Façades du quartier Santa Lucia de Naples, 1878 – Bayerische Staatsgemäldesammlungen / Sammlung Siegert

Catherine Tourangeau, Ph.D., McGill University

Les années 1910 et 1911 sont riches en excitation en Italie. À l’automne 1911, le gouvernement de Giovanni Giolitti entre en guerre avec l’Empire ottoman pour le contrôle de la Libye, rapproche un peu plus l’Europe du déclenchement de la Première Guerre mondiale. La même année, la péninsule italienne célèbre également le 50e anniversaire de son unification. Une série de célébrations et d’expositions organisées à travers le pays attirent des foules s’élevant parfois à plus d’un million de personnes.

Ces années sont également marquées par une grave crise sanitaire. Absente tant de la mémoire collective que des livres d’histoire, une épidémie de choléra fait pourtant rage dans les rues de Naples et à travers la péninsule italienne. Entre l’été 1910 et les premiers mois de 1912, elle fait peut-être jusqu’à 32 000 victimes au pays. 

Cette amnésie collective fait de l’épidémie de choléra de Naples un cas d’étude intéressant. La disparition quasi totale de la crise sanitaire de la mémoire italienne ne résulte ni d’un manque d’éducation ni d’un traumatisme refoulé, mais plutôt d’une politique de dissimulation et de déni. L’épidémie de choléra de 1910 et 1911 a été sciemment dissimulée par les autorités italiennes avec tant de succès qu’il a fallu attendre le milieu des années 1990 pour que les historiens et les historiennes s’y intéressent. À cet effet, nous devons une dette importante à Frank Snowden, chercheur émérite et professeur d’histoire de la médecine et des sciences à l’Université Yale[1].

Snowden envisageait à l’origine une étude politique sur le mouvement anarcho-syndicaliste du sud de l’Italie à l’aube de la Première Guerre mondiale. Lorsque ses recherches préliminaires ont révélé de nombreux cas de choléra, il a eu la puce à l’oreille et a décidé de creuser un peu plus la question pour réaliser, d’une part, la sévérité épidémique des cas de choléra à Naples en 1910 et 1911 et, d’autre part, le silence quasi complet des sources officielles et de la littérature scientifique[2].

L’histoire de l’épidémie de choléra de Naples et de sa disparition dans les sources vaut la peine d’être racontée aujourd’hui, alors que le monde est aux prises avec un nouvel ennemi invisible; si l’histoire ne nous dit pas précisément ce qu’il faut faire en situation de crise, elle nous indique néanmoins souvent ce qu’il ne faut pas faire.

Une brève histoire du choléra

Le choléra apparaît vraisemblablement dans les eaux stagnantes de la baie du Bengale, en Inde. Bien que l’on ignore son ancienneté, il y est certainement endémique vers le début du 19e siècle. À ce moment-là, la maladie y est aussi contenue. La bactérie qui cause le choléra est très délicate et fragile; elle ne voyage pas aisément. Ce n’est qu’à partir des années 1810 et 1820 que les conditions sont réunies pour permettre le début de sa foudroyante carrière internationale. Les migrations, les mouvements de troupes, les voyages des marchands et des matelots, et même les pèlerinages; tous ces déplacements qui accompagnent la révolution des transports et l’expansion impériale et coloniale de l’Europe en Asie du Sud-Est permettent au choléra de s’étendre graduellement jusqu’à la Russie et au bassin méditerranéen, d’où il gagne bientôt l’Europe tout entière puis l’Amérique[3].

À partir de 1817, le monde est ainsi secoué par une série d’épidémies de choléra. Cinq de ces grandes épidémies touchent l’Europe dans les années 1830, puis en 1846-62, 1865-1875, 1881-1896 et 1899-1923. Ces épisodes répétés et entrecoupés d’éclosions limitées sont favorisés par les conditions hygiéniques, socioéconomiques et démographiques propres à l’ère industrielle, à commencer par la surpopulation des villes et par le difficile approvisionnement des populations urbaines en eau propre.

