Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

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L’accouchement : une histoire nécessaire

Par Andrée Rivard, chargée de cours à l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheuse associée à la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs, Sociétés[1]

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Accouchements et maternité, photographies d'Antoine Desilets (entre 1951-1997). BAnQ, Cote : P697,S1,SS1,SSS12,D1.

Photographie tirée d’une série portant sur les accouchements et la maternité. Fonds Antoine-Désilets (entre 1951-1997), BAnQ, Cote : P697,S1,SS1,SSS12,D1.

Durant les années 1970 et 1980, la propriété du corps a été une préoccupation centrale chez les féministes. Si l’accès à la contraception et à l’avortement a été son plus grand symbole, l’accouchement, qui participe à une même réalité corporelle et reproductive, a également fait partie des luttes. À l’instar d’autres Nord-Américaines inspirées par le mouvement pour la santé des femmes, des Québécoises ont voulu se « réapproprier » leurs enfantements[2]. Des femmes et des groupes de femmes ont publiquement révélé leurs mécontentements concernant l’extrême difficulté d’avoir des accouchements naturels dans les hôpitaux (où est imposée une panoplie de soins, de médicaments et d’interventions), l’absence de choix quant au lieu (l’hôpital étant pratiquement le seul) et au professionnel qui en aura la « responsabilité » (les médecins détenant un monopole sur les soins obstétricaux), le manque de respect des intervenant.es quant à leurs décisions et leur faible influence dans le système de santé.

En 1999, l’intégration des sages-femmes dans le réseau de la santé, après quatre années d’expérimentation dans des projets-pilotes, et la mise sur pied d’un programme universitaire menant à l’obtention d’un permis de pratique ont été la plus grande réussite du mouvement pour l’humanisation de la naissance[3]. Pour les femmes en santé, les sages-femmes représentaient une alternative au modèle généralisé puisqu’elles offraient un accompagnement démédicalisé permettant d’avoir un accouchement naturel dans le lieu de leur choix (maison de naissance, domicile, hôpital). Les militantes attendaient qu’elles mettent en œuvre les principes féministes en santé, notamment en ayant une relation égalitaire avec leurs clientes et en plaçant l’empowerment au cœur de la démarche d’accompagnement[4]. Ce gain – obtenu à l’arraché au terme d’une longue et difficile lutte avec la gent médicale et leurs allié.es au sein de l’appareil étatique – étant affaire du passé, les femmes n’auraient eu qu’à profiter de l’heureux moment! Dans ces conditions renouvelées, presque parfaites dirait-on, pourquoi sentir le besoin d’y revenir? Un tel passé dont on semble si bien connaître les tenants et aboutissants à cause de sa proximité peut-il être objet d’histoire? Devrait-on pour l’instant se contenter des connaissances éparses (où se mélangent fiction, réalité et mythe) à notre portée? Dans ce texte, je ferai valoir la pertinence d’investiguer l’histoire de l’accouchement pour participer aux débats actuels et j’émettrai quelques hypothèses sur les facteurs explicatifs du faible intérêt pour l’histoire de l’accouchement, en espérant que cette mise au jour permette de surpasser les blocages.

Monsieur le ministre, vous n’êtes pas le Père des étudiants-es : lettre ouverte à François Blais

Par Collectif de professeurs-es et d’universitaires[1]

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Mardi 31 mars 2015, vous affirmiez que « expulser deux ou trois personnes par jour » des universités « refroidirait les ardeurs de certains » et « ferait réfléchir les autres ». Vous avez ajouté : « on fait ça avec les enfants ».

Monsieur Blais, les étudiants-es ne sont pas vos enfants. Vous n’êtes pas leur « père ». Vous êtes un ministre élu et une contestation sociale ne se gère pas à coup de « punitions » soi-disant pédagogiques. De quelle pédagogie ou de quelle paternité parlez-vous ici, d’ailleurs ?

