Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Histoire militaire

Le sergent d’armes, gardien de l’autorité parlementaire

Par Martin Pâquet, professeur au département des sciences historiques de l’Université Laval

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Kevin Vickers.

Certains s’étonnent du sang-froid de Kevin Vickers, sergent d’armes à la Chambre des communes, au moment de son entrée en Chambre des communes le 23 octobre dernier. En effet, le sergent d’armes n’a que très peu manifesté son émotion. En fait, en traduisant l’éthos de sa fonction, sa réaction est similaire à celle de René Jalbert à l’Assemblée nationale en mai 1984 : les officiers de police comme les militaires doivent se montrer impassibles en toutes situations. Sa réaction est aussi typique d’une tradition culturelle précise : celle des régimes parlementaires, dont le sergent d’armes est un gardien attitré.

Une fonction ancienne

Fonction qui se développe dans les parlements à partir du Moyen Âge, le sergent d’armes a entre autres comme responsabilité de maintenir l’ordre dans la Chambre ou dans l’Assemblée.

De Courcelette à Kandahar : les Québécois au combat

Carl Pépin, Ph.D., historien

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Sergent Jean-Cléophas Pépin, 1928 (12e compagnie du 4e Régiment Étranger d’Infanterie, Légion étrangère, Armée française). La photo fut prise quelque part au Maroc ou en Algérie lors de la guerre du Rif qui opposa les forces françaises sous les commandements des maréchaux Pétain et Lyautey aux rebelles rifains d’Abdel-Krim. Jean-Cléophas Pépin fut témoin de la reddition d’Abdel-Krim en 1926.

Est-ce que l’histoire militaire intéresse les Québécois? Assurément. Cependant, est-ce que les Québécois connaissent les grands épisodes de leur histoire militaire? On peut en douter. L’histoire militaire est un pan de la discipline largement boudé au Québec, et ce, à tous les niveaux d’enseignement, du primaire jusqu’à l’université.

Ce qui m’a amené à m’intéresser au sujet relève d’un contexte en soi banal. Je suis membre de la famille des Pépin de Saint-Martin-de-Beauce (moi étant de Saint-Georges), une famille qui a fourni un certain nombre de combattants lors des deux guerres mondiales.

Par exemple, mon grand-oncle Jean-Cléophas Pépin a servi dans trois armées nationales distinctes. Il a d’abord combattu dans les rangs de l’armée américaine en 1918, puis dans ceux de l’armée française en Afrique du Nord dans les années 1920 (alors qu’il servait à la Légion étrangère). Enfin, il a porté l’uniforme canadien dans les années 1940, avec le grade de sergent-major, afin d’entraîner les militaires québécois qui eurent à faire la guerre en Europe.

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