Numéro thématique : Les visages de l’histoire engagée. Les rapports entre le passé, l’actualité, les médias et la Cité

Source: Blades, William: Pentateuch of Printing with a Chapter on Judges (1891) / Wikimedia

En lançant le site www.HistoireEngagee.ca, de jeunes chercheurs ont voulu offrir une histoire accessible, liée davantage aux enjeux actuels et débordant le champ souvent trop restreint du domaine universitaire et des revues scientifiques. En publiant le premier dossier thématique d’articles, nous sommes particulièrement fiers de pouvoir contribuer au questionnement touchant à la notion d’engagement chez les historiens et historiennes.

Cette discussion sur l’histoire engagée, sur son utilité ou sur les inconvénients de sa pratique sera enrichie, nous l’espérons, par les contributions incluses dans notre dossier thématique. Les trois articles suivants fournissent de nouvelles pistes de réflexion, chacun des auteurs soumettant sa définition de la notion d’engagement historien. Certaines questions ont guidé les auteurs de ces textes : les historiens — amateurs ou professionnels — ou les chercheurs en sciences humaines en général sont-ils déconnectés de la réalité sociale actuelle? Se sont-ils trop éloignés des préoccupations entretenues par la majorité de leurs concitoyens? Ou encore : pourquoi les historiens québécois ne semblent-ils plus occuper une place importante dans l’arène médiatique et publique?

Si certains, comme Simon Jolivet et Julien Massicotte, s’accordent pour vanter les mérites d’un engagement plus important des historiens et historiennes (québécois et canadiens, particulièrement) dans la vie sociale et publique, ils reconnaissent du même souffle que s’engager dans les débats contemporains peut se faire sans prendre fait et cause pour une idéologie particulière. À l’inverse, Patrick-Michel Noël s’applique à montrer la valeur cardinale de l’indépendance des historiens (« l’autonomie disciplinaire ») dans la production d’une histoire proche de la vérité historique, savoir qui prouve sa pertinence sociale pourvu qu’il soit soustrait aux impératifs actuels.

Assorties à ce dossier thématique, les lecteurs et lectrices de la revue www.HistoireEngagee.ca pourront également lire une entrevue avec le sociologue Jean-Philippe Warren, réalisée par Stéphane Savard, ainsi qu’une entrevue avec l’historienne Nicole Lang, réalisée par Julien Massicotte, sur l’importance de l’engagement en Acadie du Nouveau-Brunswick. Nous vous invitons également à consulter l’énoncé de mission du site.

Pour ajouter à la discussion, nous avons publié, en juin 2012, un article de Yannick Beaulieu sur l’engagement de la revue française Dissidences à traiter des mouvements d’extrêmes gauches.

En septembre 2012, nous ajoutons un article de Raphaël Gani et Alexandre Turgeon sur l’intervention d’un historien dans le débat public.

La discussion est ainsi bien partie. Notre souhait est de pouvoir l’alimenter et de l’enrichir au gré des commentaires de nos lecteurs et lectrices.

Afin de faciliter la lecture en ligne, les notes de bas de page, incluses dans les versions originales soumises au cours du processus d’évaluation par les pairs, ont été retirées. Cependant, des suggestions de lecture figurent au bas de chacun des articles, pour ceux qui désirent les consulter.

« Plaidoyer pour une autre forme d’engagement historien », par Simon Jolivet, Université d’Ottawa.

« Histoire, engagement, idéologies », par Julien Massicotte, Professeur en histoire à l’Université de Moncton.

« De l’engagement disciplinaire », par Patrick-Michel Noël, Université Laval.

« Faire (de) l’histoire. Entrevue avec le sociologue Jean-Philippe Warren sur la notion d’engagement », par Stéphane Savard, stagiaire postdoctoral à l’Université Concordia et au CIRST.

« Histoire, engagement et militantisme en Acadie. Entrevue avec Nicole Lang », par Julien Massicotte, Professeur en histoire à l’Université de Moncton, et Philippe Volpé, étudiant de premier cycle en histoire à l’Université de Moncton.

« Les  »mouvements révolutionnaires » français dans le pli des sciences humaines et sociales. Les extrêmes gauches analysées par la revue Dissidences », par Yannick Beaulieu, Docteur en histoire de l’Institut universitaire européen et membre de l’École française de Rome.

« Éric Bédard  »lâche le Bloc ». Quand la parole de l’historien résonne dans la Cité », par Raphaël Gani, étudiant à la maîtrise en histoire à l’Université Laval, et Alexandre Turgeon, candidat au doctorat en histoire à l’Université Laval.

Bonne lecture !

Le Comité de rédaction

 

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