintée des travaux de l’historienne Darlene Clark Hine sur les stratégies employées par les femmes noires pour évoluer dans la sphère publique malgré l’existence de traumas profonds et de pensées intrusives chez ces dernières (p.6). Considérant que l’identité et l’existence des jeunes filles noires sont un danger pour leur sécurité dans les États du Sud, les théories de Clark Hine sont essentielles dans l’analyse de Chatelain.

Qui sont ces filles ?

Chatelain démontre que son ouvrage s’inscrit dans les Girlhood Studies grâce à une question posée dans son introduction : est-ce qu’un âge particulier peut délimiter la fin de la jeunesse et le passage à l’âge adulte chez les jeunes filles noires? De nombreuses historiennes telles que Rachel Devlin et Miriam Brunnell-Forman (p.181) se sont penchées sur la construction de l’imaginaire de la jeunesse féminine aux États-Unis. Cet imaginaire est créé culturellement et varie constamment selon les composantes identitaires qui transforment l’expérience de l’agente historique. Chatelain définit les jeunes filles noires à travers trois variantes : les discours législatifs provenant des représentant·e·s de la protection de l’enfance, l’âge de consentement (qui varie entre 14 et 18 ans dépendamment des États) et les rapports de présence scolaire obligatoires.  Les protagonistes de l’ouvrage de Chatelain ont donc 18 ans ou moins, ne sont pas mariées et dépendent de leurs parents ou d’institutions encadrantes afin de subvenir à leurs besoins (p.14). Chatelain reconnaît toutefois qu’elle ne croît pas à l’existence d’une définition rigide sur la jeunesse féminine noire, particulièrement sur la question de l’âge de consentement.

Les promesses de la Première Grande Migration sur le vécu des jeunes filles noires : scolarisation, revendications et déceptions

Les raisons qui poussent les familles afro-américaines du Sud à migrer vers le Nord sont variées. Or, Chatelain précise qu’il serait faux de croire que l’expérience des jeunes filles noires dans le Sud n’est pas prise en considération dans la décision de partir. Au contraire, c’est parfois une mauvaise expérience qui motive la bulle familiale à migrer. Chatelain donne un exemple concret de ce constat grâce à un article de journal publié au sein du très populaire Chicago Defender. L’archive datant de mai 1910 révèle les conditions précaires des jeunes filles noires dans le Sud des États-Unis ; une nounou de seulement 10 ans est emprisonnée après avoir supposément empoisonné un bébé de 3 mois et un bambin de 2 ans (p.7). Cet exemple illustre les limites des réglementations législatives pour les filles, qui se retrouvent jugées sévèrement en dépit de leur jeune âge. À la lumière de cet article, Chatelain déduit trois problématiques qui provoquent la migration : les jeunes afro-américaines qui vivent dans les états sudistes n’ont pas d’encadrement scolaire, elles intègrent le monde du travail à un jeune âge et elles se retrouvent dans des situations d’extrême vulnérabilité, délaissées par des institutions censées les protéger (p.7).

Les quatre chapitres de South Side Girls guident lea lecteur·ice à travers l’expérience migratoire des jeunes filles noires et de leurs familles, qui espèrent que le Nord leur procurera les conditions nécessaires à l’épanouissement et à la sécurité des Afro-Américain·e·s.  La recherche de Chatelain se distingue par la réinterprétation de sources variées afin que l’expérience et la voix des filles transparaissent davantage. Outre la présence de photos des actrices à l’étude qui humanisent l’argumentaire de Chatelain, la voix des Afro-Américaines transparaît dans divers milieux de la société chicagoane. Un exemple est la Amanda Smith Industrial School for Colored Girls. Chatelain utilise l’autobiographie de la directrice de cette institution, Amanda Smith, afin d’observer comment l’expérience de vie de cette dernière contribue à la création d’un discours propre sur la jeunesse féminine noire ; discours qui sera par la suite enseigné aux jeunes filles (p.39). Chatelain utilise des articles du Chicago Defender pour démontrer l’agentivité des Afro-Américaines lors de la Grande Dépression. Pourtant, ces articles méprisent les revendications des jeunes afro-américaines et mettent l’accent sur les opportunités qu’elles ratent à travers l’agitation qu’elles causent dans la ville (p.124,126,127). Lorsqu’il est question des déceptions des jeunes filles face à leurs attentes suite à la migration, Chatelain réinterprète les réponses des Afro-Américaines grâce aux entrevues réalisées par Edward F. Frazier dans son ouvrage The Negro Family publié en 1932(p.150).

