Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Histoire universitaire Page 1 of 3

Mise en récit et explication historique dans l’enseignement de l’histoire au Québec : enjeux épistémologiques et perspectives critiques*

Par Adèle Clapperton-Richard, candidate à la maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du comité éditorial d’HistoireEngagee.ca

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Livres rouges. Crédit : Betty B (Flickr).

Résumé

L’enseignement de l’histoire au Québec a fait l’objet de virulents débats qui ont récemment animé l’espace public et médiatique. La querelle, qui divise les tenants d’une histoire nationale et ceux qui prônent une histoire plus sociale ou culturelle, a soulevé les enjeux de la mise en récit de l’histoire et de la manière avec laquelle la raconter et l’enseigner. Malheureusement, les contributions apportées à ce « faux débat » ont trop souvent délaissé les enjeux épistémologiques au profit de la question identitaire. Nous souhaitons ainsi revenir sur l’intelligibilité du récit en histoire et sur sa valeur explicative, pour énoncer la possible réconciliation entre une histoire-récit et une histoire dite scientifique. C’est ultimement l’adoption d’une méthode ethnographique, qui suppose un double processus descriptif et analytique, qui permettrait la construction d’une « histoire-récit-scientifique » critique.

Mots-clés

enseignement de l’histoire; didactique de l’histoire; mise en récit; épistémologie; récit ethnographique

Introduction

Nous souhaitons ici proposer une analyse critique qui puisse contribuer à démêler certains enjeux d’un débat qui a récemment occupé l’espace public et médiatique : celui sur l’enseignement de l’histoire au Québec. Les éléments déclencheurs qui ont fait naître cette réflexion se trouvent dans certains des – très nombreux, soulignons-le – textes publiés depuis 2011 dans Le Devoir principalement[1], et La Presse. Ce débat « classique », entre les partisans d’une histoire nationale et ceux qui préconisent une approche sociale, a été réintroduit sur le plan médiatique en parallèle, d’abord, des critiques adressées à la réforme ministérielle de 2006, puis face à la volonté gouvernementale de remanier les programmes d’enseignement de l’histoire au secondaire depuis 2014. Elle n’a toutefois pas créé de grande surprise, du moins du côté de la communauté historienne habituée à ces confrontations idéologiques depuis la fin des années 1950. Nous ne nous engagerons pas ici à décortiquer les positions de l’École de Montréal ni de celles de Laval; ce travail a déjà été exécuté, notamment, dans les articles de Jocelyn Létourneau, « Quelle histoire d’avenir pour le Québec[2] », et de François-Olivier Dorais, « Classifier et organiser la production historiographique au Québec[3] », de même que dans l’ouvrage collectif L’histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècles d’enseignement[4]. Il ne s’agira pas non plus de présenter une analyse qui risquerait trop facilement de tomber dans la critique morale, voire moralisatrice, de la manière avec laquelle s’enseigne l’histoire au Québec actuellement. Le but est plutôt de chercher à éclaircir ce qui semble être parfois un ensemble quelque peu confus d’idées et d’idéologies qui contribuent à alimenter un débat qui, loin d’être résolu, continue de mobiliser des intervenants et intervenantes tant dans les médias que les milieux scientifiques et universitaires. 

Appui de l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF) à l’Association internationale des études québécoises (AIEQ)

Par Brigitte Caulier, présidente de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, au nom du Conseil d’administration

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À l’attention de Mme Christine Saint-Pierre, ministre
Ministère des Relations internationales et de la Francophonie

Madame la Ministre,

Depuis quelque temps, des chercheur.ses autant que des éditorialistes remettent en question la décision annoncée par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) de retrancher 52 000 $ à la maigre subvention de fonctionnement de 135 000 $ accordée à l’AIEQ, une association vouée au rayonnement de la recherche sur le Québec à l’étranger. Il s’agit d’une coupure de 40 %… alors que le gouvernement annonçait récemment avoir dégagé un surplus budgétaire significatif après quatre années au pouvoir.

De nombreux membres de l’IHAF, professeur.es, chercheur.ses et étudiant.es ont animé et animent toujours ce réseau reconnu sur la scène internationale, par leur participation à des colloques, par leur collaboration à des ouvrages collectifs, par l’enseignement, etc. Au total, ce sont près de 3 000 chercheur.ses de tout horizon qui ont cru, depuis vingt ans, en l’importance des études québécoises pour la vitalité des sciences et de la culture en général, ainsi que pour la reconnaissance du Québec en dehors de ses frontières.

Porté essentiellement par des chercheur.ses bénévoles, ce réseau de « diplomatie culturelle » remplit un mandat qui relève des responsabilités de l’État. Comme le soutient Robert Laliberté, directeur de l’AIEQ de 2000 à 2015, le MRIF « avait compris qu’il était dans son intérêt d’ajouter à son arsenal de diplomatie publique et culturelle le relais que représente un réseau d’universitaires qui connaissent bien le Québec et qui sont d’autant plus crédibles […] qu’ils sont indépendants du gouvernement. » (Le Devoir, 17 février 2018)

Le conseil d’administration de l’IHAF s’est prononcé en faveur des démarches entreprises par l’AIEQ pour assurer sa survie. Nous demandons au gouvernement, à travers les crédits qui seront accordés au MRIF, de reconnaître l’importance de ce réseau de chercheur.ses et de lui accorder un financement suffisant pour en assurer la viabilité. Nous incitons également tous ceux et celles qui sont préoccupés par la qualité et le rayonnement des études québécoises à appuyer les démarches entreprises par l’AIEQ.

