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Catégorie : Benoit Marsan (Page 1 sur 3)

Entretien avec Pierre Fournier

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM, membre du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS) et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Cet entretien s’inscrit dans la section « Acteurs et actrices » du blogue du CHRS. Celle-ci a pour objectif de présenter le travail et l’implication d’acteurs et d’actrices, collectifs ou individuels, dont les actions ont façonné des pans de l’histoire qui correspondent aux domaines de recherche du CHRS. Elle vise également à documenter le rôle de ces personnes ou de ces groupes peu connus, trop souvent ignorés, mais qui à leur manière et à leur échelle demeurent des témoins et des acteurs de l’histoire.

Pierre Fournier est travailleur social de formation. Il travaille comme organisateur communautaire et fait de la chanson sociale. Il a milité au sein du mouvement syndical, des groupes communautaires et d’organisations politiques. Il se définit comme travailleur de la culture, plutôt que comme musicien. Pour lui, la chanson est un véhicule privilégié pour dénoncer les injustices[1].


Benoit Marsan : D’où provient votre intérêt pour la chanson populaire et militante?

Pierre Fournier : Tout d’abord, j’ai toujours aimé la chanson. Mon intérêt pour la chanson populaire et militante provient des années 1970 alors que j’étais aux études en travail social. En étudiant, j’ai approfondi mes connaissances et réflexions sur les injustices. Notamment, à propos du fait que celles-ci sont inscrites dans les rapports sociaux qui régissent notre société. Parallèlement, je me suis rendu compte que la chanson avait un pouvoir important de rassemblement sur les individus et qu’elle permettait de véhiculer des messages. D’où mon intérêt provient-il exactement? Je ne le sais pas… Je sais cependant que j’ai toujours aimé chanter. J’ai appris la guitare et le chant tout jeune, quand j’étais dans les scouts. À cette époque, je trouvais que les chansons autour du feu de camp créaient une unité et une atmosphère particulière, alors que nous chantions tous ensemble. Cet aspect de la culture et de la chanson, j’ai pu le constater à plusieurs reprises à travers les années.

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Entrevue avec Martin Petitclerc

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Martin Petitclerc est professeur au Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal et directeur du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS). Il est également chercheur au Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et au Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ). Depuis une quinzaine d’années, il mène avec ses collègues du CHRS des recherches sur l’histoire de la « question sociale », des mouvements sociaux et de la formation de l’État au Québec. Au-delà des objets de recherche spécifiques à chaque chercheur, l’équipe du CHRS aborde l’étude des problèmes sociaux comme un révélateur des fondements politiques de l’ordre social, en se concentrant principalement sur la société québécoise depuis le XIXe siècle. C’est ce lien entre les problèmes sociaux et une société donnée que révèle le concept de régulations sociales. En effet, ce qu’une société considère comme un problème social (ou pas) est étroitement lié à la façon dont, historiquement, les rapports sociaux (de classe, de sexe, de race, etc.) qui la constituent se sont institutionnalisés dans la société civile et au sein de l’État. Ses enseignements et son travail d’encadrement à la maîtrise et au doctorat portent sur ces thématiques, de même que sur la théorie de l’histoire, sur l’historiographie et sur l’épistémologie[1].


Benoit Marsan : D’où vient l’idée d’organiser un colloque portant sur la question sociale et la citoyenneté ?

Martin Petitclerc : Il y a un double constat qui frappe, je crois, tout historien ou historienne intéressé par la question sociale. D’abord, celui d’avoir vu une thématique fondatrice des sciences humaines, et cela dès la transition au capitalisme et au libéralisme au XIXe siècle, être progressivement délaissée par l’historiographie des vingt-cinq dernières années. Cela est évidemment lié aux bouleversements politiques associés à l’effondrement du marxisme et à la montée du néolibéralisme. Parallèlement, un grand nombre d’historiens se sont détournés de l’analyse du pouvoir et des conflits sociaux, de l’économie et de l’État. En témoigne la « crise de l’histoire sociale » qui a fait l’objet de nombreux diagnostics dans la plupart des pays occidentaux. Il est symptomatique, me semble-t-il, de voir le succès planétaire du livre de l’économiste Thomas Piketty sur les inégalités sociales qui a fait ce que les historiens et les historiennes ont de plus en plus refusé de faire. Le succès de ce livre illustre peut-être, à mon avis, l’échec de la discipline historique à analyser sérieusement les inégalités sociales au cours des deux ou trois dernières décennies. Notre colloque est une façon de réunir des chercheurs et des chercheuses qui ressentent cette nécessité de recentrer l’analyse historique sur ces problèmes, en ayant recours bien sûr à une variété de méthodes et de perspectives.

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Entrevue avec Marie-Claude Thifault

Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Marie-Claude Thifault est historienne, professeure titulaire à l’École des sciences infirmières de la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa, directrice de l’Unité de recherche sur l’histoire du nursing et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en santé. Ses projets de recherche les plus récents s’intéressent à la déshospitalisation psychiatrique au sein des communautés linguistiques en situation minoritaire ainsi qu’à l’évolution du nursing psychiatrique[1].