South Side Girls est rédigé d’une main de maître par son autrice, qui fait preuve d’une incroyable habileté à faire parler ses sources pour fournir un récit poignant sur l’expérience des jeunes filles migrantes à Chicago. Chatelain laisse toute la place à la perspective des jeunes filles noires sur ces institutions plutôt que de se lancer dans des interprétations empiriques qui auraient pu invisibiliser la particularité de leur expérience. South Side Girls est donc un ouvrage versatile, qui s’inscrit dans divers champs historiographiques : l’histoire des filles, l’histoire des migrations et l’histoire des Afro-Américain·e·s.

Ta jupe est trop courte: sors de l’église… ou plutôt la classe

Par Mathilde Michaud, University of Glasgow

Je ne choquerai personne en disant que les sociétés occidentales ont, aujourd’hui et par le passé, tenté de contrôler l’apparence des femmes. Il est cependant plus difficile de convaincre que la rhétorique derrière cette gestion corporelle au 21e siècle ressemble presque en tout point à celle mise en œuvre par l’Église catholique québécoise du 19e siècle. Depuis plus d’une semaine déjà, l’actualité québécoise est traversée par cette seconde tentative d’élèves du secondaire de provoquer un changement quant à l’application des codes vestimentaires dans leur école. Cet évènement, et plus particulièrement la mise en exergue des codes adressés aux adolescentes, m’offre une occasion parfaite pour dresser les ressemblances entre ce mouvement et la gestion des corps des femmes par l’Église catholique il y a plus de 100 ans.

Recension : Sarah Beaudoin et Gabriel Martin. Femmes et toponymie : de l’occultation à la parité

Par Kathleen Durocher, Université d’Ottawa

Source: http://www.editionsdufleurdelyse.com/

Publié en 2019 aux éditions du Fleurdelysé, Femmes et toponymie paraît à une époque où l’enjeu de la parité homme-femme est dans l’air du temps. Parallèlement, la remise en question de la pertinence certains personnages masculins honorés dans l’espace public nous amène aussi à reconsidérer l’idée du mérite en ce qui a trait à la toponymie. Rédigé par Sarah Beaudoin, conseillère en communication, et Gabriel Martin, linguiste, une autrice et un auteur engagé.e.s dans différentes causes féministes, notamment liées à la toponymie[1], cet ouvrage assez bref de ses 125 pages est riche en contenu et en profondeur. Malgré l’intérêt grandissant pour la question, le travail de Beaudoin et Martin est le premier ouvrage offrant  un tour d’horizon de la place des femmes au sein de la toponymie québécoise. Cette publication s’intéresse à la fois aux aspects historiques et contemporains de cet enjeu ainsi qu’à ses avancées et défis à venir. De manière agile et efficace, ce livre nous offre une vue d’ensemble accompagnée d’exemples précis et concrets à l’appui. Au final, Femmes et toponymie offre une première monographie entièrement dédiée à cette problématique, une publication qui « représente un jalon, qui contribue à consacrer l’importance d’un enjeu parfois négligé. (p. 3) »

Pour ce faire, cet ouvrage se divise en cinq sections distinctes. L’historique de la parité toponymique au Québec se fait d’entrée de jeu (chapitre 1), suivi d’un inventaire de mythes et de réticences face à l’intégration accrue de noms féminins (chapitre 2) puis de la proposition d’une banque de toponymes potentiels et la Charte pour une toponymie paritaire (chapitre 3 et 4). Le tout se conclut par un épilogue féministe rédigé par Sarah Beaudoin.

La perspective historique présentée s’attarde à deux cas particuliers, Montréal et Sherbrooke. Ceux-ci illustrent les progressions et les défis rencontrés pour une plus grande prise en compte des femmes dans la toponymie québécoise. Sans remonter le long parcours de l’évolution toponymique en sol québécois, l’auteur et l’autrice soulèvent les progrès observés depuis les années 1980, en particulier dans la dernière décennie.

Dans « Montréal est-elle bien une femme? », l’auteur et l’autrice nous invitent à revoir l’histoire récente du débat entourant la parité toponymique à Montréal, principalement à partir de 2014 lorsque les conseillères Érika Duchesne et Valérie Plante se sont emparées du dossier. Le 375anniversaire de la Ville sert alors de contexte propice pour faire progresser la parité toponymique, notamment avec la banque Toponym’Elles qui voit le jour. Dès lors, Montréal « devient la première municipalité québécoise à s’attaquer vigoureusement et avec éclat à la question de la féminisation de sa toponymie (p. 19) ». D’autres projets s’ensuivent, par exemple avec les noms potentiels pour une éventuelle ligne rose dans le métro de Montréal. De plus, plusieurs noms de femmes se sont depuis ajoutés aux paysages urbains. 