Le choléra s’impose comme la grandemaladie du 19e siècle. Il serait difficile d’exagérer le traumatisme collectif que cette maladie cause alors en Europe. La chose est pourtant importante à saisir si l’on veut comprendre les événements de 1910-11 en Italie. Pourquoi, donc, est-ce que le choléra remplace la petite vérole comme maladie la plus crainte au 19e siècle?

D’abord, le choléra est, pour l’Europe du 19e siècle, une maladie infectieuse émergente, selon la définition proposée par le bactériologiste nobélisé Charles Nicolle[4]. Contrairement à d’autres maladies tout aussi redoutables, mais bien connues des contemporains, le choléra est une nouveauté étrange à l’époque. La société civile, la communauté médicale et les autorités politiques ignorent tout de ses origines, de ses cycles et de ses modes de transmission. Cette étrangeté se double de craintes communément associées à l’Asie[5]

Même passé l’effet de surprise, le choléra effraie de par son étiologie réellement terrifiante. Le bacille à l’origine de la maladie, nommé vibrio cholerae, est typiquement transmis par l’ingestion d’eau contaminée. Dans la très grande majorité des cas, son ingestion n’est pas dangereuse, puisque la salive et les acides produits par l’estomac tendent à neutraliser ce genre de bactérie. Plusieurs facteurs contribuent toutefois à augmenter le niveau de risque, à commencer par la quantité d’eau absorbée et la diète, la santé intestinale et l’état de santé général du récepteur.

Lorsqu’une quantité suffisante de bactéries est ingérée, la période d’incubation varie de quelques heures à quelques jours. C’est le petit intestin qui est le véritable site d’infection du choléra; lorsque le vibrio cholerae s’accroche aux parois intestinales, le système immunitaire est généralement en mesure de tuer la bactérie. En mourant, cette dernière relâche toutefois une toxine qui compromet le bon fonctionnement des intestins, qui commencent alors à drainer les fluides de la circulation sanguine. Le sang perdant ainsi de ses fluides, le ou la malade bascule en choc hypovolémique et succombe, éventuellement, à une hémorragie interne.

Le processus est parfois très lent, parfois fulgurant : dans tous les cas, le pouls devient de plus en plus faible et en l’espace de quelques heures, la personne malade prend les traits d’un cadavre et commence à être secouée de crampes et de spasmes. Ses lèvres, ses doigts, son visage même prennent une teinte bleutée – c’est d’ailleurs de là que l’expression « avoir une peur bleue » tire son origine. Le sang, privé de fluides, prend l’aspect d’un épais liquide noir qui circule difficilement à travers le corps. Il y a alors risque d’asphyxie ou d’arrêt cardiaque. Si, par chance, ce premier stade de la maladie n’est pas fatal, les symptômes s’améliorent et la rémission devient envisageable; il demeure toutefois possible que le ou la malade développe une pneumonie ou une gangrène aux extrémités, entre autres complications.

Enfin, et peut-être surtout, le choléra attire la crainte des gens de l’époque parce qu’il s’attaque à des groupes précis de la société. Il cible particulièrement les gens dans la force de l’âge et non les enfants ou les personnes âgées, comme c’est le cas pour plusieurs autres maladies; cela implique qu’en cas de pandémie, les mères et pères de familles, par exemple, sont à risque. C’est la stabilité sociale même qui est menacée. Le choléra est de plus une maladie très « sociale », pour reprendre la formulation de Snowden[6]. Contrairement à la peste, à la syphilis ou à la variole, le choléra discrimine nettement entre les riches et les pauvres. Dans le contexte particulier du 19e siècle européen, marqué tant par les conflits de classe que par les mouvements de réforme hygiénique et sanitaire, la chose est importante. Puisqu’il sévit principalement chez les classes populaires qui, en ville, s’agglutinent dans des taudis sombres et insalubres, le choléra est associé à la saleté et au manque d’hygiène; son éradication est la marque des États modernes et civilisés, capables d’entreprendre et d’exécuter des travaux ambitieux de réforme des installations sanitaires et des infrastructures urbaines[7].