Benoit Marsan : Vous êtes à la fois spécialiste de l’histoire de la santé mentale et de l’histoire des femmes. En quoi l’étude du genre permet d’enrichir notre compréhension de l’histoire de la santé et de la maladie au Canada ?

Marie-Claude Thifault : Mon projet « Des institutions et des femmes » sur le nursing psychiatrique propose d’analyser le rôle des infirmières dans l’histoire de la psychiatrie québécoise, afin de rendre compte de l’impact du genre dans le développement des stratégies gouvernementales et institutionnelles en matière de santé mentale au Québec. Aussi, cette étude participe à déconstruire ce qui a été trop largement repris à la suite du rapport Bédard sur la Commission d’études des hôpitaux psychiatriques en 1962, soit la disqualification de la contribution des religieuses et du dynamisme institutionnel de leur œuvre dans les pratiques sociales de l’assistance, de l’accompagnement, de l’éducation et du soin. L’étude du genre permet de repenser les rôles sociaux de sexes dans les vastes champs de la médecine et de la santé. L’historiographie est encore trop silencieuse sur ce propos. De là est née l’idée du projet d’ouvrage collectif L’incontournable caste des femmes. Histoire des services de santé au Québec et au Canada (2012).

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Entrevue avec François Deschamps

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

François Deschamps est candidat au doctorat en histoire à l’UQAM sous la direction de Martin Petitclerc et Donald Fyson. Il a complété un mémoire de maîtrise en histoire en 2011, sous la supervision de Jean-Marie Fecteau, dans lequel il a analysé le discours radical tory au Bas-Canada, de 1835 à 1840, sa source documentaire largement inédite étant le journal Montreal Herald. Son mémoire lui a valu le 3e prix de la Fondation Jean-Charles Bonenfant. Une version adaptée de ses recherches a été publiée en 2015 aux Presses de l’Université Laval, sous le titre La « rébellion de 1837 » à travers le prisme du Montreal Herald, la refondation par les armes des institutions politiques canadiennes[1].


Benoit Marsan : Comment s’articule la question sociale dans le Bas-Canada des années 1830 et plus particulièrement comment se pose-t-elle à la lumière des rébellions de 1837 et 1838??

François Deschamps : Bonne question, un peu embêtante même. La considération du contexte global des années 1830 est fondamentale. Dans l’historiographie des dernières années, le concept de « révolution atlantique » joue un rôle englobant. La période s’ouvre avec la guerre civile britanno-américaine (1774-1783), relayée par les phases de radicalisation et d’extension de la Révolution française à l’Europe puis aux Amériques avec l’effondrement du système colonial espagnol et portugais. Le ferment secret de toute cette période de turbulence a trait peut-être au scandale de la traite des Noirs et à l’esclavagisme. Le haut risque de révolte effraie les élites coloniales. Après 1815, en dépit de la Pax britannica, les poussées démocratiques continuent à perturber l’ordre social en Angleterre jusqu’au Reform Bill de 1832 où les bases de la démocratie parlementaire moderne sont jetées. L’aspiration républicaine des Patriotes se situe à la queue de cette nébuleuse. On ne peut lui rendre justice sans la recadrer dans le contexte de tutelle coloniale britannique et le mouvement migratoire de masse en partance des îles britanniques vers l’Amérique du Nord. À la fin du premier tome de la Démocratie en Amérique, Tocqueville prend en bloc d’ailleurs le monde anglo-américain et évalue le sort des perdants : les esclaves noirs, les Amérindiens et, quand on lit bien, en filigrane, les Canadiens.

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Entrevue avec Sébastien Rioux

Par Benoit Marsan, doctorant en histoire à l’UQÀM et collaborateur pour HistoireEngagee.ca

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Le colloque "Question sociale et citoyenneté" se tiendra à l'UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Le colloque « Question sociale et citoyenneté » se tiendra à l’UQÀM du 31 août au 2 septembre 2016. Plus de détails ici.

Sébastien Rioux est professeur au Département de géographie de l’Université de Montréal. Ses recherches gravitent autour des thèmes que sont l’économie politique de l’alimentation et du bien-être, la géographie du travail et de la santé, ainsi que la sociologie du développement. À l’heure actuelle, il travaille sur le rôle des politiques rizicoles sur la sécurité alimentaire, le développement économique et les réformes agraires en Asie du Sud-Est[1].


Benoit Marsan : Des phénomènes tels la faim et la famine ne sont pas propres au capitalisme. Comment alors ces enjeux se transforment-ils par rapport à la Grande-Bretagne du 17e et du 18e siècle ?

Sébastien Rioux : Certes, le capitalisme n’invente ni la faim ni la famine. À mon sens, une dimension essentielle pour comprendre l’évolution de ces phénomènes réside dans l’accroissement de la distance physique, institutionnelle et sociale entre le capitalisme « agraire » des 17e et 18e siècles et un capitalisme industriel qui émerge à partir de la fin du 18e siècle. Il ne s’agit donc pas simplement de rendre compte du processus historique par lequel les producteurs directs sont séparés de leurs moyens de production, mais aussi de comprendre la dissolution graduelle des normes, responsabilités, devoirs et relations de pouvoir qui jusque là unissaient les acteurs sociaux.

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