Ces propos sont indignes d’un ancien professeur, d’un ancien administrateur ayant occupé des postes de responsabilité universitaires, d’un ministre responsable de l’Éducation supérieure et de la recherche. La contestation étudiante actuelle n’est pas le caprice d’une génération trop gâtée qu’il faut punir. Elle est l’expression d’une jeunesse animée par un désir de changement, qui revendique le droit à l’éducation pour le plus grand nombre. Ce droit à l’éducation que vous défendez maintenant pour quelques-uns, avez-vous seulement compris que les étudiants-es et bien des citoyens-nes derrière eux le revendiquent pour toute la société, celle d’aujourd’hui comme celle de demain ?

Ministre élu, vous rappelez régulièrement votre passé de professeur pour justifier vos positions en matière d’éducation. Nous, professeurs-es, ne pouvons admettre qu’à ce titre, vous justifiiez la sanction, la répression comme des remèdes contre l’engagement social et politique d’étudiants-es au profit d’autres étudiants-es. Maurice Duplessis disait gérer la province comme un père de famille; n’en étions-nous pas revenus ? L’éducation n’est pas une famille. Elle contribue au bien commun, elle est l’affaire de tous et toutes. Une attitude paternaliste nie la mission de l’éducation. C’est ne pas assumer ses responsabilités.

Ne vous en déplaise, le bien commun n’est pas et n’a jamais été un bien de consommation. Nous œuvrons au quotidien dans les institutions qui sont actuellement malmenées, dans ces formidables creusets de savoirs enseignés, de connaissances partagées, d’idées qui prennent forme. Ces institutions, construites patiemment au fil des décennies, sont maintenant mises en péril parce que, selon vous « de nouvelles coupures en éducation sont nécessaires, pour « le futur de nos enfants ». Si le droit à l’éducation dont vous parlez tant est actuellement menacé, c’est par des coupes sauvages qui hypothèquent justement la formation des générations à venir.

Vous avez « plaidé pour la neutralité des professeurs-es dans ce conflit ». Nous, professeurs-es, sortons du silence pour contester ce qui est indigne. Le « devoir de réserve » qu’on nous oppose chaque fois que nous parlons en dehors de la classe n’est pas et ne sera jamais une Loi du silence. Nous ne sommes pas là pour développer des idées en vase clos, en secret dans notre bureau, la porte fermée. Lorsqu’un élu agit comme vous le faites, nous professeurs-es, quelles que soient nos convictions politiques, ne pouvons plus nous taire; nos idéaux nous demandent de constituer le garde fou qui manque visiblement à votre entourage. Nous assumons nos responsabilités à l’égard des étudiants-es comme de l’ensemble de la société.

Liste des signataires (en date du 5 avril 2015)[2]