Le choléra à Naples : l’expérience de 1884 et le Risanamento

Avantageusement située aux abords de la Méditerranée, Naples a été, pendant des siècles, un carrefour commercial, culturel et politique de premier plan. Son histoire ancienne, ses nombreuses beautés naturelles et la proximité des sites du Vésuve et d’Herculanum attirent toujours de nombreux touristes. Son port est, quant à lui, une plaque tournante de l’émigration internationale. À la fin du 19e siècle, ses quelque 750 000 habitants et habitantes en font d’ailleurs toujours la ville la plus peuplée de la péninsule italienne.

Malgré tous ses attraits, Naples demeure toutefois toujours très propice aux épidémies. Ses infrastructures désuètes sont incapables d’assurer le traitement efficace des eaux usées et encore moins de fournir adéquatement toute la ville en eau propre. Ses quartiers populaires  sont surpeuplés et sont donc particulièrement favorables la prolifération des maladies et des infections. Les constructions anciennes et les rues étroites et bondées de la basse-ville, forcent la population à passer l’essentiel sa vie dehors. Les enfants jouent et les adultes travaillent en très grande proximité dans la rue; c’est aussi dans la rue que l’on socialise et, bien souvent, que l’on prépare les repas.

Sur le plan socioéconomique, la situation n’est guère plus reluisante. Les salaires des Napolitains et des Napolitaines sont parmi les plus bas de l’Italie et de toute l’Europe. L’influence immense de la Camorra, la pègre napolitaine, entraîne un coût de la vie plutôt élevé. Une portion significative de la population napolitaine vit donc dans un état de pauvreté ou de quasi-pauvreté chronique, qui s’accompagne bien souvent de problèmes de nutrition. Comme la diète napolitaine est nécessairement dépendante des productions locales, elle varie beaucoup selon les saisons. Après avoir consommé de grandes quantités de pain, de céréales et de viande à l’hiver et au printemps, à l’été et au début de l’automne, les citadins et les citadines se nourrissent principalement de fruits et de légumes frais. Consommés en grande quantité et lavés avec l’eau du port, et bien souvent agrémentés de quantités non négligeables d’alcool, ces fruits et légumes fragilisent considérablement leur santé intestinale déjà fragile. 

Les conditions sont donc bien réunies pour qu’au cours des 50 années qui précédent 1885, Naples et sa région soient frappées par non moins de 12 épidémies, dont huit de choléra. Pour le romancier américain Mark Twain, qui visite l’Italie en 1867, le dicton « voir Naples et mourir » est d’une sinistre vérité : « Je ne sais si l’on meurt nécessairement après l’avoir simplement vue, mais essayer d’y vivre pourrait tourner un peu différemment[8]. »

Pour plusieurs, la vulnérabilité continue de Naples aux éclosions de choléra et d’autres maladies infectieuses est un non-sens. L’unification de l’Italie vers 1870 avait été une occasion en or de procéder à des réformes majeures des infrastructures sanitaires du pays. Les besoins étaient particulièrement criants dans les villes du sud du pays, généralement plus pauvres et en plus piètre état que celles du nord. Des professeurs de médecine et des experts en santé publique avaient bien présenté des rapports et proposé leurs recommandations aux autorités nationales, mais aucun projet significatif de réforme sanitaire n’avait été envisagé avant les années 1860 ou 1870. Les ressources avaient plutôt été investies dans l’armée et dans l’économie[9].

Pour Naples, tout change en 1884, lorsque survient une épidémie de choléra des plus désastreuses. Malgré les conseils de la communauté scientifique, les mesures préventives adoptées par les autorités napolitaines semblent tout droit sorties des ordres de peste du Moyen Âge et de la Renaissance : elles sont à la fois coercitives et inefficaces. Plutôt que d’enrayer la maladie, les politiques publiques engendrent une panique populaire. La crise sanitaire se double ainsi d’une crise humaine et d’une rupture de l’ordre social. Alors que les plus fortunés parviennent à fuir vers la campagne, les plus pauvres s’imaginent un sinistre complot eugéniste concocté par l’establishment politique et médical. Une série d’émeutes et d’épisodes de violences ciblant particulièrement la communauté médicale éclatent au cours de l’été. Dans les quartiers les plus durement affectés, les familles cachent les malades et les morts pour éviter qu’ils ne tombent dans les mains du système. Sous l’effet du désespoir, une frange de la population s’en remet au culte des saints et tombe même parfois dans les superstitions pseudo-magiques. Les flagellants, que l’on croyait disparus depuis la Renaissance, font par ailleurs une réapparition inattendue[10].

