Affiche et texte : Gord Hill

Traduction : Florence Prévost-Grégoire

Le siège à Ts’Peten (le lac Gustafsen) a eu lieu en territoire Secwepemc (au centre-sud de la « Colombie-Britannique ») à l’été 1995, après qu’un propriétaire de ranch blanc américain ait commencé à harceler un aîné et sa famille au camp Sundance de Secwepemc. Dès que les warriors répondent à l’appel à l’aide de l’aîné, la Gendarmerie royale canadienne (GRC) entame une importante opération paramilitaire pour disperser les défenseur·euse·s, en déployant près de 450 officiers et un groupe tactique d’intervention lourdement armé. Ils reçoivent aussi l’assistance de l’Armée canadienne et neuf véhicules blindés Bison.

Durant le siège, qui commence à la mi-août, la GRC coupe toutes les communications des défenseur·euse·s. Les médias corporatifs rapportent seulement la version des événements vue par la police. On a pourtant appris par après que tout au long du procès qui a duré près d’un an, la GRC a mené ce qu’elle a elle-même qualifié de campagne de « diffamation et désinformation » afin de discréditer les défenseur·euse·s et de justifier l’usage de la force létale. Certains conseils de bande du nord de Secwepemc ont collaboré avec la police et ont publiquement dénoncé les défenseur·euse·s, légitimant du même coup l’opération policière.  

Le 11 septembre, la GRC organise une embuscade qui commence par l’explosion d’un camion utilisé par les défenseur·euse·s. Le camion est ensuite percuté par un des véhicules blindés Bison, déclenchant par la suite une longue fusillade durant laquelle les forces policières tirent près de 10 000 coups de feu. Wolverine, un aîné Secwepemc, réussi à désactiver un des véhicules blindés Bison. Étonnamment, seulement une personne – un défenseur touché par une balle tirée par un policier – est blessée.

Le lendemain, un tireur d’élite de la GRC ouvre le feu sur un défenseur non armé qui se promenait dans une zone « interdite de tir », affirmant que l’intéressé portait une tenue de camouflage et une arme. Le procès révèle pourtant que la personne en question n’était pas armée.

La GRC filme la plupart de ses activités et de ses réunions et utilise les enregistrements à des fins de formation pour les futures opérations contre les Autochtones. C’est lors d’une de ces réunions que le porte-parole des médias de la GRC, Sergent Peter Montague, déclare que « les campagnes de diffamation sont notre spécialité ». La GRC accumule aussi beaucoup de vidéos de surveillance filmées par des avions survolant le siège.

La GRC invente des accidents de tir pour justifier le déploiement de véhicules blindés Bison. Ils vont même jusqu’à tirer sur leur propre véhicule et à prétendre que des patrouilles policières sont attaquées par des défenseur·euse·s. Aucune image de ces accidents n’a jamais été retrouvée et les défenseur·euse·s disent n’avoir jamais mené une telle attaque.

Le Nouveau Parti Démocratique, le parti politique provincial au pouvoir supposément « progressiste » a autorisé les interventions policières. C’était pour eux un moyen de gagner l’appui d’électeurs et d’électrices mécontent·e·s et de détourner l’attention qui était mise sur de nombreux scandales de corruption qui avaient ébranlé leur réputation.

Tout au long du siège, le gouvernement et les forces de l’ordre ont démonisé les défenseur·euse·s en les présentant comme les membres d’une secte, des « squatteurs » et des terroristes. Ils ont présenté leurs demandes comme étant absurdes. Les défenseur·euse·s affirmaient que ni le gouvernement, ni les forces policières n’avaient pouvoir de juridiction sur des terres autochtones souveraines et non cédées, une idée largement partagée dans les communautés autochtones à travers la province (dont la majorité du territoire reste à ce jour des terres autochtones non cédées).

Texte sur l’affiche :

Souverainistes, pas terroristes

Cette terre n’est pas à vendre

Le siège à Ts’Peten (le lac Gustafsen) a eu lieu en territoire Secwepemc (au centre-sud de la « Colombie-Britannique ») à l’été 1995, après qu’un propriétaire de ranch blanc américain ait commencé à harceler un aîné et sa famille au camp Sundance de Secwepemc. Dès que les warriors répondent à l’appel à l’aide de l’aîné, la Gendarmerie royale canadienne (GRC) entame une importante opération paramilitaire pour disperser les défenseur·euse·s, en déployant près de 450 membres des forces de l’ordre et un groupe tactique d’intervention lourdement armé. Ils reçoivent aussi l’assistance de l’Armée canadienne et neuf véhicules blindés Bison. Le 11 septembre, la GRC organise une embuscade qui commence par l’explosion d’un camion utilisé par les défenseur·euse·s. Le camion est ensuite percuté par un des véhicules Bison, déclenchant par la suite une longue défenseur·euse·s durant laquelle les forces policières tirent près de 10 000 coups de feu. Un aîné Secwepemc réussi à désactiver un des véhicules blindés Bison. On a pourtant appris par après que tout au long du procès qui a duré près d’un an, la GRC a mené ce qu’ils ont eux-mêmes qualifié de campagne de « diffamation et désinformation » afin de discréditer les défenseur·euse·s et de justifier l’usage de la force létale. Les défenseur·euse·s affirmaient que ni le gouvernement, ni les forces policières avaient pouvoir de juridiction sur des terres autochtones souveraines et non cédées.

Biographie 

Gord Hill est un membre de la nation Kwakwaka’wakw de la côte du Nord-Ouest. Écrivain, artiste et militant, Gord est impliqué dans la résistance autochtone, anti-coloniale et les mouvements anti-capitalistes depuis plusieurs années. Il utilise souvent le pseudonyme Zig Zag.

Pour en savoir plus

Hill, Gord, The 500 Years of Resistance Comic Book, Vancouver : Arsenal, 2010.

Hill, John Boncore, The Autobiography of Dacajeweigh/Splitting the Sky: From Attica to Gustafsen Lake, Chase, BC : John Pasquale Boncore, 2001.

Lambertus, Sandra, Wartime Images, Peacetime Wounds: The Media and the Gustafsen Lake Standoff. Toronto : University of Toronto Press, 2004.

Swilto, Janice G.A.E., Gustafsen Lake: Under Siege: Exposing the Truth Behind the Gustafsen Lake Stand-Off, Peachland, BC : TIAC Communications Ltd., 1997.