  • Denyse Baillargeon, Professeure, Histoire, Université de Montréal
  • Patrick Baker, Sciences historiques, Université Laval
  • Kristin Bartenstein, Professeure, Droit, Université Laval
  • Alban Baudou, Professeur, Littératures, Université Laval
  • Gérard Beaudet, Professeur, Urbanisme, Université de Montréal
  • Marie-Andrée Beaudet, Professeure, Littératures, Université Laval
  • Pascale Bédard, Professeure, Sociologie, Université Laval
  • Nicolas Beaudry, Professeur d’histoire et d’archéologie, Lettres et humanités, Université du Québec à Rimouski
  • François Bergeron, Professeur, Mathématiques, Université du Québec à Montréal
  • Jean Bernatchez, Professeur, Sciences de l’éducation, Université du Québec à Rimouski
  • Emmanuelle Bernheim, Professeure, Sciences juridiques, Université du Québec à Montréal
  • Réjane Blary, Professeure honoraire, Urbanisme, Université de Montréal
  • Éric Blouin, Étudiant, Sciences Politiques, Université Laval
  • René Bolduc, Professeur, Philosophie, Cégep Garneau
  • James Brady, Professeur, Cinéma, Collège de Rosemont
  • Louise Briand, Professeure, Sciences sociales, Université du Québec en Outaouais
  • Josette Brun, Professeure, Information et communication, Université Laval
  • Tracy Burns, Professeure d’anglais, Langues, CEGEP Garneau
  • Sacha Calixte, Professeur, Philosophie, Cégep Limoilou
  • Anne Calvès, Professeure, Sociologie, Université de Montréal
  • Étienne Cantin, Professeur agrégé, Relations industrielles, Université Laval
  • Charles Carrier, Professeur, Science politique, Cégep Garneau
  • Nicolas Chalifour, Professeur , Littérature, Cégep Édouard-Montpetit
  • Aline Charles, Professeure, Sciences historiques, Université Laval
  • Bernard Charles, Professeur honoraire, Science Politique, Université de Montréal
  • Anne-Marie Claret , Philosophie, Cégep du Vieux Montréal
  • Louise Coll, Professeure, Mathématiques, Cégep Garneau
  • Andrée-Anne Côté, Professeure, Cégep de Matane
  • Maxime Coulombe, Professeur, Sciences historiques, Université Laval
  • Michèle Dagenais, Professeure Histoire, Université de Montréal
  • Johanne Daigle, Professeure, Sciences historiques, Université Laval
  • Maurice Demers, Professeur, Histoire, Université de Sherbrooke
  • Carl Déry, Chargé de cours, Histoire, Université de Sherbrooke et Université du Québec à Trois-Rivières
  • Steve Déry, Professeur, Géographie, Université Laval
  • Jean-Marie Desroches, Professeur, Physique, Cégep de Drummondville
  • André C. Drainville, Professeur, Sociologie, Université Laval
  • Isabelle Dupuis, Professeure, Histoire, Collège Trinité de Saint-Bruno
  • Sophie Éthier, Professeure, Service social, Université Laval
  • Vincent Fauque, Chargé de cours, Histoire, Université Laval et Maître d’enseignement, École Nationale d’Administration Publique de Québec
  • Jean-François Filion, Professeur, Sociologie, Université du Québec à Montréal
  • Christel Freu, Professeure, Sciences historiques, Université Laval
  • Donald Fyson, Professeur, Sciences historiques, Université Laval
  • Philippe Gagnon, Étudiant, Histoire, Université Laval
  • Viviane Gauthier, Professeure, Histoire, Collège Montmorency
  • Gaële Gidrol-Mistral, Professeure, Sciences juridiques, Université du Québec à Montréal
  • Muriel Gomez-Perez, Professeure, Sciences historiques, Université Laval
  • Sébastien Goulet Poulin, Étudiant, Histoire, Université Laval
  • Julien Goyette, Professeur, Lettres et humanités, Université du Québec à Rimouski
  • Patrice Groulx, Chargé de cours et Directeur associé du programme de Baccalauréat intégré en sciences historiques et études patrimoniales, Sciences historiques, Université Laval