Bien qu’elle ne soit ni la plus virulente ni la plus meurtrière, l’épidémie de 1884 provoque un changement d’attitude radical chez les élites. Dès 1885, le gouvernement italien entreprend et finance un projet de reconstruction sans précédent à Naples : le Risanamento, comme on le nomme bientôt,quivise expressément à éviter une nouvelle crise sanitaire et, surtout, une nouvelle crise sociale[11]. Mais cet « assainissement », piloté par les autorités nationales avec le concours des autorités locales, s’inscrit aussi dans un vaste exercice de relations publiques. Il est, pour Rome, une « dépense productive » qui vise à charmer la population du Sud et à ainsi renforcer l’unité de l’État italien.

Le Risanamento napolitain est largement inspiré des précédents observés à travers l’Europe au cours des décennies précédentes, de Londres à Vienne en passant, inévitablement, par Paris. Ses grandes orientations sont guidées à la fois par la traditionnelle théorie des miasmes et par les nouvelles thèses « contagionistes » qui  s’imposent de plus en plus dans la deuxième moitié du siècle, surtout dans la foulée des travaux de Robert Koch[12]. En surface, on mise ainsi d’abord sur la réfection et sur la création de places publiques et de grands boulevards facilitant la libre circulation de l’air frais, comme le Corso Umberto 1. Pour éviter la surpopulation des quartiers populaires, on s’attèle également à la destruction des taudis des siècles passés, les fondaci, que l’on remplace par de nouveaux bâtiments qui respectent de plus strictes règles de construction. Sous terre, on amorce de grands travaux de drainage et on procède à l’aménagement d’un nouveau système d’égouts à la fine pointe de la technologie. On projette également la construction d’un nouvel aqueduc qui devrait permettant l’approvisionnement de toute la ville en eau propre. 

En dépit des grandes ambitions de ses architectes et de ses supporters, le Risanamento fait face à beaucoup d’obstacles. Dès la mise en chantier, plusieurs de ses ambitieuses mesures sont freinées par des calculs inexacts, des erreurs d’exécution et des excès de corruption. Le Risanamento vient par ailleurs avec une facture relevée, en excès de 100 millions de lires[13]. Malgré toutes les failles de l’entreprise, et pour éviter de mal paraître à la face du monde, les autorités locales et nationales se félicitent du travail accompli. Elles anticipent le retour éventuel du choléra au pays, mais prétendent avoir fait ce qu’il fallait pour contrôler la maladie et éviter une nouvelle épidémie majeure[1] .


Pour en savoir plus

[1] « Until Snowden … the magnitude of the 1910-1911 cholera epidemic in Naples passed largely unnoticed in historical writing », J. N. Hays, Epidemics and Pandemics : Their Impact on Human History (Santa Barbara, California: ABC Clio, 2005), p. 374. Voir également la récente contribution du chercheur Stefano Condorelli, « Le gouvernement Giolitti parvient à maintenir le secret sur l’épidémie de choléra de 1911 à Naples », dans Notes on Research, 05/04/2020.  Pour un tour d’horizon de l’historiographie internationale, voir par exemple Patrice Bourdelais et Jean-Yves Raulot, Une peur bleue: Histoire du cholera en France, 1832-1854, p. 37; Alan M. Kraut, Silent Travelers : Germs, Genes and the Immigrant Menace (New York, 1994); Anna Lucia Forti Messina, « L’Italia dell’Ottocento di fronte al colera », dans Franco Della Peruta (ed) Storia d’Italia, Annali 7: Malattie e medicina (Turin, 1984), pp. 469-470.

