Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Catégorie : Laure Henri

Nous sommes toujours là : parcs nationaux, dépossession coloniale et résilience autochtone

Image par Nancy Kimberley Philipps

Présentation : Wacey Little Light Traduction : Laure Henri

Pour de nombreux•ses Canadiens et Canadiennes, le réseau des parcs nationaux est une source de fierté et reflète un important effort collectif de conservation d’une nature « vierge » visant à faire profiter de ces espaces les générations futures. Cette affiche révèle toutefois un point de vue différent : la « conservation » des parcs nationaux canadiens est en effet vécue par plusieurs peuples autochtones comme la continuation du processus violent qu’est la colonisation.


À partir des années 1880, ainsi que tout au long des premières décennies du XXe siècle, le gouvernement fédéral a mis sur pied un réseau national de parcs dont l’objectif était la conservation et la marchandisation de zones « naturelles » – on cherchait ainsi à faire contribuer ces terres à l’économie capitaliste ainsi qu’au processus d’édification de la nation. Dans le cadre de cette opération, toutefois, de nombreuses communautés autochtones furent déplacées de force hors des limites nouvellement établies de ces parcs.

En 1885, mes ancêtres, ainsi que tous les autres peuples Niitsitapi et Îyâhe Nakoda, furent arrachés de leur territoire traditionnel (celui qui porte maintenant le nom de l’Alberta) afin de permettre la création du parc national Banff. D’abord baptisé Banff Hot Spring Reserve, puis Rocky Mountain Park, le parc de Banff fut le tout premier parc national du Canada. Depuis, plus de quarante parcs nationaux ont vu le jour sur le territoire qu’on considère aujourd’hui comme le Canada, chacun d’entre eux ayant sa propre histoire de dépossession coloniale.

Le travail des aides familiales au Canada

Affiche par le Collectif Kwenton Bayan

Texte par Ethel Tungohan

Traduction par Laure Henri

Au mois de janvier 2017, le Graphic History Collective (GHC) a lancé Remember | Resist | Redraw: A Radical History Poster Project, un projet destiné à offrir une perspective artistique et critique aux conversations entourant Canada 150. Le projet a continué en 2018 et 2019, et est toujours en cours aujourd’hui.

La troisième affiche du projet aborde avec une perspective historique les réalités et les conditions des travailleuses domestiques et des aides familiales au Canada, qui sont principalement des femmes racisées et vivant dans des conditions précaires. Elle montre que ces femmes s’organisent et luttent pour la reconnaissance de leurs droits.

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Les familles canadiennes ont toujours dépendu de l’aide des travailleuses domestiques. Avant la Confédération, des femmes autochtones et des femmes noires ont été utilisées comme esclaves par de nombreuses familles; après la Confédération, ce sont des femmes recrutées outre-mer par le gouvernement canadien qui ont été employées comme domestiques, et, en raison des politiques coloniales blanches du gouvernement, ce recrutement se faisait surtout en Grande-Bretagne et dans l’Europe de l’Est – les femmes de ces régions étaient considérées comme des « mères de la nation ». Au contraire de ces domestiques blanches – à qui ont octroyait la citoyenneté –, celles qui arrivèrent au Canada en provenance des Caraïbes dans la première moitié du XXe devaient être soit parrainées individuellement par des familles canadiennes ou issues du « Programme concernant les employées de maison antillaises » – (Caribeean Domestic Scheme ou CDS). Dans le cadre des deux premières itérations de ce programme, qui ont eu lieu respectivement de 1910 à 1911 et de 1955 à 1966, les domestiques antillaises étaient considérées par le gouvernement comme des « servantes » bénéficiant de la « générosité » canadienne. La plupart des participantes à la première version du programme furent déportées à la fin de leur contrat tandis que, la seconde fois, on a permis à certaines d’entre elles de soumettre une demande de résidence permanente lorsqu’elles avaient travaillé pour leur employeur pendant une année entière.

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