Nous espérons sincèrement que vous reconsidérerez la décision de votre ministère, car elle prive la relève intellectuelle du Québec d’un appui peu coûteux en réalité, mais pourtant fondamental pour son développement et son rayonnement.

Veuillez recevoir, Madame la Ministre, nos salutations distinguées,

Il y a cent ans, une première femme entrait à la Société historique de Montréal : Marie-Claire Daveluy
(1880-1968)

Par Louise Bienvenue, professeure au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke

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Remise de la médaille annuelle, dite du Centenaire, pour le meilleur travail historique de l’année, offerte à Marie-Claire Daveluy, par la Société historique de Montréal, le 12 avril 1958. Source : Bibliothèque et Archives Canada (BAC), LMS-0009-1967-09, boîte 56.

L’année 2017 a marqué le centième anniversaire de l’entrée d’une première femme à la Société historique de Montréal : Marie-Claire Daveluy (1880-1968). À cette époque, devenir membre de cette société savante n’était pas le moindre des accomplissements. L’histoire comme discipline universitaire n’en étant qu’à ses balbutiements et c’est grâce à de tels regroupements d’érudits que circulaient les connaissances archivistiques et méthodologiques. En stimulant l’intérêt pour la défense du patrimoine et le développement de la recherche, la Société historique de Montréal, fondée en 1858 par Jacques Viger, avait permis « une première forme de gestion collégiale de la production historique », comme l’a souligné Patrice Régimbald[1].

Au moment de prononcer son discours d’intronisation devant l’assemblée des sociétaires en octobre 1917, la Montréalaise de 37 ans se disait bien consciente de bousculer les habitudes d’une confrérie jusqu’alors uniquement masculine. Elle savait, cependant, qu’en poussant les portes du cénacle, elle ouvrait la voie à d’éventuelles consœurs :

De quelle belle largeur d’esprit et d’accueil, vous faites preuve aujourd’hui, Messieurs, en recevant pour la première fois à vos séances, une femme, et avec elle, en principe, d’autres femmes qui témoigneraient à l’avenir, du même désir, et manifestement le même culte pour notre histoire[2].

À l’évidence, Marie-Claire Daveluy était ravie de se retrouver parmi des collègues érudits auprès de qui elle pourrait perfectionner son savoir et ses méthodes : « Cette possibilité de devenir membre de Sociétés sérieuses, savantes, bien organisées, comporte pour les femmes de grands avantages. J’avoue, pour ma part, avec une certaine confusion, avoir beaucoup songé au profit que je retirerais de vos séances d’études[3]. »

« Les Autochtones et l’histoire du Québec » : un compte rendu

Par Cassandre Roy Drainville, candidate à la maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca

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Affiche du 70e Congrès de l’IHAF. Crédit : CIEQ.

Comment intégrer l’histoire autochtone dans le récit historique québécois? Comment commémorer le passé trouble des pensionnats? Quelles sont les avenues possibles pour un meilleur dialogue entre historiens issus des études autochtones et ceux des autres champs de la discipline? La table ronde sur les Autochtones et l’histoire du Québec qui s’est tenue le 21 octobre dernier dans le cadre du 70e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française a permis d’aborder plusieurs pistes de réflexion reliées à ces questions. Retour sur ce panel stimulant.

Pour un meilleur dialogue

D’abord, tous les participants ont constaté qu’actuellement, les spécialistes des études autochtones travaillent rarement en relation avec les historiens étudiant le Québec, notamment les spécialistes de l’histoire nationale, seigneuriale ou politique. L’inverse est tout aussi vrai : la plupart des chercheurs préfèrent ne pas mentionner les Autochtones dans leurs travaux, ne se sentant pas à la hauteur de la tâche. Pourtant, tous sont affirmatifs sur une chose : il faut éviter à tout prix de rester cloisonné à l’intérieur de son champ d’études et prioriser le travail d’équipe[1].

Passion et engagement : entrevue avec Louise Bienvenue et Stéphanie Lanthier à propos de leur entretien filmé avec l’historien Jean-Marie Fecteau

Andréanne LeBrun, étudiante à la maîtrise en histoire à l’Université de Sherbrooke

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À l’été 2012, Louise Bienvenue, professeure titulaire au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke et membre du Centre d’histoire des régulations sociales, et Stéphanie Lanthier, chargée de cours à l’Université de Sherbrooke, documentariste et membre de l’équipe d’HistoireEngagée, tournaient un entretien avec Jean-Marie Fecteau, quelques mois avant qu’il nous quitte. Avec générosité et passion, l’historien y raconte son parcours d’aventurier de l’intellect en tant qu’étudiant, chercheur et professeur. Nous avons demandé à mesdames Bienvenue et Lanthier de faire un retour sur cet entretien filmé, depuis peu disponible en ligne.

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