Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

Étiquette : Criminalité

Les prisons pour migrant·e·s ne sont pas une solution humaniste

Lettre de soutien à la mobilisation contre la prison pour migrant·e·s à Laval

Depuis presque un an, un réseau d’organismes et d’individus lutte activement contre la construction d’une nouvelle prison pour migrant·e·s à Laval. Or, cette campagne se trouve menacée par le recours aux tribunaux par l’entreprise Tisseur Inc. Nous considérons que cette initiative établit un dangereux précédent.

Alors que tous les regards sont rivés sur les États-Unis et le mouvement de contestation contre les établissements de détention considérés par certains comme des « camps de concentration », le Canada demeure plus ou moins épargné par les critiques.

Pourtant, l’État canadien dispose bel et bien de sa propre infrastructure dont le rôle est de contrôler le mouvement migratoire en détenant de manière indéfinie et en expulsant plusieurs milliers de personnes. Si les Canadiennes et les Canadiens compatissent avec le sort des personnes migrantes et réfugiées aux États-Unis, pourquoi ne le seraient-ils pas avec celles et ceux qui voient non seulement leurs droits bafoués, mais également leur vie menacée?

Chronique de source. Le trafic de drogue, un enjeu transnational, 1920-1946. Visite et revisite du Fond RG 29 et RG 18

Par Amélie Grenier, candidate au doctorat, Université Laval

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Jeune historienne qui entame sa maîtrise, j’effectue à l’été 2015, un voyage de recherche à Ottawa sur la guerre menée contre la drogue par les autorités montréalaises au début des années 1920.  Parmi les documents pertinents figurent les dossiers d’enquêtes réalisées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sous la Loi sur l’opium et les drogues[1] et le fonds RG29 du Bureau des narcotiques, une organisation mandatée en 1921 par le Ministère fédéral de la Santé d’appliquer la loi[2]. Le fond comporte toutes sortes d’archives, comme la liste des « toxicomanes »[3] présumés et leurs dossiers médicaux, les correspondances entre le bureau et les groupes de pression ainsi que les rapports de voyages du chef du bureau, le Colonel C.H.L. Sharman, qui participait chaque année au comité d’enquête sur l’opium de la Société des Nations[4].

Mes connaissances de l’époque et mes intérêts de recherche m’amènent à privilégier les documents scabreux comme les dossiers médicaux des consommateurs et les enquêtes de la GRC qui me donnent accès aux techniques d’enquête sur les trafiquants montréalais, aux allégations de corruption contre certains gendarmes et aux études sur le trafic entre les États-Unis et le Canada. Bref, des matériaux précieux pour la jeune historienne, militante de surcroît, que je suis. Les autres documents du fond RG29 me paraissent beaucoup moins intéressants. Je les consulte tout de même, mais sans leur porter l’attention qu’ils méritent. Puis, les années ont passé, j’ai rédigé mon mémoire de maîtrise et j’ai oublié le fonds RG29.

David Dubé et le meurtre de Saint-Dunstan, 1899-1900*

Luc Nicole-Labrie

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Source : Portrait de David Dubé publié dans le quotidien Le Soleil de Québec, 7 juillet 1900, page 1.

La dernière semaine a permis à une grande partie de la population du Québec (et d’ailleurs) de s’exprimer sur la qualité de notre système de justice, sur l’efficacité des jurys ou sur la sévérité de la peine dans le cadre du procès du cardiologue Guy Turcotte pour le meurtre de ses deux enfants. Les réseaux sociaux se sont déchaînés, les journalistes et les éditorialistes aussi. Loin de nous l’idée de nous prononcer sur cette cause ni même de tenter de dresser des parallèles entre la cause historique que nous allons aborder et la cause actuelle. Mais elle nous a tout de même rappelé un autre procès célèbre qui a fait couler beaucoup d’encre à Québec, le procès de David Dubé.

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