  • François Guérard, Professeur, Sciences humaines, Université du Québec à Chicoutimi
  • Bertrand Guibord, Professeur, Philosophie, Cégep Marie-Victorin
  • Olivier Guimond, Étudiant à la maîtrise, Histoire, Université de Sherbrooke
  • Karine Hébert, Professeure, Lettres et humanités, Université du Québec à Rimouski
  • Martin Hébert, Professeur, Anthropologie, Université Laval
  • Talbot Imlay, Professeur, Sciences historiques, Université Laval
  • Christian Jaouich, Étudiant, Histoire, Université Laval
  • Alain Laberge, Professeur, Sciences historiques, Université Laval
  • Magali Lachance, Étudiante, Histoire et Sociologie, Université Laval
  • René Laliberté, Étudiant, Histoire, Université Laval
  • Catherine Larochelle, Étudiante, Histoire, Université de Montréal
  • Alain Lavigne, Professeur, Information et communication, Université Laval
  • Jonathan Livernois, professeur, Littératures, Université Laval
  • Alexis Lussier, Professeur, Études littéraires, Université du Québec à Montréal
  • Hélène Makdissi, Professeure, Études sur l’enseignement et l’apprentissage, Université Laval
  • Yves Maheux, Professeur, Sociologie, Cégep de Saint-Laurent
  • Richard Marcoux, Professeur, Sociologie, Université Laval
  • Myriame Martineau, Professeure, Sociologie, Université du Québec à Montréal
  • Didier Méhu, Professeur, Sciences historiques, Université Laval
  • Dominic Moreau, Diplômé de l’Université Laval et maître de conférences, Sciences historiques, Université de Lille 3
  • Sylvie Morel, Professeure, Relations industrielles, Université Laval
  • Hélène Nazon, Professeure, Lettres, Cégep Garneau
  • Manon Niquette, Professeure, Information et communication, Université Laval
  • Patrick Noël, professeur, Université du Québec à Rimouski
  • Isabelle Paquet, Professeure, Littérature et français, Cégep Édouard Montpetit
  • Martin Pâquet, Professeur, Sciences historiques, Université Laval
  • Nicolas Pelletier, Étudiant, Histoire et sociologie, Université Laval
  • Laurence Perreault, Professeure, Études québécoises, Université du Québec à Trois-Rivières
  • Thierry Petit, Professeur, Sciences historiques, Université Laval
  • Martin Petitclerc, Professeur, Histoire, Université du Québec à Montréal
  • Lucie Piché, Professeure, Cégep de Sainte-Foy
  • Éric Raymond, Professeur, Arts visuels et médiatiques, Université du Québec à Montréal
  • Hadjer Remili, Étudiante, Histoire, Université Laval
  • Andrée Rivard, Chargée de cours, Sciences humaines, Université du Québec à Trois-Rivières
  • Jacques Rouillard, Professeur, Histoire, Université de Montréal
  • Itay Sapir, Professeur, Histoire de l’art, Université du Québec à Montréal
  • Stéphane Savard, Professeur, Histoire, Université du Québec à Montréal
  • Pascal Scallon-Chouinard, Chargé de cours, Histoire, Université du Québec à Rimouski et Université de Sherbrooke
  • Eva Struhal, Professeure, Histoire de l’art, Université Laval
  • Isabelle Tanguay, Professeure, Histoire, Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu
  • Marie-Josée Tétreault, Professeure Cégep Garneau
  • Laurent Turcot, professeur, Sciences humaines, Université du Québec à Trois-Rivières
  • Luc Vaillancourt, Professeur, Arts et lettres, Université du Québec à Chicoutimi
  • Martine Valois, Professeure, Droit, Université de Montréal
  • Javier Vargas de Luna, Professeur, Littératures, Université Laval
  • Julien Villeneuve, Professeur, Philosophie, Collège de Maisonneuve
  • Thomas Wien, Professeur, Histoire, Université de Montréal

