Par Émilie Guilbeault-Cayer, doctorante en histoire politique canadienne à l’Université Laval et autrice du livre La Crise d’Oka. Au-delà des barricades

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« Idle No More », photo prise devant le Parlement du Québec en janvier 2013. Crédit photo : Lëa-Kim Châteauneuf.

« Idle No More », photo prise devant le Parlement du Québec en janvier 2013. Crédit photo : Lëa-Kim Châteauneuf.

Les récentes manifestations du mouvement Idle No More et la grève de la faim de Theresa Spence portent à s’interroger sur les moyens de contestation dans l’espace politique canadien actuel et sur les canaux que peuvent emprunter les groupes de pression pour se faire entendre. Imbriquées l’une dans l’autre et pourtant distinctes dans leurs actions, ces deux manifestations du mécontentement autochtone interpellent les citoyens par les médias. Elles ont également comme objectif d’amener les responsables politiques à prêter attention à leurs requêtes.

Ces requêtes dénoncent les récentes modifications de la Loi de 2012 sur l’emploi et la croissance (ancien projet de loi C-45), qui ont des répercussions notamment sur la Loi sur les Indiens et qui remettent possiblement en cause des droits acquis en vertu des traités territoriaux. Les protestataires souhaitent également, par des manifestations pacifiques, attirer l’attention des responsables politiques sur des problématiques importantes qui touchent plusieurs communautés autochtones : pauvreté, taux de suicide, criminalité, etc. Enfin, les militants dénoncent le fait que le gouvernement Harper ne consulte pas les leaders autochtones dans les décisions ayant un impact sur le mode de vie de leurs communautés. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les récents événements révèlent certaines lacunes dans le dialogue politique entre les autochtones et les dirigeants à Ottawa.

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