Atamit anite ka ishpitenitakuak shipu

Utakunikana kie ka tshitshipanitat Fanny “Aïshaa” (Ipet Muanan ka innushtat umenu)

Ute nukushu Menissa Muanan-Dupuis, ishkueu an ka ishinakuannit tshetshi nishtuapamakanit kie ka ashinet, innushkueu, ukaumau, utshimashkueu mak ka pimutatat innu-aitunnu.  Menissa, uin ka uitshiaushit ka tshitshipanitat atusseunnu eshinikatenit Idle no More ute « Uepishtikueiau-assit ». Ume akunikan ka tutuakanit, utshipanu anite peikuau e tshishkutamashut, ka ishinikatenit ‘Projet Rioux’, nete uinuat shipit Saint-Laurent, Bic ka ishinikatakanit assi, anite enukuak nipi e mamunikuiat. Ui nukutakanu eshinakuak assi anite shipu uinuat kie ne shipeku ka ishinikatet Saint-Laurent. Unashinatauakanipan ne Menissa miam ashuapamaushupan, nenua ushkat utauassima. Ui uapatiniuenannipan eshpish minuashinit kie tekuannit utipenitamunuau ishkueuat ka takunahk nipinu, ka patshitinahk inniunnu kie ka nakatuapatahk nipinu.

Nipi e nakatuapatakanit, kassinu nenu ishkueuat utatusseunuau ka mishta-ishpitenitakuannit. E ashuapamaushunanut issishuemakan shaputuepanu inniun mak ishinakuan tshetshi nakatuapatakanit, tshetshi kau itishinakanit anite shipit, ne ka mishat shipu ka tapishimikuiaku, e ukaumauiaku nuash anitshenat tshitanishinanat. Eukuan an ashit tshekuan ka nakatamakauiaku, ka inniuimakak tshekuan, ka nukuak ka tapuenanut, nipi e inniuimakak ka takuak neme ushkat ka tshitshipanit innuat e taht, ka ishinakuak tshitatusseunnu tshetshi nakatuapatamak tshetshi shaputuepanit e nashatak meshkananu nete nikan tshetshi aianishkat auenitshenat tshe taht takuannit nipinu.

Neme ka nukuak shipeku anite unashinataikanit, eukuan ua tshissitutamunikauiaku e tapitiki neni assia kie ne nipi. Anite akuashkuaikanit, ui uapatiniuenanu tan ka ishinakuak assi ka utinakanit ka pikunakanit mak ashit tan eshinakuak eshpish takuaki tshekuana, ne e uinakutakaniti nipia, ka katshitaukuht mishta-mitshet auenitshenat mak aueshishat. Ka utinakanniti utassiuaua innuat ka pikunakanniti nenua utipenitamunuaua, ne nanimissiu-ishkuteu e tutakanit, atamit ua itashkamutakaniti kutashkueua tshetshi pimikaut pimi mak e pimishkaht ishkuteu-utat, ne eshpish ui shuniatshenanut ute Kanata-assit katshitaikanu ne assi, aituna, e nishtuapamitishut auen, aimuna kie kutaka tshekuana. E nukutakanit inniun ka takuak anite atamit shipekut, anite ut innushkueu utatusseun ui nukutakannu eshi-tapishiniht ishkueuat mak nipinu kie assinu.  Mak e ui uapatiniuenanut ka ishpish manenitakaniti assia mak ne nipi tapitin anite etashiht innushkueuat e matshi-tutuakaniht.  E tshishtakanit, ne unashinataikanit ui nukuiakanu Menissa mak anitshenat ka ushkuiht ka nakatuapatahk nipia ka shaputuepaniht e natukuitaht nipinu mak ka tutahk inniunnu tshetshi shaputue takuak, shaputuepanit.

Nimishta-ashinen katshi peshauak Menissa Muanan-Dupuis. Nete Ekuanitshit utshipanu. Nitishpitenimau etenitakushit: pimutatau aitunnu, apashtau kamatau-pikutakannit, ka aiminanunit, akunikana, aiatshimuna mak tipatshimuna uetshipaniti nete Nitassinan (innuat unatau-assiuaua). Nenu ka nashatak tshekuannu mak utatusseun eshakumitshishikua e uitshi-atussemat mitshet innu-assi, innu-utshimaua, mashinaikanitshuapa mak atusseuna e tutakaniti tshetshi ait apishish ishinakuak neme ua itsheuenakannit anitshenat ushkat ka utinamuaht innua utipenitamunnua.