[1] Les commentaires sont les bienvenus, mais ceux-ci seront modérés afin d’éviter toute attaque personnelle à l’endroit des signataires de cette lettre ou du ministre François Blais. Merci de votre compréhension.

[2] Pour ajouter votre nom à la liste des signataires, merci de contacter Aline Charles et de préciser votre affiliation à l’adresse suivante : Aline.Charles@hst.ulaval.ca.

«On n’a rien volé»… Et nos libertés?

Mathieu Bouchard-Tremblay, Simon Fortin-Dupuis et Michel Thévenin, étudiants à la maîtrise en histoire à l’Université Laval

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Au cours des manifestations des 24 et 26 mars derniers à Québec, nous avons constaté des abus de la part des agent-e-s du Service de police de la ville de Québec dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. Le bilan de ces deux soirées de contestation de l’austérité est de 275 arrestations et de quelques blessés parmi les manifestant-e-s. Parmi les gestes les plus choquants commis au cours de ces deux soirées figurent l’utilisation de chiens policiers contre la foule le 24 et le tir de capsules de gaz à courte distance au niveau du visage d’une citoyenne le 26.

L’usage d’une telle violence dans le cadre de manifestations pacifiques où la principale infraction résidait dans l’absence d’itinéraire prédéfini, n’est-elle pas en contradiction flagrante avec la mission fondamentale des services de police au sein d’un État de droit et d’une société démocratique?

Cette instance de notre système politique, qui doit être apolitique, n’a-t-elle pas pour rôle d’assurer la sécurité des citoyen-ne-s et la jouissance de leurs droits et libertés? Telle que nous la comprenons aujourd’hui au Québec, la démocratie est indissociable de l’expression de nos droits et libertés civiles. Celle-ci rend possibles les débats, fondés sur la pluralité des opinions politiques. En stigmatisant, par la force de l’institution policière, des citoyen-ne-s qui expriment leurs opinions, les autorités politiques et leurs partisans restreignent l’exercice de la démocratie au sein de la société québécoise.

S’il est possible de concevoir que les forces policières ont un travail à accomplir, nous ne pouvons accepter que certains de leurs membres exercent une violence excessive dans le cadre d’opérations de contrôle de foule. En conséquence, nous demandons :

  • l’ouverture de processus judiciaires à l’encontre des agents ayant utilisé de manière abusive des armes sub-létales lors des événements des 24 et 26 mars 2015;
  • que, étant donné les risques à la vie, à la santé et à la sécurité des citoyen-ne-s, l’usage de telles armes soit interdit dans le contrôle des foules;
  • que les libertés d’expression et de manifestation publiques soient garanties pleinement par tous.tes les agent-e-s des forces de police, dans le respect intégral de leur mission fondamentale;
  • que ces derniers refusent de se constituer comme des instruments à l’usage d’une cause partisane.

Ont appuyé cette lettre (en date du 1er avril 2015)[1]

