Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Accommodements

Les leçons de l’histoire : le Québec et l’immigration juive pendant la Deuxième Guerre mondiale

Par Alice Rivard, étudiante à la maîtrise en histoire appliquée à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et assistante de recherche au Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS)

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Photographie d’une affiche « Now Jews allowed », St-Faustin, Laurentides, Rapport sur l’antisémitisme au Québec, Archives du Congrès juif canadien, za 1939 boite 2, dossier 18.

Photographie d’une affiche « No Jews allowed », St-Faustin, Laurentides, Rapport sur l’antisémitisme au Québec, Archives du Congrès juif canadien, 1939 boite 2, dossier 18.

C’est connu, l’immigration est un phénomène suscitant parfois des réactions négatives, allant de l’inconfort à l’hostilité avouée de la part de certains membres de la société d’accueil, notamment en ce qui a trait à certaines valeurs et pratiques culturelles que les nouveaux arrivants apportent avec eux. La venue d’un important contingent d’immigrants du Maghreb au Québec ces dernières décennies n’est pas étrangère à cette conjoncture. Ce malaise se reflète dans certaines des réactions autour du débat actuel sur la « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement », anciennement connue comme la Charte des valeurs québécoises. Si la charte, et les réactions qui l’entourent s’inscrivent dans des préoccupations immédiates et futures, on laisse, à mon avis, l’histoire en filigrane de ces débats. Je ne discuterai pas du contenu même de la charte ni même de questions philosophiques ou sociologiques qui l’accompagnent; beaucoup l’ont déjà fait, et le feront encore. Je souhaite plutôt traiter, dans ce court texte, de certaines réactions autour de la charte, et des craintes qu’elle soulève, et le ferai en éclairant un pan de l’histoire de l’immigration au Canada et au Québec, la période de la Deuxième Guerre mondiale, et traiter des réactions face aux réfugiés juifs fuyant les persécutions nazies pour immigrer au Canada.

La laïcité et les droits des femmes. Réflexions critiques

Par Micheline Dumont, historienne et professeure émérite de l’Université de Shebrooke

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Micheline Dumont lors de sa conférence à la Librairie Paulines.

Micheline Dumont lors de sa conférence à la Librairie Paulines.

Le Parti Québécois vient de dévoiler, le 10 septembre dernier, sa proposition pour une «Charte des valeurs québécoises». Une tempête de protestations a suivi, venant de tous les horizons : elle n’est pas encore terminée. Ces événements viennent couronner une décennie de discussions autour des «accommodements raisonnables.» Nous sommes en pleine tourmente idéologique et sociale. Une pétition «Pour un Québec inclusif», qui présentait quelque 200 signatures le mercredi 11 septembre était rendue à 20 000 signatures le 19 septembre. Dans la proposition québécoise, trois de ces valeurs sont : primauté du français, l’égalité entre les hommes et les femmes, la neutralité de l’État.

Le Conseil du Statut de la femme a publié en, 2011, un document : Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. On y affirme clairement que le concept de laïcité ouverte porte atteinte à l’égalité des femmes. Une série de 9 recommandations accompagne le document. Trois de ces recommandations portent spécifiquement sur «le devoir de réserve aux manifestations religieuses nettement visibles». On ne dit pas plus clairement que ce document vise en priorité l’interdiction du port du voile, le hidjab, sur les lieux de travail, même si on a élargi le propos à divers aspects de la séparation entre l’Église et l’État. Et on proclame que le long chemin vers la laïcité (un historique est proposé) serait une garantie pour l’amélioration de l’égalité entre les hommes et les femmes. Un éditorial du Devoir a souligné la pertinence du document. Une sorte d’approbation collective tacite a semblé accompagner cette publication. J’ai fait parvenir un texte au Devoir pour critiquer le document : on ne l’a pas publié. Depuis, le gouvernement québécois a lancé sa Charte des valeurs québécoises.

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