Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

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Préserver ces phares que nous ne savons voir

Véronique Dupuis, géographe, chargée de projet au Site historique maritime de la Pointe-au-Père et collaboratrice pour HistoireEngagee.ca

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Phare Cap-des-Rosiers, Gaspésie. Crédits : Véronique Dupuis

Phare Cap-des-Rosiers, Gaspésie. Crédits : Véronique Dupuis

Pot à l’Eau-de-vie, Cap-des-Rosiers, Cap-au-Saumon, Cap-de-la-Table, Haut-fond Prince, Île du Grand Caouis, Pointe de la Prairie, Île du Corossol… Au XXe siècle, pas moins de 43 phares étaient en service sur les côtes du golfe et du fleuve Saint-Laurent et de la Baie-des-Chaleurs. De Mingan jusqu’aux portes de Charlevoix, en passant par Anticosti, les Îles-de-la-Madeleine et la rive sud gaspésienne, ces sentinelles ont longtemps été les repères de milliers de navigateurs. Pour plusieurs d’entre eux, ces phares étaient le signe d’un certain salut dans la tempête. À peine quelques décennies après leur déclassement, la survie de ces lieux de mémoire qui subliment nos paysages côtiers est pourtant bien incertaine. Les phares du Québec; chronique d’un patrimoine maritime en péril.

Il était une fois le Saint-Laurent

Que l’on se sente ou non concerné par le fleuve, cette porte d’entrée de l’Amérique du Nord est au cœur du développement historique, démographique et économique du Québec et du Canada. Ensemble géostratégique primordial pour des fins commerciales, logistiques, militaires et de transport, le fleuve Saint-Laurent revêt depuis des siècles une importance capitale. Les Premières Nations ne l’ont-elles pas utilisé pour assurer leur survie, leurs déplacements et l’établissement de leurs liens commerciaux? Vigies, gabiers et capitaines anglais n’ont-ils pas profité de cette voie navigable pour gagner les rives de Québec? Sans oublier qu’il a également porté les espoirs de centaines de milliers d’immigrants arrivant du Vieux Continent à la recherche d’une vie meilleure. Pendant des siècles il fut le gagne-pain d’autant de draveurs, de pêcheurs et de marchands transportant mille et une cargaisons sur les « voitures d’eau » cabotant sur ses rivages.

Catholicisme, devoir de mémoire et patrimoine religieux au Québec

Par Catherine Foisy, professeure au département des sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM)[1]

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Dans la conclusion du volume Le Québec après Bouchard-Taylor. Les identités religieuses de l’immigration, Louis Rousseau remarque qu’« Au moment où commence à se laisser deviner une ‘‘exculturation’’ du catholicisme au sein des modes de penser et des pratiques communes à la génération qui accède à l’âge adulte[2], il s’impose d’établir un rapport patrimonial avec la dimension religieuse de la tradition socioculturelle particulière du Québec. Ce terme désigne un certain type de rapport à cet héritage qui transforme les ‘‘faits historiques’’ en matériaux choisis pour la construction actuelle d’une identité collective signifiante. Il s’agit donc d’une opération continue de tri dans la mémoire commune disponible de la société, d’attention à certaines références et souvent de rejet ou d’oubli de certaines autres, ces nouvelles mises en relation du passé avec la construction de l’avenir pour répondre adéquatement au défi du passage du temps[3]. » Ainsi, je me demande si l’on conserve actuellement le patrimoine religieux pour les bonnes raisons et surtout, en étant bien conscient de ce que représentent les divers éléments symboliques, rituels, cultuels auxquels nous avons à faire… Cela se veut l’horizon de mon questionnement, spécialement dans une société qui est appelée à se pluraliser davantage du point de vue religieux.

N’oubliez pas votre passeport et votre Père de la Nouvelle-France!*

Par P.-F.-X, historien et blogueur[1]

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Au Canada, l’heure est à la redéfinition des symboles nationaux.  Sur le nouveau billet de vingt dollars, le chef d’œuvre du sculpteur autochtone Bill Reid, « The Spirit of Haida Gwaii », est supplanté par le monument de Vimy.  Une citation de l’auteure franco-manitobaine Gabrielle Roy — « Nous connaîtrions-nous seulement un peu nous-mêmes sans les arts? » – disparait en même temps.  Force est de constater que le gouvernement actuel répond par la négative à cette sublime question: la connaissance du soi canadien ne passerait non plus par les arts, mais plutôt par l’histoire.  Ou, plus précisément, par une vision bien bornée de l’histoire.

La Nouvelle-France, chers lecteurs, n’est jamais loin.  À compter du 1 juillet 2013, tous les nouveaux passeports canadiens seront dotés d’une puce électronique.  Ils arboreront par ailleurs une série d’images qui « mettent en valeur le patrimoine canadien et le façonnement de notre grande nation. »  Inukshuk et plume d’aigle, Pères de la Confédération de Robert Harris, Donald Smith martelant le dernier crampon, j’en passe… et, en pages 6 et 7 :  « Samuel de Champlain, père de la Nouvelle-France ».

La relève au cœur de l’histoire

Par Évelyne Laflamme, directrice générale de la Fondation François-Lamy et chargée de projets dans le collectif Le Cabinet des Curieuses

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J’ai terminé mes études il y a maintenant deux ans. Un baccalauréat en histoire de l’art et un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en muséologie en poche, je pouvais enfin travailler et mettre en pratique ces notions et théories apprises, mais surtout travailler dans un domaine qui me passionne depuis si longtemps!

Bien sûr, il y a la crainte de ne pas avoir d’emploi. Le monde muséal au Québec est petit, les offres d’emploi dans ce domaine ne pleuvent pas. Pourtant, il faut savoir saisir les opportunités et foncer! Ce texte vise donc à vous présenter, cher lecteur, deux emplois que j’occupe actuellement : directrice générale de la Fondation François-Lamy et chargée de projets dans le collectif Le Cabinet des Curieuses.

L’historien municipal : vivre le passé au quotidien

Par David Gagné, historien au service du patrimoine à la ville de Lévis

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Lorsqu’on me demande quel est mon métier et que je réponds « historien », on me dit la plupart du temps : « Ah, tu dois être professeur ». Non. « Tu dois donc être chercheur à l’université ? » Non plus. Parfois, certains démontrent un air sceptique lorsque je leur réponds que je suis un fonctionnaire municipal. « Voyons donc! Un historien dans une ville! Tu dois t’ennuyer… ».

Et pourtant non. Le domaine municipal est un laboratoire extraordinaire pour l’historien puisqu’il est en contact direct avec les lieux, les artefacts et parfois les acteurs des événements. De plus, ce domaine permet d’exercer un rôle social et concret, puisque l’historien est en contact direct avec les événements ou les enjeux. Je puiserai quelques exemples de mes dossiers usuels pour démontrer à quel point le rôle de l’historien est important dans un domaine aussi diversifié qu’une municipalité.

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