1. Johanne Daigle
2. Martin Pâquet
3. Robert Marcoux
4. Réginald Auger
5. Pierre-Yves Saunier
6. Alain Laberge
7. Thierry Petit
8. Luc Lévesque
9. Donald Fyson
10. Talbot Charles Imlay
11. Léandre Alain
12. Zoé Allen-Mercier
13. Lou Manuel Arsenault
14. Charles Beaudoin-Jobin
15. Jonathan Bédard
16. Marianne Blanchard
17. Étienne Boucher
18. Pascale Buist-Gilbert
19. Gilberto Cardinal Fernandes
20. Sandrine Carla
21. Samuel Carle
22. Pierre-David Chouinard
23. Yannick L. Côté
24. Marc-André Demers
25. Patrice Drapeau-Bisson
26. Gabriel Dubé
27. Mireille Dumais
28. Camille Fortin-Lajoie
29. Camille Fortin-Dupuis
30. Karen Francisco Bouchard
31. Michelle Gagnon
32. Marie-Ève Godbout
33. Josianne Grenier
34. Adi Jakupovic
35. Samuel Lacharité
36. Louis-Charles Lacroix
37. Hubert Laprise
38. Olivier Legendre
39. Pierre-Olivier Lemelin
40. Philippe LeRoy-Audy
41. Alex Sainte-Marie Morissette
42. Paige O’Farrell
43. Eugénie Paradis-Charette
44. Philippe Pelletier
45. Érika Plante-Jean
46. Éric Roussin
47. Audrey-Ann Tremblay
48. Marc-Antoine Vallée Lebouthillier
49. Maude-Amélie Verville
50. Stéphanie Yrduav
51. Jennifer Gagné
52. Frédéric Richard
53. Marie-Andrée Jean
54. Jonathan Gagnon
55. Antoine Savard Sevigny
56. Isabelle Richard
57. Léandre Alain
58. Thomas Mercier
59. Kariane Côté
60. Jérôme Couture-Gagnon
61. Emeric Dufour
62. Antoine Proulx
63. Chloé Chevarie-Poirier
64. Alexa-Maude Fleury-Wright
65. Stephanie Audet
66. Étienne Garant
67. Hadjer Remili
68. Nathan Murray
69. Alexandre Allard
70. Dominic Voyer-Brassard
71. Maxime Bédard-Thom
72. Marie-Pier Bouchard
73. Alexandre Catudal
74. Marie-Pier Therrien
75. Daniel V. Gosselin
76. Sophie Bouchard-Tremblay
77. Paul Junior Boudreau
78. Marc-André Bernard
79. Caroline Ricard
80. Tommy Michaud
81. Charles-Frédéric Murray
82. Frédéric Mercier
83. Marilyne Brisebois
84. Patrick Noël
85. Samuel Lanouette
86. Christopher Tremblay
87. Dave St-Pierre
88. Vincey Gagné
89. Camille Caron
90. Florence Rousseau
91. Jovan Ganet
92. Colin Damême
93. Antonio Pérez
94. Paul Wattez
95. Anne Myrand
96. Jasmin Gill
97. Stacy Arseneault
98. Raffaela Abbate
99. Jonas Chenil
100. Pascal Olivier de Grandmont
101. Josiane Grenier
102. Anne-Sophie Alain
103. Gabriel Leblanc
104. Raphaël Lapierre
105. Aubert Caron-Guillemette
106. Alexia Oman
107. José-Frédérique Biron
108. Éric Blouin
109. Félix-Antoine Cloutier
110. Christian Jaouich
111. Loïc Voyer
112. Sophie Juan
113. Samuel Thibault
114. Dara Yuca
115. Jean-Sébastien Thériault
116. Pascal Lévesque
117. Gabriel Robichaud
118. Jérôme Lévesque
119. Emmanuel Guay
120. Sophie Gagnon
121. Camille Perron-Thivierge
122. Laurie Gagnon-Bouchard
123. Christian Alain-Djoko
124. Roxanne Lacouline-Boulanger
125. Simon Marcoux-Piché
126. Audrey Paquet
127. Pascal Scallon-Chouinard
128. Simon Tremblay
129. Raphaël Bellavance-Ménard
130. Julien Villar
131. Samuel Bolduc
132. Félix Gauthier-Villeneuve
133. Patricia Simard-Bergeron
134. Isaya Fiola
135. Hubert Martel
136. Jacinthe Archambault
137. Patrick Baker
138. Olivier Bresse
139. Camille Caron
140. Maxime Coulombe
141. André-Philippe Doré
142. Jean-Manuel Doré-Gaumond
143. Bernard Ducharme
144. Joseph Gagné
145. Robbie Gaudet
146. Étienne Garant
147. Olivier Guimond
148. Patrice Hamel
149. Louis Hallé
150. Samuel Lamarre
151. Didier Méhu
152. Marie-Ève Ouellet
153. Claudine Paillé
154. Nicolas Pelletier
155. Didier Prioul
156. Isabelle Rivard
157. Sigfrid Tremblay
158. Van Troi Tran
159. Laurier Turgeon
160. Justine Massicotte
161. Justine lalande Jonathan Drolet
162. Patricia collerette
163. Pascal Bourgault
164. Níkolas Víbo
165. Joanne Boutet
166. Félix Gingras
167. Patrick Ndayegamiye
168. Philippe Dubé
169. Geneviève Dumas
170. Félix-Antoine Gingras
171. Cynthia Marmen
172. André Bilodeau
173. Genevyève Delorme
174. Denis-Pierre Fortin
175. Stéphanie Lanthier
176. Pierrot-Baptiste Lemée-Jolicoeur
177. J.-Louis Vallée
178. Annick Gagné
179. Aline Charles
180. Allison Bain
181. Louise Tremblay
182. Suzanne Gousse
183. Nicolas Lavigne-Lefebvre
184. Alain Charette
185. Michel Daoust
186. Marie-Ève Muller
187. Estelle Denoncourt
188. Paul-Etienne Rainville
189. André Lacombe-Gosselin
190. Marc-André Robert
191. Maurice Demers
192. François Bullock
193. Marie-Laurence Beaumier
194. Denis Carignan
195. Marcela Neagu
196. Guy Bellemare
197. Stéphane Savard
198. Véronique Leduc
199. Anne Klein
200. Andrée Rivard
201. Patrice Groulx
202. Vincent Saint-Pierre
203. Claude Paradis
204. Alice Vermandele
205. Isabelle Hayeur
206. Frédéric Demers
207. Paul-André Dubois
208. Adrien Rannaud
209. François Lucbert
210. Marie-Pier Roy
211. Max Chamonal
212. Sylvie Aubin
213. Mercedes Font
214. Stéphanie St-Amant
215. Diane Joly
216. Laurence Turcotte-Fraser
217. Antoine Brousseau Desaulniers
218. Carolann Melanson
219. Jules Racine St-Jacques
220. Mathieu Bureau Meunier


