Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Transnational

Les droites extrêmes en Europe : recension

Par Olivier Bérubé-Sasseville, candidat au doctorat en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM)

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Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg, respectivement chercheurs à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques et au Centre d’études politiques de l’Europe latine (CNRS-Université de Montpellier), sont tous les deux liés à l’Observatoire des radicalités politiques de la fondation Jean-Jaurès et au programme European Fascism de l’université George Washington. Ils sont régulièrement invités à commenter l’actualité des droites radicales en France et en Europe. Dans leur plus récent livre, Les droites extrêmes en Europe, paru en novembre 2015, ils nous proposent un portrait exhaustif de la galaxie de tendances des droites radicales européennes.

La première section de l’ouvrage intitulée « Comment naissent les extrêmes droites », propose, par un détour obligatoire à l’histoire politique française, un retour à la fois historique et théorique sur l’avènement de l’extrême-droite et permet d’en exposer les diverses manifestations de la fin du XIXe siècle à 1945. Dans cette partie, les auteurs exposent notamment les dynamiques de réaction et de contreréaction, le basculement du nationalisme du camp républicain vers la droite et le développement d’un puissant antisémitisme qui cristallise la tendance. Il existerait, selon les auteurs, plusieurs degrés de radicalité au sein des courants d’extrême droite. Exposant la distinction entre « nationaux » et « nationalistes », ils expliquent que divers mouvements d’intensité idéologique variable se développent dans des dynamiques qui les poussent tantôt vers la collaboration, tantôt vers une logique de compétition.

L’évolution du concept de la toxicomanie au Canada, ou comment le legs des mœurs chrétiennes amplifie un problème de santé publique

Par Marie-Pier Arsenault, MD, et Sarah McConnell-Legault, MD[1]

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La consommation de drogues, mais surtout les conséquences néfastes et parfois funestes de cette consommation, ont tenu une place prépondérante dans les journaux québécois à l’été et à l’automne 2014. En effet, l’épidémie de décès par surdoses et l’abus d’opiacés d’ordonnance ont fait les manchettes pendant plusieurs semaines. Depuis ce temps, ces sujets se sont progressivement effacés des médias provinciaux, créant une impression de volatilité du phénomène. Pourtant, la toxicomanie est certainement un des plus vieux problèmes de santé connus et demeure fréquente à travers les générations et les sociétés, ce qui en fait un important enjeu de santé publique. Les surdoses sont d’ailleurs un phénomène chronique et cyclique. Malgré cela, la représentation des drogues dans la presse n’est pas un thème soutenu, mais apparaît plutôt au gré des exacerbations, créant alors un évènement dont il est de bon ton de parler pour un instant. Une étude française (Fortunée, 2005) fait non seulement le constat de la faible appropriation de ce thème dans les médias, mais remarque également qu’il y a eu évolution dans la manière de traiter du sujet. Celle-ci allant d’un danger menaçant le corps social à une problématique plus complexe amenant à la marginalité et la précarité. Ces analyses démontrent une évolution récente dans l’interprétation sociétale de ce qu’est la toxicomanie. Nous nous sommes intéressées à ce phénomène et proposons ici une courte mise en contexte du rapport des Canadiens aux drogues dans le siècle dernier afin de mieux comprendre l’évolution de la conception de la toxicomanie dans notre pays. Cette perspective historique nous permet de faire une mise au point sur les enjeux actuellement éprouvés au Québec et de démontrer comment ils demeurent intrinsèquement reliés à notre passé collectif.

Défier l’ordre établi? Les femmes les plus fortes du monde

Par Élise Detellier[1]

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Si le phénomène historique des hommes forts est relativement bien connu au Québec – surtout depuis la sortie du film sur Louis Cyr –, celui des femmes fortes l’est moins, sans doute parce que la force est davantage une caractéristique masculine que féminine. Pourtant à la même époque que Louis Cyr, certaines femmes fascinent elles aussi les foules par leurs tours de force. Elles s’imposent alors dans un monde plus volontiers associé aux hommes, celui de la force physique et de la puissance musculaire, et narguent l’idéal féminin du tournant du XXe siècle selon lequel les femmes ont supposément une constitution physique plus frêle et délicate que celle des hommes. Qui sont ces femmes qui osaient défier l’ordre établi?