[2] Une étude sur le choléra à Naples admet ainsi l’épidémie de 1910, mais suggère qu’en 1911, « le choléra existe toujours dans plusieurs régions de l’Italie; nous observons aussi plusieurs morts, mais le phénomène ne semble pas prendre de grandes proportions. Naples, contrairement à ce qu’on peut lire dans les livres, n’est pas touchée », Sinestesieonline, numéro 10 (décembre 2014). Ma traduction. Soscia était le directeur de l’Ospedale D. Cotugno de Naples ; il a présenté cet exposé lors du Symposium sur les Maladies Infectieuses de Paris le 24 octobre 1974.

[3] Frank Snowden, Epidemics and Society : From the Black Death to the Present (New Haven : Yale University Press, 2019), pp. 233-234.

[4] Charles Nicolle, Destin des maladies infectieuses. Suivi du rôle international de la médecine et des médecins (Paris : Éditions France Lafayette, 1993 [1933])

[5] Au 19e siècle, le choléra est en effet perçu comme une maladie exotique et donc dangereuse pour les populations européennes. Cette association d’idées s’inscrit dans la foulée de la colonisation agressive de plusieurs régions d’Afrique et d’Asie, qui s’accompagne bientôt d’un nouveau discours scientifique sur les maladies tropicales et sur leur étrangeté. Ce discours est bien sûr teinté par le racisme ambiant – racisme que la médecine victorienne nourrit d’ailleurs abondamment. Voir par exemple Warwick Anderson, « Disease, Race, and Empire », Bulletin of the History of Medicine, volume 70, no. 1 (1996): 62-67 et « Immunities of Empire: Race, Disease, and the New Tropical Medicine, 1900-192 », Bulletin of the History of Medicine, volume 70, no. 1 (1996): 94-118.

[6] Frank Snowden, Epidemics and Society, chapitre 13.

[7] Snowden, Epidemics and Society, Voir également S.B. Johnson, The Ghost Map: The Story of London’s Most Terrifying Epidemic—and How It Changed Science, Cities, and the Modern World (New York: Riverhead, 2005); F.H. Konteh, « Urban sanitation and health in the developing world: Reminiscing the Nineteenth-Century Industrial Nations », Health & Place, volume. 15, no. 1 (2009), pp. 69-78; G.D. Smith, « Commentary: Behind the Broad Street Pump: Aetiology, Epidemiology and Prevention of Cholera in Mid-19th-Century Britain », International Journal of Epidemilogy, volume. 31, no. 5 (2002), pp. 920-932, B. Witzler, Großstad und Hygiene. Kommunale Gesundheitspolitik in der Epoche der Urbanisierung (Stuttgart : Franz Steiner Verlag, 1995).

[8] Ma traduction. Mark Twain, The Innocents Abroad or, The New Pilgrim’s Progress (Hartford, CT: American Publishing Company, 1870), p. 315.

[9] Snowden, Naples in the Time of Cholera, p. 47-48.

[10] « Hardly anyone walked the streets. Those who did were few in number, and they wore an expression of misery. They moved slowly and painfully, fearful for their own lives, and uncertain of the survival of their loved ones ». Ainsi témoigne un observateur de l’époque. Cité dans Snowden, Naples in the Times of Cholera…, p. 109.

[11] Hays, Epidemics and Pandemics, p. 371.

[12] La théorie des miasmes suppose que la maladie est causée par l’inhalation d’air corrompu; les mauvaises odeurs, particulièrement, sont pointées du doigt. Le contagionisme, intimement lié aux travaux de Robert Koch (qui découvre le vibrio cholerae en 1883) et plus largement à la découverte des germes depuis les années 1850 et 1860, suggère plutôt l’existence de micro-organismes qui peuvent être transmis d’une personne à une autre. Au moment où s’amorce le Risanamento, la communauté médicale est toujours partagée entre les deux théories.

[13] Snowden, Naples in the Time of Cholera, p.191.