[1] Pour appuyer cette lettre, merci de laisser votre nom dans un commentaire un peu plus bas ou de contacter les auteurs à l’adresse suivante : simon.fortin-dupuis.1@ulaval.ca.

Ayotzinapa : quand la violence de l’État et celle des groupes criminalisés ont les mêmes fins

Par Javier Buenrostro, candidat au doctorat d’études politiques à l’EHESS

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Crédit : Mario Acosta Garcia (Flickr).

En 2000, le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), parti qui a gouverné le Mexique pendant 70 ans, a perdu le pouvoir au profit de la droite, concédant la présidence à Vincente Fox du Parti de l’Action Nationale (PAN). L’alternance démocratique devait mettre fin à un type de régime que l’écrivain Mario Vargas Llosa avait qualifié de « dictature parfaite ». Somme toute, cette transition n’a pas réellement amélioré la vie des gens, ni même celle des institutions, le Mexique conservant certaines caractéristiques d’un État policier. La corruption et l’impunité continuent d’être monnaie courante et le crime organisé n’aspire plus seulement à monopoliser le trafic de la drogue, mais il poursuit désormais l’objectif de prendre le pouvoir local – soit de mettre la main sur les municipalités et leurs ressources financières et s’accaparer la richesse locale à travers l’imposition forcée. Selon Guillermo Trejo, à Michoacán, par exemple, le crime organisé s’est approprié 30 % du budget annuel des travaux publics des municipalités, exigeant que les contrats des œuvres publiques soient attribués à des promoteurs sous son contrôle, et a détourné 20 % des salaires de l’administration locale. L’État de Guerrero, voisin de celui de Michoacán, vit une situation similaire. C’est donc dans un contexte de violence endémique lié à l’infiltration de l’État par les groupes criminalisés qu’ont eu lieu les dramatiques événements de septembre dernier menant à la disparition de 43 étudiants de la Normale de Ayotzinapa, Guerrero.

Le sergent d’armes, gardien de l’autorité parlementaire

Par Martin Pâquet, professeur au département des sciences historiques de l’Université Laval

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Kevin Vickers.

Certains s’étonnent du sang-froid de Kevin Vickers, sergent d’armes à la Chambre des communes, au moment de son entrée en Chambre des communes le 23 octobre dernier. En effet, le sergent d’armes n’a que très peu manifesté son émotion. En fait, en traduisant l’éthos de sa fonction, sa réaction est similaire à celle de René Jalbert à l’Assemblée nationale en mai 1984 : les officiers de police comme les militaires doivent se montrer impassibles en toutes situations. Sa réaction est aussi typique d’une tradition culturelle précise : celle des régimes parlementaires, dont le sergent d’armes est un gardien attitré.

Une fonction ancienne

Fonction qui se développe dans les parlements à partir du Moyen Âge, le sergent d’armes a entre autres comme responsabilité de maintenir l’ordre dans la Chambre ou dans l’Assemblée.

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