Il y a d’abord Marie-Louise Sirois[2]. Née à Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1866, elle quitte la région pour la Nouvelle-Angleterre à l’âge de douze ans. À dix-sept ans, elle étonne son entourage en soulevant deux ou trois fois de suite un baril de 243 livres à la hauteur d’un comptoir. Mais c’est à Salem, Massachusetts, à l’âge de vingt-cinq ans, qu’elle se fait remarquer pour ses exploits de force. Elle est alors dans le gymnase de son mari, l’homme fort Henri Cloutier, où quelques amateurs tentent sans succès de soulever un plateau contenant 400 livres d’haltère.  Comme elle ridiculisait leurs tentatives, elle se fait mettre au défi de réussir l’exploit, ce qu’elle parvient à faire du premier coup. Elle surmonte une nouvelle fois l’exploit le lendemain en ajoutant 75 livres de plus au plateau. Réunie pour l’occasion, la foule ébahie l’applaudit à tout rompre. Sa carrière de femme forte commence…

La contribution canadienne à la démocratisation du Mexique : une entrevue de Maurice Demers avec Jean-Pierre Kingsley à propos du processus électoral en 2012

Maurice Demers, Université de Sherbrooke

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Jean-Pierre Kingsley

Encore une fois, le résultat des élections présidentielles au Mexique est contesté. Il faut dire que le processus de démocratisation du pays est encore jeune et fragile. Pendant près de 70 ans, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a gouverné ce pays. Un allié des États-Unis, bénéficiant d’une économie florissante de la fin des années 1940 au début des années 1970, le Mexique a longtemps été gouverné par un parti politique qui dominait tous les leviers politiques et socioéconomiques du pays; une dictature parfaite diront plusieurs. L’élection de 1976 fait tomber les prétentions démocratiques du régime, car José López Portillo (PRI) est élu avec près de 92 % des voix, étant le seul candidat dont le nom figurait sur les bulletins de vote… Cette fâcheuse situation incite le parti au pouvoir à lancer un processus de démocratisation en 1977, afin de mieux intégrer les partis d’opposition dans la démarche électorale. C’est la première phase de l’ouverture démocratique. En 1988, alors que le candidat de la coalition de gauche semble sur le point d’emporter l’élection présidentielle, le système qui comptabilise les votes flanche… et fait ressortir une tendance complètement différente lorsqu’il reprend du service trois heures plus tard. L’élection de Carlos Salinas de Gortari (PRI) est entachée par les irrégularités du processus électoral. On décide donc de créer un institut indépendant pour gérer les élections, l’Instituto Federal Electoral (IFE), afin d’approfondir les procédures de réformes démocratiques. À terme, ces dernières permettront aux partis d’opposition d’obtenir une majorité de députés au Congrès (en 1997) et au candidat du Partido Acción Nacional (PAN), Vicente Fox, de ravir la présidence au PRI en 2000. Mais le virage démocratique du Mexique est loin de se terminer avec la perte de pouvoir du PRI.

Invité par des collègues travaillant pour l’Institut Fédéral électoral (IFE) mexicain, je me suis rendu au Mexique pour assister au processus électoral de 2012 en tant qu’observateur international. Lors des journées d’information organisées par l’IFE pour les observateurs étrangers, Jean-Pierre Kingsley, directeur général des élections du Canada de 1990 à 2006, a présenté une communication concernant le processus de réformes électorales au Mexique entrepris depuis le début des années 1990. Il révélait pour la première fois la collaboration étroite du Canada à l’élaboration du système actuel. Je me suis entretenu avec M. Kingsley pour en savoir plus sur la contribution canadienne à ce processus d’amélioration du système électoral mexicain. M. Kingsley, qui a reçu du Président Fox, en 2006, la médaille de l’aigle d’or aztèque, le plus grand honneur décerné à un étranger par le Mexique, m’a aussi fait part de ses impressions sur le processus électoral de 2012.

Entrevue avec Jhon Picard Byron

Par Valérie Lapointe-Gagnon

Nous avons le privilège de vous présenter des extraits vidéo d’une entrevue réalisée par Valérie Lapointe-Gagnon avec Jhon Picard Byron, enseignant à l’Université d’État d’Haïti et au département de philosophie de l’École normale supérieure (Haïti). Voici les sujets qui ont été traités:

Catastrophes naturelles et rôle de l’État haïtien dans la reconstruction

L’aide internationale et l’État dans la coordination de la reconstruction

Le rôle des Haïtiens dans la reconstruction

La violence autocratique de l’État haïtien à travers l’histoire

Une solution porteuse d’espoir après la catastrophe…

Un réseau universitaire haïtien à reconstruire…

La solidarité québécoise envers Haïti

Conclusion: ce qu’il y a d’inspirant dans l’histoire haïtienne…

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