Ume anutshish ne assi Kanata ka tshissinuatshitat peikumitashumitannuepipuna ashu patetat-tatunnu eshpish takushiniht anitshenat ka tshimutiht assinu, nui patshitineti ume aimun tshetshi nashkumikau anitshenat ka tshishpeuatahk, ka nakatuapatahk inniunnu mak ka ishinniunnanunit kie tshetshi minuinniuniti aianishkat tshe petuteniti. Ne akunikan eukuannu ashit tshe ut tshi nashkumikau auenitshenat nikan ka taht eshamitshishikua ka mashikak nenua atusseuna eka ka minuaniti mak ka tutahk tshetshi mishkutshipaniti aituna kie tshe uitshikuht e nakatuapakahk inniunnu nete nikan, aianishkat innuat, nishuasht-tatuau nete nikan tshe takushiniht aianishkat auenitshenat.

Biographie

Fanny “Aïshaa” ka matau-pikutasht an, e peikussit ka tshishkutamatishut, ka peshaitshet anite ashtamitat kie ka mishta-minuatak etatusset. Kassinu anite eshi-pikutat ui tutamu tshetshi tshikanakuannit kie tshishkutamatishunanunit mitshet eshinniunanunnit, tshissenitamuna, atusseuna mak tan tshe itatussenanut tshetshi nikan ashtakanit inniun, kuishku ishinakutakanit innu utatusseun mak tshetshi ishpitenitakanit eshinakuak assi.

Aimun : Ume peshaikan utshipannu anite utakunikana Menissa ka tutat MADOC.

Les lectures suggérées

The Kino-nda-niimi Collective, eds. The Winter We Danced: Voices from the Past, the Future, and the Idle No More Movement. Winnipeg, MB: ARP Books, 2014.

LaDuke, Winona. The Winona LaDuke Chronicles: Stories from the Front Lines in the Battle for Environmental Justice. Black Point, NS: Fernwood Publishing, 2017.

Lambert, Vincent, and Isabelle Miron, eds. J’écris fleuve. Montréal: Leméac, 2015.

Manuel, Arthur, and Grand Chief Ronald M. Derrickson. Unsettling Canada: A National Wake-Up Call. Toronto: Between the Lines, 2015.

Nametau Innu. “Territory : Nitassian.” Nametau Innu. http://www.nametauinnu.ca/fr/culture/territoire.

Pour plus de suggestions de lectures, voyez le site du Graphic History Collective.

 

Colloque Toujours debouttes! : entrevue avec Camille Robert

Les 21 et 22 novembre se tient à l’UQAM le colloque « Toujours debouttes. Perspectives sur le renouveau féministe au Québec ». HistoireEngagée vous propose une entrevue avec l’une des co-organisatrice de l’événement, Camille Robert, afin de présenter plus en détail les motivations derrière l’organisation de ce colloque ainsi que les différents panels et communications, dont les titres annoncent des réflexions et des critiques tout aussi intéressantes que pertinentes.

Le titre du colloque « Toujours debouttes. Perspectives sur le renouveau féministe au Québec » a quelque chose d’intéressant : il reprend une expression liée à un des mouvements féministes québécois des années 1970 tout en rendant compte d’une volonté de réfléchir à des enjeux plus actuels. Pour le détailler, peux-tu contextualiser l’utilisation du « debouttes » et aussi expliquer un peu ce qui est entendu par « renouveau féministe au Québec ».

« Québécoises deboutte! » a d’abord été un slogan lancé par des militantes du Front de libération des femmes du Québec (FLF) au printemps 1971. Au départ, il référait à l’appartenance québécoise et à l’engagement indépendantiste des militantes du début de la décennie 1970, avec une référence évidente au joual… Il a ensuite été imprimé sur des autocollants, apposés un peu partout à Montréal, et a donné le nom au journal publié par le FLF (novembre 1971), puis par le Centre des femmes (novembre 1972 à mars 1974). Plus récemment, le documentaire audio Debouttes! de Jenny Cartwright ou l’éditorial « Toujours debouttes » de la revue À bâbord! ont permis de faire ressurgir ce slogan.

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