Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Migration

Les prisons pour migrant·e·s ne sont pas une solution humaniste

Lettre de soutien à la mobilisation contre la prison pour migrant·e·s à Laval

Depuis presque un an, un réseau d’organismes et d’individus lutte activement contre la construction d’une nouvelle prison pour migrant·e·s à Laval. Or, cette campagne se trouve menacée par le recours aux tribunaux par l’entreprise Tisseur Inc. Nous considérons que cette initiative établit un dangereux précédent.

Alors que tous les regards sont rivés sur les États-Unis et le mouvement de contestation contre les établissements de détention considérés par certains comme des « camps de concentration », le Canada demeure plus ou moins épargné par les critiques.

Pourtant, l’État canadien dispose bel et bien de sa propre infrastructure dont le rôle est de contrôler le mouvement migratoire en détenant de manière indéfinie et en expulsant plusieurs milliers de personnes. Si les Canadiennes et les Canadiens compatissent avec le sort des personnes migrantes et réfugiées aux États-Unis, pourquoi ne le seraient-ils pas avec celles et ceux qui voient non seulement leurs droits bafoués, mais également leur vie menacée?

Les leçons de l’histoire : le Québec et l’immigration juive pendant la Deuxième Guerre mondiale

Par Alice Rivard, étudiante à la maîtrise en histoire appliquée à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et assistante de recherche au Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS)

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Photographie d’une affiche « Now Jews allowed », St-Faustin, Laurentides, Rapport sur l’antisémitisme au Québec, Archives du Congrès juif canadien, za 1939 boite 2, dossier 18.

Photographie d’une affiche « No Jews allowed », St-Faustin, Laurentides, Rapport sur l’antisémitisme au Québec, Archives du Congrès juif canadien, 1939 boite 2, dossier 18.

C’est connu, l’immigration est un phénomène suscitant parfois des réactions négatives, allant de l’inconfort à l’hostilité avouée de la part de certains membres de la société d’accueil, notamment en ce qui a trait à certaines valeurs et pratiques culturelles que les nouveaux arrivants apportent avec eux. La venue d’un important contingent d’immigrants du Maghreb au Québec ces dernières décennies n’est pas étrangère à cette conjoncture. Ce malaise se reflète dans certaines des réactions autour du débat actuel sur la « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement », anciennement connue comme la Charte des valeurs québécoises. Si la charte, et les réactions qui l’entourent s’inscrivent dans des préoccupations immédiates et futures, on laisse, à mon avis, l’histoire en filigrane de ces débats. Je ne discuterai pas du contenu même de la charte ni même de questions philosophiques ou sociologiques qui l’accompagnent; beaucoup l’ont déjà fait, et le feront encore. Je souhaite plutôt traiter, dans ce court texte, de certaines réactions autour de la charte, et des craintes qu’elle soulève, et le ferai en éclairant un pan de l’histoire de l’immigration au Canada et au Québec, la période de la Deuxième Guerre mondiale, et traiter des réactions face aux réfugiés juifs fuyant les persécutions nazies pour immigrer au Canada.

Comment réparer un système brisé? Aperçu de la réforme migratoire aux États-Unis

Par Catherine Vézina, professeure-chercheuse au département d’histoire du Centro Centro de Investigación y Docencia Económicas à México, DF

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Le système migratoire américain semble brisé. Les réformes apportées dans les trente dernières années n’ont pas réussi à résoudre la question de l’immigration « illégale » ni à ajuster durablement les critères d’accès à la citoyenneté aux besoins du pays. Au malaise expérimenté par les millions de candidats à l’immigration, coincés dans les arriérés d’un système dépassé, s’ajoute aujourd’hui celui de quelque 10 millions de personnes se trouvant en situation irrégulière aux États-Unis et que Mitt Romney, gouverneur républicain du Massachusetts, invitait à « s’auto-déporter » lors de la campagne présidentielle 2012. L’Amérique d’Obama est secouée par une nouvelle génération d’immigrants, amenée clandestinement au pays par leurs parents pendant leur enfance, et qui réclament aujourd’hui qu’on leur permette l’accès au rêve américain. Ces dreamers[1] obligent cette année les représentants et les sénateurs américains à aller au bout d’une réflexion importante sur l’immigration aux États-Unis.

Changement de paradigme en matière d’immigration mexicaine

Les changements que laisse présager cette réforme sont significatifs sur plusieurs plans. Significatifs, parce qu’ils modifieront la dynamique électorale de la prochaine décennie et parce qu’ils permettront à des millions de personnes de s’extirper de la précarité associée à leur statut. Ils confirmeraient également l’abandon d’un paradigme en matière d’immigration qui a condamné le migrant mexicain à la précarité.

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